J'ai
dormi d'une traite comme un bébé ! Les deux t-punchs successifs
sûrement
un léger mal de crâne mais très
léger cependant
je ne m'en vante pas :o)
07
h 00 : douche et petit déjeuner expédié en
une demi-heure pour bénéficier du lever de soleil sur
Belle Île de la dunette.
08
h 00 : je regarde Patrick faire le relevé météo
d'après l'annonce radio dans la timonerie.
Eric
vient nous annoncer un départ au moteur
à la voile
s'est impossible au risque de rabattre le Belem sur l'île.
08
h 30 : les voiles d'étais sont établies
09 h 30 : toutes les voiles sont mises.
10
h 00 : Eric nous fait un cours de navigation sur le spardeck à
l'aide d'un tableau blanc et de quelques croquis. Des révisions
qui s'avèrent une bonne piqûre de rappel pour moi.
11h
00 : A table ! je suis du premier service.
Nous avons au menu :
-
avocat au thon
- escalope de veau et purée de pommes de terre
- fromage
- mousse au chocolat
Je
suis de quart de 12 h 00 à 15 h 00.
Je prends la barre pour la première fois jusqu'à 12 h
30 en gardant le cap sur 345°.
13
h 40 : un atelier mâture se profile uniquement sur le mât
de misaine (il manque quelques barreaux sur les enfléchures du
grand mât).
A 14 h 00 je ne suis toujours pas décidée à
grimper
l'envie me tiraille
mais je n'ose pas
allez
si j'y vais !
14 h 10 : Gildas m'aide à mettre le harnais, je me suis
enfin décidée avec les encouragements des autres stagiaires
présents et d'Alain venu faire un tour à l'avant du bateau.
J'emmène le G3 pour faire quelques photos, c'est une motivation
supplémentaire. Je le confie à Gildas pour la montée
Il reste à mes côtés ce qui contribue à me
mettre en confiance. Mi-parcours sur les enfléchures je m'arrête
léger blocage
en bas les autres m'encouragent tellement
que Gildas leur demande de stopper parce qu'en fin de compte c'est plus
stressant qu'autre chose. Je continue ma progression jusqu'à
la hune et je stoppe là mon ascension
je ne me sens pas
de franchir le câble jusqu'à la vergue
chaque chose
en son temps j'ai déjà franchi une étape, un palier
La prochaine fois j'essaierai de progresser d'avantage. Je prends
quelques photos vite fait
Une fois redescendue, je remercie Gildas de sa présence sécurisante.
Alain revient, il avait du s'absenter pour changer une ampoule
il me demande si je suis montée puisqu'il est parti à
ce moment là
je lui montre les photos preuves à
l'appui
bon ok j'avoue que pour une fois j'ai pas trop pensé
à soigner les cadrages
deux ou trois de potables seulement.
14
h 30 : Alain nous propose de visiter la machinerie
les deux
autres stagiaires intéressés sont encore sur la vergue...
c'est pas grave ils nous rejoindront on leur fait passer le mot
J'en profite pour demander des éclaircissements sur l'osmoseur
et son mécanisme.
Même sans les moteurs en marche le bruit du générateur
couvre nos voix
il nous faut parler assez fort
C'est un
monde à part
on a du mal à imaginer qu'il s'agisse
des entrailles d'un grand voilier long courrier.
Ilda et son ami nous rejoignent
Je suis restée près de ¾ d'heure dans la machinerie
et le retour en surface paraît d'un calme absolu
qu'est
ce que ça doit être avec les deux moteurs IVECO en route
!.
16
h 30 : Nous entreprenons de faire une choucane sur toute la longueur
du gaillard avant. Agnès s'improvise professeur. L'exercice est
vraiment simple mais prend du temps. Nous sommes une bonne dizaine à
nous prêter au jeu.
17
h 00 : Nous devons interrompre la confection de la choucane pour
brasser les voiles.
17
h 30 : Gabriel ouvre la boutique dans le Grand Roof.
Je jette un il pour voir s'il n'y a pas des nouveautés
depuis mai, d'autant que depuis tout l'été la boutique
de la Fondation Belem par internet ne propose que des promos sur quelques
articles de l'Odyssée 2002.
Finalement je prends deux vidéos (une sur l'Odyssée, pour
compléter la Trilogie que j'ai en DVD et une sur l'histoire de
la Marine Marchande et du Belem), la bande originale composée
par John Scott, un mug noir dont le graphisme s'apparente à la
coque du navire et un t-shirt stagiaire
voilà pour mes
emplettes à bord
Je commence à avoir une belle collection
de ce qui peut exister sur le Belem :o) mais ce que j'affectionne le
plus ce sont les ouvrages
magnifiques de P.Plisson, JC Jeauffre et X. Zimbardo.
18
h 10 : Sébastien nous propose un cours sur les gréements
au pied du grand mât sur le spardeck. Il captive son assemblée
d'autant qu'il nous montre une dextérité dans le dessin
du trois mâts barque avec ses 21 voiles.
Dans le soucis de la précision il nous fait une démonstration
avec un minuscule voilier en plastique comme les gadgets qu'on trouve
dans les ufs Kinder, ce qui nous amuse beaucoup. Seb maîtrise
son sujet à la perfection et ses exemples sont éloquents.
Il nous rappelle que le Belem est à la base conçu pour
des trajets sous les alizées et que les trajets que nous lui
faisons prendre de nos jours si l'on devait imager par une comparaison,
reviendraient à remettre un semi-remorque à un facteur
pour faire sa tournée :o)
19
h 00 : Repas au premier service.
Au menu :
- coquille de crustacés
- pavé de buf accompagné de frites et d'épinards
- plateau de fromage
- yaourt aux fruits
Je
suis de quart de 20 h 00 à 24 h 00.
Patrick, le Lieutenant, nous fait un petit cours explicatif sur les
courants marins sur la dunette arrière.
Surgissent à tribord du bateau deux gros zodiacs commandos avec
une douzaines d'hommes en tenue de l'armée
Impressionnant
on a l'impression d'être pris d'assaut.
Ils se font plaisir en effectuant une rotation autour du trois mâts.
Le coucher de soleil, ce soir, est superbe, couleur d'ambre. Il teinte
les voiles qui s'embrasent d'une chaude lumière rosée,
les boiseries de la timonerie et la lisse de la dunette prennent la
couleur d'un beau miel blond. Le moment est fantastique et apprécié
de tous...
Jacques entonne un chant marin, Anne lui donne la réplique ...
La température est douce ce soir... nous sommes au paradis :o)
Je
fais un petit tour pour faire quelques photos
sur le gaillard
avant Gwen et Dom ont sorti les guitares et gratouillent les cordes
Le
navire est encalminé, la pénombre prend place
que
du bonheur.
21
h 30 : je rejoins la dunette arrière
c'est pas tout
mais je suis sensée être de quart tout de même. Je
passe prendre ma veste que je remonte dans le grand roof en prévision
de la nuit mais les températures pour l'instant sont vraiment
clémentes
la polaire suffit amplement au dessus d'un t-shirt.
Franck est de quart, je me propose pour tenir la barre que finalement
je ne lâcherai plus de la soirée. Pratiquement trois heures
à barrer. Je me s fait plaisir :o)
Puis personne ne se propose pour me remplacer
c'est tant mieux
De toute façon c'est calme jusqu'à minuit
les stagiaires
de quart préfèrent flâner sur les ponts et discuter
entre eux. Marie me tient compagnie un bon moment, en luttant contre
la fatigue. On blague bruyamment avec Franck et Alain
Surgit le Commandant qui nous lance satisfait " A l'avant ça
chante et à l'arrière des éclats de rire
ça fait plaisir ces ambiances !". Et oui sur le Belem on
est toujours heureux (enfin moi c'est ma devise :o), c'est un petit
paradis sous voiles ce bateau :o)
Le navire ne semble pas progresser, on fait du sur place
toujours
plus ou moins encalminé. Les lumières de Lorient à
babord et celles de Groix à tribord... et nous indécis
au milieu... sans sillage... presque immobiles.
22 h 10 : La lune pointe son nez, revêtue d'une parure
rouge flamboyante superbe ! Je l'ai rarement vue aussi sublime ! quel
spectacle de la voir s'élever doucement à babord de la
timonerie et se perdre dans les toiles d'araignée de la mâture,
jouant à cache-cache avec les voiles
Après un coucher
de soleil grandiose voilà maintenant un lever de lune majestueux
Le ciel nous fait cadeau de ses splendeurs ce soir
quelle
générosité :o) ... Comme si tous les éléments
semblaient fiers d'accueillir le Belem et lui offraient leurs plus beaux
atours en signe de respect.
Je
maintiens le cap sur 105 °, mine de rien la tenue de la barre est
physique.
La
cuisine est en effervescence, on apprend qu' Agnès a pris les
commandes des fourneaux pour préparer des crêpes pour le
petit déjeuner
chouette c'est une bonne initiative ça
:o)
Je
barre toujours
la nuit est tombée
tout est paisible
des phares sur la côte, jaloux des étoiles scintillantes,
lancent leurs éclats blancs par intermittence. Gildas et Gabriel
ont remplacé Franck et Alain sur la dunette
Je maintiens
le cap sur 105°... il ne se passe pas grand chose mais on ne s'ennuie
jamais à bord... on s'imprègne de chaque instant.
On
approche de minuit
Franck et Alain réapparaissent en me
lançant " Mais ! elle est toujours là ! "
Je savoure ces moments c'est pas tous les jours qu'on a le privilège
de barrer le Belem qui plus est sous une belle nuit éclairée
par la lune :o) un moment magique que je n'échangerai pour rien
au monde
Je me sens en osmose avec le bateau :o)
Eric
commence sérieusement à se poser des questions sur l'utilité
des prochains quarts de nuits
ils ne vont pas être très
actifs c'est le moins que l'on puisse présager
valent-ils
la peine d'être faits ?
La décision d'aller se mettre au mouillage devant Port Tudy à
Groix est prise et les quarts des stagiaires du coup abandonnés.
Les voiles doivent être carguées
les stagiaires du
tiers finissant leur quart et ceux du suivant déjà réveillés
vont effectuer les manuvres.
Il faut quelqu'un à la barre
ça tombe bien j'y suis
:o) donc je me porte volontaire pour rester
La dunette se vide,
il ne reste plus que le Commandant à la timonerie
Alain,
dans la machinerie remet les moteurs en marche. Je vois toutes les voiles
se carguer les unes après les autres accompagné du bruit
si particulier des manuvres
La Lune cachée par la
voilure réapparaît inondant la dunette de sa clarté
blanche.
Eric me donne les instructions pour que nous amenions le Belem au mouillage.
Pas de cap au degré près pour le moment
je dois
mettre la barre toute à droite et attendre de voir le phare à
éclats verts de Port Tudy comme amer à babord de la timonerie.
La progression au moteur avec la barre bloquée à droite
dessine un sillage d'une courbe parfaite à la surface de l'eau.
Eric vient ensuite me donner le cap à tenir 260° puis 265°
pour garder ensuite 250°
Il reste un moment appréciant
l'instant et le clair de lune
j'acquiesce sans trop trouver les
mots pour lui répondre
je savoure l'instant magique aussi.
Nous y sommes
l'ancre est jetée. J'imagine que
les stagiaires assoupis dans leur bannette sont sortis de leur sommeil
!
Il est 00 h 45 environ.
Les
projecteurs s'allument sur le spardeck habillant la mâture de
son pyjama blanc étincelant
Envie de faire quelques photos
je vais chercher mon appareil.
Je croise Chantal qui prend quelques clichés aussi
Je reste une bonne demi heure à chercher des plans intéressants
à photographier.
1
h 20 : je descends à ma bannette
j'entends Marie qui
revient vers 1 h 40
elle était remonté discuter
avec Jean-Pierre sur la dunette
nous discutons encore au moins
20 bonnes minutes toutes les deux
02 h 00 : extinction des feux