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Jeudi
13 mai 2004
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Voilà c'est le jour J ! Ce soir à
22 h 00, j'embarque sur le Trois Mâts Belem pour une navigation
d'une dizaine de jours... En fait 3 stages consécutifs. Pour
une première est-ce un choix judicieux ? Je n'en sais encore
rien, mais j'ai déjà l'impression que le temps va passer
à trop vive allure...Et puis ce moment je l'attends depuis tellement
longtemps qu'il est totalement exclu que je sois déçue...
et cela j'en suis intimement persuadée.
Je ne ressens pas vraiment d'appréhension à quelques heures
de l'aventure... juste un sentiment fébrile d'excitation : je
vais tout de même réaliser un rêve qui m'est cher
et qu'il y a un an encore me semblait inaccessible, réservé
à une élite ... à des " voileux " purs
et durs ! Mon expérience à moi est quasi nulle voire inexistante...
à si peut être un souvenir de navigation en Optimist quand
j'avais 14 ans qui s'apparentait plus à un mouillage faute de
vent... bon j'avoue c'était sur le lac Kir de Dijon ! même
pas un vrai lac juste une retenue d'eau artificielle ... vraiment pas
de quoi se vanter ! ;o)
Mais alors pourquoi cet élan soudain pour embarquer sur un gréement
ancien ? Tout simplement parce que la voile traditionnelle m'a toujours
émerveillée de par la technique de navigation, les récits
d'antan et surtout la beauté des gréements, des mâtures
sous voiles qui n'ont aucune concurrence esthétique sur l'eau.
Pour moi les seuls vrais bateaux sont ceux pourvus de gréements
et de voiles... et puis je crois aussi que l'attraction de la mer et
des océans sévit sur chacun de nous...
J'ai
décidé de garder une traçabilité écrite
de cette aventure ... tout simplement parce que les notes sont immuables
avec le temps, qu'elles conservent les souvenirs aussi bien que les
images... et puis que leur relecture est toujours un bonheur immense
et aussi un vecteur de communication, de partage d'émotions...
une petite partie de soi dévoilée pudiquement.
Je m'attacherai donc précautionneusement et avec une rigueur
quotidienne de coucher quelques lignes sur mon petit carnet bleu à
spirales... le tout sans prétention car loin de moi l'idée
de faire le best-seller de l'été ! Non tout simplement
emmagasiner le maximum de souvenirs, d'images, qui mis bout à
bout auront la cohérence d'un récit de navigation... j'espère
pas trop ennuyeux mais surtout abordable pour les non initiés
car de toute façon j'ai encore beaucoup d'apprentissage technique
devant moi.
En
route ! et bonne lecture pour les plus courageux qui arriveront au bout
... je pense être bavarde, le sujet m'inspire alors il ne pourra
en être autre ...
14
h 00 - La plage de Saint Nazaire est inondée de soleil. Le
vent souffle des terres vers le large, chassant enfin les abondants
nuages qui m'ont fait enfiler ma veste de quart depuis un bon moment
déjà. J'imagine qu'en pleine mer cela doit souffler pas
mal.
Il ne se passe vraiment pas grand chose sur cette plage, tout au plus
quelques retraités flânants au bord de l'eau... Encore
8 longues heures interminables à attendre !
J'avais dans ma logistique prévue d'arrivée vers 20 h
00 ce soir par le train... mais une grève de cheminots annoncée
depuis deux semaines a perturbé mes plans, ajoutant une bonne
dose de stress et d'énervement. J'ai donc pris la sage décision
de venir sur Saint Nazaire la veille d'embarquer.
Je
suis descendue sur le front de mer sur le coup des 11 h avec tout mon
barda, lourd de surcroît... Et sur l'horizon gris acier, je l'ai
aperçu ! Aussi petite soit-elle au large sa silhouette ne trompe
pas ... Le Belem a ensuite disparu vers les 12 h 30...
Je
gagne le phare "Ouest" au bout de la jetée... des pêcheurs
s'activent avec leurs lignes... l'un d'eux, l'âge avancé
et buriné par le soleil, me voyant l'appareil photo en main me
dit d'un air consterné "mademoiselle, vous l'avez raté
de peu ! il est au large maintenant et il ne reviendra pas !" ...
Je lui souris et lui réponds que le Belem revient en fin d'après-midi
pour mettre cap sur Brest le lendemain... Il n'a pas l'air de me croire
et appuie que le Belem est parti ce matin pour Vigo en Galice... Je
n'ai pas envie de le contrarier, je lui souhaite une bonne journée
et regagne le front de mer où je jette mon dévolu sur
un banc entouré de plusieurs monuments et plaques commémoratives
: "En honneur à ces courageux Français et Françaises
qui risquant leur vie et leur liberté, se levèrent pour
nous aider de leur propre volonté le 28 mars 1942."
Le canon du destroyer Campbeltown est posé sur une pyramide de
granit juste derrière moi. Il percuta le caisson sud de la Forme
Joubert, commando anglais du 28 mars 1942.
14
h 37 - les aiguilles de ma montre se battent en duel pour faire
du surplace !
La
mer s'est teintée d'un gris plus prononcé permettant à
l'horizon de se découper plus aisément sur le ciel.
J'occupe mon temps à griffonner sur ce fichu carnet, à
ce rythme les 180 pages vont y passer ! Je n'ai pas emporté de
livres jugeant mon sac déjà assez lourd. Et puis, de toute
façon je préfère occuper les moments libres sur
le Belem à prendre des notes et des photos.
15 h 27 - ...Je crois bien qu'il danse sur l'horizon ! ... Tantôt
de profil, tantôt de face... à peine perceptible... oui
le Belem manoeuvre au large et semble faire des virements de bord pour
regagner le port.
15 h 46 - Il se rapproche, sûrement au moteur au vu de
la vitesse de déplacement. Une occasion à ne pas rater
: se rendre de nouveau au bout de la jetée au niveau du phare
pour mes premières photos de mon sujet de prédilection
! La jetée est longue, le sac est lourd ... le temps de fixer
l'objectif sur l'EOS 300D et nous contournons le phare en même
temps, moi par la terre ferme et lui par la mer... clics ! 4 photos
dans la boîte à images !! Le voir aussi proche commence
à donner toute une dimension à mes futurs stages...j'affiche
un sourire radieux de contentement.
J'occupe
mes dernières heures interminables à passer quelques coups
de téléphone et à en recevoir au point de décharger
complètement ma batterie... J'avale un sandwich sur le pouce
...
20
h 45 - Je commence à gagner le port de commerce...La mâture
du Belem est visible tout au fond du bassin ...Je m'arrête quelques
instants pour voir le Sous Marin Espadon qui le moins que l'on puisse
dire n'invite pas à la rêverie : sa coque émergeante
est tapissée de fiantes de pigeons
l'endroit est glauque,
je ne m'attarde pas. Dommage que la plate-forme panoramique soit fermée
à cette heure-ci par contre.
J'arrive sur le quai face au Belem... Pas grand monde sur le parking,...
des voitures viennent, s'arrêtent 5 minutes et repartent... Le
Belem intrigue, impressionne, subjugue...
Je vais m'asseoir un peu en retrait vu que j'ai presque une bonne heure
d'avance... et j'ai ainsi à loisir le temps de scruter toute
la mâture. Je me serre dans ma veste, il ne fait pas chaud ce
soir.
Une
voiture vient se garer à ma hauteur. Visiblement, il s'agit d'une
stagiaire comme moi... Bingo... Présentations... Anne repart
déposer la voiture de location à la gare pendant que je
garde ses bagages... En 20 minutes à peine elle est de retour.
On discute en attendant 22 h 00, l'heure d'embarquement prévu
sur le contrat de stage . Toujours personne d'autre sur le parking...
Pour Anne comme pour moi, c'est notre premier stage à bord du
Belem.
22
h 00 - Un matelot vient à notre rencontre pour nous inviter
à monter à bord, on saisit nos sacs pour nous diriger
vers la passerelle d'accès... L'émotion nous gagne ! ça
y est on y est cette fois... On lance un bonsoir général
aux matelots et officiers présents sur le pont avant de rentrer
dans le Grand Roof pour les formalités d'arrivée. Un Officier
(le Lieutenant Arnaud nous l'apprendrons plus tard), récupère
nos contrats de stage et nous donne un petit carton numéroté
qui définit notre bannette et notre tiers d'appartenance. J'ai
le numéro 57 et je suis du premier tiers.
Un matelot nous
conduit ensuite dans le faux pont où se situent les logements
des stagiaires par modules de 12 bannettes, celui de l'avant tribord
est réservé aux dames. Voilà maintenant il va nous
falloir procéder méticuleusement à l'empilement
de nos effets dans les caissons attenants à
nos bannettes. Le rangement n'est pas grand mais en glissant le sac
et les bottes à côté des brassières de sauvetage
sous la bannette inférieure (la mienne donc) je m'en sors plutôt
bien... et pourtant j'ai des effets pour 10 jours de stage.
Nous
remontons sur le pont avec Anne. Les stagiaires commencent à
arriver, le Grand Roof est plus animé...les ponts aussi. Mireille,
une autre stagiaire nous rejoint. Mes 2 colocatrices sont supers sympas,
cool ! ... Toutes les 2 ne font qu'un stage, je fais déjà
des envieuses lorsque j'annonce que j'en enchaîne 3 consécutifs
jusqu'au 23 mai... A ce moment là, un matelot me reprends en
disant "non c'est jusqu'au 22" ... ah ? je me serai trompée
? non non je suis sure de mes dates pourtant... Le matelot qui s'avère
en fait être le Bosco, vérifie à son tour sur un
planning dans la cuisine et effectivement le 3ème stage nous
conduit au 23 mai
ouf rassurée.
On en profite pour lui demander combien nous serons de stagiaires à
bord pour rallier Brest. Nous nous rendons dans le Grand Roof pour vérifier
sur les listes : 29 stagiaires dont seulement 5 femmes
autant
dire que nous pourrons prendre toutes nos aises dans le module.
Nous
descendons toutes les 3 à quai pour voir la mâture éclairée
par les gros projecteurs puissants disposés sur le pont ! Il
a vraiment fière allure ce navire ! Une certaine fierté
non contenue nous envahit et nous ne tarissons pas d'éloges sur
le 3 mâts qui va nous faire vivre une aventure inoubliable.
Le bassin du port de Saint Nazaire par contre est vraiment très
moche. Béton, grues, proximité des chantiers navals
Le paquebot MSC Opera, construit par Alstom est à quai en finition.
Le dernier né des Chantiers Atlantiques fait office d'immeuble
flottant massif sans aucun esthétisme...Un monstre d'inélégance.
Il est même tout bancal... ça se trouve il va couler avant
de partir ;o) ... Notre chauvinisme pour le Belem est sans pitié
pour le MSC Opéra... désolée ;o)
on a quelques
idées préconçues sur le fleuron de la navigation,
la vraie
Il
est minuit passé, tous les autres stagiaires ont déjà
disparus dans le faux pont que nous sommes encore toutes les 3 à
discuter sur le pont, et oui c'est bavard des filles... visiblement
le sommeil à du mal à nous gagner ... nous descendons
tout de même rejoindre notre module. Mireille a aussi une bannette
à l'avant du module et fait partie du premier tiers comme moi...
Anne quant à elle est du troisième.
Petit tour dans les sanitaires femmes
confort au rendez-vous
quelle classe
Je fais remarquer à mes 2 collègues,
une carte coincée dans le miroir qui représente une bouche
avec l'inscription " bla bla bla "
alors nous ne nous
sommes pas trompées de sanitaires
cette note d'humour ne
manque pas de nous faire sourire :o)
Je
me cale confortablement dans ma bannette avec la couverture comme oreiller,
mon sac de couchage est assez chaud pour me dispenser d'une épaisseur
de plus.
Je reprends mon carnet de notes pour griffonner ces premières
présentations avec le bateau et les stagiaires...
00 h 50 - Je vais tâcher de dormir... j'éteins ma
veilleuse... des images déjà plein la tête et pressée
d'être au matin de cette aventure qui nous attend... je n'arrive
pas à trouver le sommeil, j'essais d'identifier tous les bruits
que j'entends mais celui de la ventilation étouffe en partie
tous les autres.
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Vendredi
14 mai 2004
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06 h 00 : J'entends du bruit dans notre
module
Ce sont les deux stagiaires qui manquent dans le module
Delta qui viennent d'arriver : premier bonjour matinal à Géraldine
et Emmanuelle.
Je suis réveillée depuis un petit moment
j'ai assez
mal dormi bien que la bannette soit relativement confortable
L'aération
a fait du bruit une bonne partie de la nuit, mais je crois surtout que
c'est l'impatience de partir, de découvrir la vie à bord
du Belem qui sont à l'origine de ma nuit agitée
j'ai du dormir par bribes, à un moment d'éveil je me suis
posée une fraction de seconde la question " mais je suis
où ? " :o)
06 h 15 : Premier petit déjeuner dans la batterie,
bols, confitures, pains et café sont installé par l'équipage
puisque nous ne connaissons pas encore le fonctionnement des quarts
et des services.
L'horaire normal du petit déjeuner a été avancé
d'une heure. Une histoire de réparation de l'écluse qui
précipite notre départ plus tôt que prévu.
Je croise les stagiaires dans le faux pont, embarqués eux aussi
hier au soir
je salue Mireille et Anne avec qui j'ai déjà
sympathisé
07 h 00 : Nous allons tester le confort des cabines de douches
elles sont vraiment très fonctionnelles et très confortables
je m'amuse de voir des mains courantes fixées qui doivent cependant
être bien utiles en cas de gîte en pleine mer surtout avec
un sol savonné !
08
h 00 : Nous sommes tous réunis dans le Grand Roof pour notre
première vraie prise de contact avec l'équipage. Le Commandant
Eric Saint Plancat nous accueille et nous présente l'équipage
ainsi que les modalités de bienvenue. On est tous surpris de
voir un Commandant aussi jeune à la tête d'un navire comme
le Belem (j'apprends par la suite qu'on doit avoir le même âge).
Il laisse ensuite la place à Bernard Antoine, le Second Capitaine
pour les consignes de sécurité à bord.
Nous écoutons tous religieusement les recommandations émaillées
parfois d'éclats de rire provoqués par les notes d'humour
qui ponctuent son discours.
On apprend ainsi
qu'il n'y a pas de médecin à bord, que l'équipage
s'est juste vu dispenser une formation de 7 jours, donc les médecins
c'est eux et ils n'ont pas vraiment " de mode d'emploi pour réparer
".
Petit speech sur les mesures environnementales appliquées dans
la marine marchande, le tri sélectif à bord, l'interdiction
stricte de rejet par dessus bord même si Bernard nous précise
qu'il préfère voir une peau de banane jetée à
l'eau que de glisser dessus sur le pont :o)
Bref, nous sommes sur un navire classé monument historique, "
le navire seulement, pas l'équipage " rajoute Bernard
il y a donc par conséquent un entretien quotidien pour le tenir
en bon état de navigabilité et de propreté
là le système des tiers répartis en quart (très
mathématique tout ça) nous est expliqué
les
plannings de quart sont affichés dans le faux pont donc pas de
panique ;o)
Nous montons ensuite sur le spardeck pour voir la sortie de l'écluse
et le départ réel par le chenal de Saint Nazaire.
Le temps est au beau fixe mais brumeux, la luminosité du matin
renvoie des couleurs mordorées autour de nous, des chimiquiers
et des cargos sont en mouillage d'attente au large
Il fait un
peu frais mais la polaire suffit amplement
Les stagiaires font
connaissance entre eux, disséminés en petits groupes sur
le pont. C'est le début d'une aventure nouvelle qui commence
pour nous
10 h 00 : Premier contact avec le gréement courant (en fait
tout ce qui concerne les manuvres permettant de mouvoir les voiles)
Gwen, l'un des matelots gabiers instructeurs, nous montre comment
lover les écoutes autour des cabillots, ces grosses chevilles,
traversant les râteliers, et sur laquelle on tourne les manuvres
courantes pour les fixer.. Après 2 ou 3 écoutes lovées,
le coup de main est déjà pris. On suit toutes les instructions
du Bosco à la lettre pour affaler les voiles, ne sachant pas
encore exactement le rôle de chacun de nos gestes. On réussit
tout de même en peu de temps à couvrir les ponts de paquets
de cordages, similitude flagrante avec des spaghettis entortillés
dans une assiette
Je m'excuse de la comparaison de débutante
avec un plat de nouilles. Voilà finalement on a de quoi mettre
en pratique le cours de Gwen :o)
C'est même un plaisir
de ranger le pont. Des écoutes bien lovées je trouve cela
superbe. Je ne sais pas si je suis objective en fait car sur ce bateau
tout me séduit :o)
12 h 00 : La cloche du repas du second service retentit. Nous descendons
à la batterie dans le faux pont
passage devant le tableau
de bois pour décrocher notre mug numéroté avec
le chiffre de notre bannette. Il nous sert de verre. En fait, ce système
judicieux mis en place récemment permet d'éviter une consommation
de gobelets en plastique à bord mais aussi de voir les gobelets
partir en mer au moindre coup de vent lorsqu'ils sont oubliés
par inattention sur le pont
une bonne mesure qui associe le pratique
et l'écologie :o)
Ce
midi nous avons au menu : - coquille au thon / côte de porc spaghetti
(tiens j'en parlais plus haut) / plateau de fromages / - tartelette
aux fraises. Pendant le repas, les moteurs sont remis en marche, le
vent est quasi nul et nous faisions du sur place. On sent comme un léger
roulis à table, c'est nouveau il faut s'adapter
j'avoue
que ça me barbouille très légèrement, cette
impression de monter et de descendre à la verticale
mais
je ne ressens pas cela comme un mal de mer.
14 h 00 : Sur le côté tribord de la dunette, debout
sur le zodiac, le matelot gabier Christophe vérifie la jauge
manque de bol le bouchon part à l'eau, il faut user d'un
stratagème pour la refermer
la chose est réglée
en peu de temps.
En fait, c'est la mise à l'eau du zodiac qui se prépare
pour tourner autour du Belem et nous permettre de prendre des photos.
J'ai le Canon G3 avec moi
parfait
je ne tente pas une sortie
de l'EOS 300D
on ne sait jamais avec les embruns.
Je suis de la première " fournée " :o) , en
plus on sert un peu de cobayes, le zodiac est tout neuf c'est sa première
mise à l'eau
bah c'est étanche un zodiac non ? ;o)
pas de quoi s'inquiéter
c'est plutôt conçu
pour flotter à priori :o)
On enfile une brassière de sécurité obligatoire.
Attention a bien passer les sangles dans les passants
La descente
dans le zodiac la première fois paraît un peu périlleuse
avec la gîte,
l'encombrement de la brassière et de l'appareil photo me rend
un peu empotée :o)
disons que je n'ai pas spécialement
envie de voir
l'appareil photo partir à l'eau
Nous partons à 6
stagiaires avec Charles au pilotage. Sensation grisante de surfer au
ras de l'eau
nos regards ne quittent pas le Belem
j'ai
comme l'impression que nous communiquons notre joie que par onomatopées
et sourires béats d'émerveillement :o)
Charles éloigne l'embarcation à bonne distance pour que
nous puissions faire des photos plein cadre
nous faisons pratiquement
des sauts de puces avec le zodiac pour avoir le navire sous toutes ses
coutures
Toutes voiles affalées il est splendide dans le
soleil, on a là le plus beau 3 mâts sous nos yeux c'est
une évidence !
On passe sous l'étrave avec le beaupré
au-dessus de nos têtes
Le bateau nous semble plus imposant
qu'une fois à son bord
Nous vivons et savourons pleinement
un bon quart d'heure de bonheur intense autour de cette majestueuse
embarcation :o)
Nous voilà
de nouveau le long de la coque noire près de l'échelle
une fois sur le pont les questions des autres stagiaires qui
attendent leur tour, fusent : " alors ? " " C'est comment
? "
" Bah
c'est génial ! c'est grandiose
! waaouh !" mes réponses sont d'un vocabulaire affligeant
en banalités :o) mais elles traduisent l'émerveillement
ressentit
une impression d'être sur un petit nuage en plein
rêve.
15 h 50 : Farniente sur le gaillard avant avec d'autres stagiaires
quelques photos
L'atmosphère fraîchit, vent faible,
mer calme.
16
h 15 : La corne de brume retentit : 7 coups : 6 brefs + 1 long.
C'est l'exercice d'abandon du navire planifié par le Second Capitaine
évidemment le Belem ne coule pas
il a tenu 108 ans
il va bien durer encore quelques bonnes décennies ;o)
Nous allons chercher nos brassières de sauvetage sous nos bannettes
dans le faux pont
pour remonter au pied du grand mât sur
le spardeck, lieu de rassemblement prévu en cas d'alerte
à la condition que celui-ci soit praticable bien évidemment.
Notre champ visuel proche n'a rien a envier à un champ de tulipes
hollandaises :o) Très saillantes nos brassières orange
fluo
Nous sommes mignons tout plein !
Nous avons droit à un cours de sécurité magistralement
conduit par Bernard !
Tout est passé en revue, de l'utilisation de la brassière,
au contenu des radeaux de survie, en passant par la réglementation
stricte de la marine marchande, les consignes de navigation
etc
Quelques
chiffres à l'appui nous étonnent
ainsi en 2003,
403 attaques de pirates ont été recensées en dehors
des eaux d'Europe Occidentale et d'Amérique du Nord
On
dénombre une recrudescence de 20 % par an
impressionnant
L'ère des pirates de nos lectures enfantines n'est donc pas révolue
!
Bernard captive son assemblée et les pointes d'humour sont aussi
légion
surtout lors de la description des rations de survie
infâmes " testées pour vous " , des rustines
fournies avec les hameçons, ou des pagaies ultra légères
à disposition dans les radeaux de survie, histoire de ne pas
matraquer sauvagement les Robinsons qui pourraient nous tenir compagnie
en cas d'abandon du navire. Quant à un éventuel naufrage,
il est bien évident qu'avec les moyens du bord : balises de positionnement,
fusées de détresse, GPS
nous serions rapidement
repérés
par l'hélicoptère de Paris-Match
au bout d'un ¼ d'h et les photos seraient déjà
sous presse lors de l'arrivée des secours 3 ou 4 heures après
:o)
16 h 45 :
Il nous faut brasser les voiles. La manoeuvre consiste à tirer
sur les bras des vergues pour orienter les voiles dans le plan horizontal
et mieux utiliser le vent.
17 h 20 : Nous retrouvons Bernard sur le spardeck, cette fois
sans nos brassières (on y prend goût mais tout de même
:o), pour un historique du navire pendant une petite heure. Je connais
bien évidemment l'histoire du bateau comme tout bon stagiaire
j'imagine, mais c'est toujours captivant de ressasser les moments historiques
qui ont jalonné les décennies passées et puis raconté
par un membre d'équipage et de surcroît assis sur le spardeck
du Belem c'est autre chose que de le lire dans un livre :o)
C'est
fou comme on peu du coup ressentir un sentiment d'affection prononcée
pour quelque chose qui n'est pas humain, vivant
une part d'humilité
face aux conditions de navigation de l'époque. Le Belem nous
magnétise.
18 h 00 - 20 h 00 : je suis de quart sur la dunette. Nous faisons
du 4 nuds.
20 h 00 : Second service. Au menu : - charcuterie / pièce
de saumon et riz / plateau de fromages (je m'abstiens) / - fruits (je
picore quelques grains de raisin). Décidément, je dois
être montée à l'envers
lorsque je mange je
suis barbouillée et je n'ai pas faim
si c'est des symptômes
du mal de mer c'est plutôt bizarre parce que normalement c'est
l'inverse c'est le ventre vide qui le favorise, moi c'est quand je le
remplis
Gilles, un autre stagiaire ressent lui aussi les mêmes
symptômes
C'est vraiment dommage de ne pas pouvoir apprécier
à leur juste valeur les repas concoctés par nos deux excellents
cuisiniers !
En venir à appréhender les repas c'est
dingue alors qu'en journée tout va bien
J'espère
que cela ne va pas se prolonger pendant mes 10 jours à bord.
Du coup, après le service je file me coucher dans ma bannette
Je suis de quart de 04 h à 08 h, il faut que je me repose
c'est peu être aussi la fatigue qui joue
L'énervement
d'avant le départ pour Saint Nazaire avec cette grève
de train qui m'a fait partir un jour plus tôt, la nuit précédente
où je n'ai pas vraiment trouvé le sommeil
bref je
dois cumuler au grand maximum 9 h de sommeil en 48 h
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Samedi
15 mai 2004
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04 h 00 : mon premier quart de nuit
!
J'ai
dormi comme un bébé de 21 h 30 à minuit où
j'ai entendu la relève de quart (néanmoins précautionneuse
de faire le moins de bruit possible, mais j'ai le sommeil léger).
Je me suis re-endormie jusqu'à 03 h 15 avec quelques moments
d'éveils ... Mon quart débute à 04 h 00, j'ai donc
3/4 d'heure encore avant de monter sur le pont
impossible de dormir
plus
J'ai hâte de prendre mon quart !
J'ai pris la précaution de préparer tous les vêtements
adéquats pour cette première veille mémorable :
jean + pantalon coupe vent, T-shirt + pull de laine + polaire + veste
de quart, bonnet et grosses chaussettes que j'ai étalés
sur la bannette supérieure inoccupée.
03
h 45, je commence à enfiler mes différentes épaisseurs
isolantes dès l'appel du MGI (Matelot Gabier Instructeur). Je
me sers une demi tasse de café chaud... marrant je n'ai pas pour
habitude de boire du café de si bonne heure. Je fais surface
sur le pont et gagne à tâtons la dunette à l'arrière,
lieu de ralliement pour récupérer les instructions pour
le déroulement du quart. Je n'allume pas ma lampe de poche...
il faut éviter autant faire ce peut pour ne pas éblouir
le personnel de quart et ne pas faire des signaux lumineux inutiles
qui peuvent être perçus comme des appels de détresse...
encore que c'est une petite lampe de poche et pas non plus un projecteur
:o) Je monte l'échelle qui conduit sur la dunette et là
je lève les yeux au ciel ... le spectacle est incroyable ! Des
myriades d'étoiles qui scintillent, un ciel entièrement
constellé accompagne le Belem qui file à près de
5 noeuds ! Je n'ai jamais vu de ciel aussi limpide ! Aucune pollution
lumineuse ici ne vient s'interposer entre mer et ciel. j'ai donc souvent
le nez en l'air pour savourer cette féerie :o)
Je passe ma première heure de quart sur la dunette avec deux
collègues du même tiers et un membre de l'équipage,
en l'occurrence l'officier Lieutenant Arnaud..
Le
quart de 04 h 00 / 08 h 00 se découpe en fait en 3 heures, la
quatrième coïncidant avec le petit déjeuner pour
tout le monde dans la batterie... ce sera l'équipage qui prendra
la relève pendant l'heure. Les 3 heures restantes sont découpées
en 3 :
- une heure sur la dunette dont barrer le navire,
- une heure à la veille sur le gaillard avant pour signaler tous
les feux de signalisation et les éventuels dangers,
- une heure sur le pont à disposition en cas de manoeuvres quelconques
à effectuer.
Nous nous partageons
l'heure à la barre, je la prends en second.
C'est plus physique que je le pensais : la barre résiste cela
demande parfois un peu de force aidé par tout le poids du corps...
rien à voir avec un roulement à billes bien huilé,
mais quelle sensation grisante de tenir la barre du Belem et de s'attacher
à garder le cap défini ! Je dois maintenir 335 NW puis
passer à 345 NW.
Les étoiles bienveillantes nous accompagnent toujours et la faible
clarté (il ne fait jamais réellement noir en fait) permet
de distinguer les voiles déployées du navire.
C'est onirique et merveilleux... on glisse sur l'eau, on glisse dans
le vent
on est dans un autre monde, celui des rêves.
05
h 00 : Roulement de quart. Passage sur le gaillard avant...sur le
chemin, j'attrape 2 tranches de pain à la cuisine... elles sont
un peu rassies je mets longtemps à les grignoter. Tout rejet
à la mer est formellement interdit même du pain ! La législation
maritime est stricte ... je m'en réjouis mais entre la théorie
et la pratique je ne me fais pas d'illusion entre les pratiques maritimes
(que ce soit la Marchande ou la Plaisance)... il y a les pollueurs qui
agissent en tout impunité à longueur d'année.
On scrute l'horizon mais aucun feu de signalisation en vue... il fait
déjà un peu plus clair. Le jour est entrain de se lever
progressivement. Je fais un brin de causette avec mes deux charmants
collègues de quart. André et Gérard sont Auvergnats,
je n'ai donc pas trop de difficulté à parler de leur région
que je connais bien. André d'ailleurs intrigué que je
connaisse si bien le Bourbonnais m'interroge sur mes origines maternelles
qui sont aussi auvergnates. Le nom de famille maternel ... et voilà
que André me dit bien avoir connu mon grand-père et m'énumère
les prénoms de ma tante et de ma mère !!! Nan il faut
être en pleine nuit, en plein océan sur le Belem pour avoir
une circonstance aussi insolite ! Gérard n'en peut plus de rire
... et André et moi en oublions un instant de surveiller l'horizon
pour évoquer des souvenirs familiaux passés... de toute
façon nous ne verrons aucun signal lumineux pendant notre veille
cette nuit, trop loin des côtes (pas d'amers ni de bateaux de
pêche à portée de vue). ... Finalement nous passerons
même 2 heures sur le gaillard avant sans prendre l'heure à
disposition sur le pont... On est vraiment bien à cet endroit...
on surplombe l'étrave qui fend les vagues et projette l'écume
des vagues ... le bruit de l'eau est un enchantement. On est bien souvent
plié en deux sur la balustrade pour regarder gicler l'écume.
Il fait frais mais couvert en conséquence c'est vraiment supportable
et la beauté de l'instant balaie tout le reste.
L'horizon se pare de couleurs mauves et cuivrées sur l'horizon
... le dernier quartier de Lune est levé au-dessus de nos têtes...
Il est environ 06
h 30 lorsque José, un des matelots gabiers instructeurs nous
rejoint ... Les sujets de discussion vont bon train :
- l'utilité des différentes poulies - les pavillons de
complaisance et la législation maritime - ...
José en est à sa 6ème année sur le Belem.
07 h 10 : nous descendons prendre un petit déjeuner dans
la batterie. Assez frugal pour moi, un demi bol de café noir
et une tranche de pain avec de la confiture d'abricot. Je mange ce que
me dicte mon estomac et je n'ai pas trop envie de le défier.
Bizarre ce sentiment d'être barbouillée dès que
je ne suis pas au grand air et que je mange. Je vais m'allonger un quart
d'heure mais rien n'y fait... je n'ai pourtant pas avalé grand
chose
je n'aurai pas dû déjeuner.

08 h 00 - 09 h 00 : c'est l'heure d'entretien quotidien du navire
pour l'ensemble des stagiaires.
Le tiers ayant fait le quart de 04 h 00 / 08 h 00 est obligatoirement
affecté à la propreté des sanitaires et de la batterie.
Zut je ne serai pas au grand air sur le pont
je suis toujours
un peu barbouillée.
Comme nous sommes que 5 filles embarquées et 2 dans le même
tiers, nous nous partageons les sanitaires dames avec Mireille... Quentin
de l'équipage vient gentiment nous prêter main forte pour
les douches... je m'occupe des sanitaires et Mireille s'active avec
le miror sur les poignées en cuivre... C'est sur le ménage
irait beaucoup plus vite si tout l'ornement était en PVC :o)
... mais franchement ça aurait beaucoup moins de charme. Voilà
tout est nickel chrome...
Anne passe nous prévenir que le Commandant doit faire un speech
dans le grand roof mais sans savoir à quelle heure exactement.
Bah on se dit qu'on a le temps de prendre une petite douche quand même
...
En fait non... lorsqu'on débarque sur le pont vers 10 h 00, tout
le monde est regroupé dans le grand roof ... pour une entrée
discrète on repassera :o) oups... je me glisse par terre au milieu
de la pièce... là où c'est sensé bouger
le moins.
Le Commandant explique les différentes techniques de navigation...
on a visiblement raté une bonne demi heure de cours théorique
(je me rassure en me disant que j'aurai une séance de rattrapage
lors du stage suivant). L'attention est dure à tenir ... le quart
04 h 00 / 08 h 00 se fait sentir... je baille à plusieurs reprises
discrètement mais mes paupières sont lourdes... mais qu'est
ce qu'il raconte le Commandant exactement ?... c'est dur pour moi, sa
voix me berce, je lutte pour pas dormir.
Le côté trop technique pour l'instant et dont je n'ai aucune
connaissance n'a pas raison de ma somnolence. Heureusement pour moi,
le cours enchaîne sur une question de longitude - latitude - méridien
-parallèle. Là ça va les cours de géo, je
les ai toujours suivis avec assiduité pendant mes études
et cela fait partie des bases acquises. Je suis un peu plus réveillée
devant l'"orange" en quartiers dessinée sur le tableau
blanc par Eric :o)
11
h 00 : nous n'avons pas vu passer l'heure ! Les deux cuistots eux
si ! Personne ne s'est présenté aux cuisines. Ils viennent
rappeler à l'ordre les deux stagiaires de service qui ne se sont
pas présentés depuis dix minutes. Difficile d'interrompre
le cours du Commandant tout de même.
Le cours théorique se termine donc. Je vais faire quelques photos
sur le gaillard avant et sur la dunette en attendant le second service.
Je jette un oeil dans la timonerie pour suivre notre progression. Elle
s'avère excellente, nous nous positionnons au-dessous de l'archipel
des Glénans. La nuit nous a permis de bien avancer visiblement.
L'équipage de service sur le pont décide de faire une
petite blague à Pépé (le Chef Charpentier) qui
doit venir prendre son quart. Pour l'instant il n'y a pas de vent et
c'est l'homme invisible qui tient la barre. Deux bouts la maintiennent
solidement attachée pour garder le cap, et un petit écriteau
indique "En route au 345 ° ... Bon quart Pépé
..." :o)
Pépé arrive et l'attention le fait sourire... Côte
à côte avec le Commandant
. Hop je les prend en photo.
.............................................................
..
12
h 00 : la cloche du second service retentit... Personne ne se fait
prier pour rejoindre la batterie ! On ne connaît jamais à
l'avance le menu et c'est toujours les papilles en alerte que l'on attend
de voir le contenu des petits plats mitonnés :o) Nos deux cuisiniers
sont d'excellents cordons bleus.
Chacun décroche son mugs du panneau de bois et s'installe à
table dans un joli brouhaha enjoué
le moment du repas s'effectue
toujours dans une ambiance conviviale extraordinaire
La vie en
communauté à du bon !
Nous avons au menu : avocat au crabe / gigot accompagné de flageolets
et pommes dauphines / plateaux de fromage (je passe mon tour) / éclair
au chocolat dont je retire la chantilly, en imitant Gilles qui lui aussi
visiblement connait les mêmes perturbations que moi... Je crois
que je n'ai jamais mangé aussi longuement que pendant ce repas
!
Inutile de dire que je suis encore barbouillée... je vais m'allonger
un petit quart d'heure dans ma bannette.

14 h 00 :
une ascension dans la mâture est proposée à ceux
qui veulent prendre un peu d'altitude.
Je suis partagée entre l'envie de grimper au niveau de la première
hune et en même temps je ne connais pas mes réactions une
fois sur les haubans... une certaine appréhension prend place
et lutte avec cette envie d'essayer... Le problème c'est aussi
que je ressens toujours ce léger barbouillement... Pas grave,
le fait d'être à l'extérieur sur le pont va comme
à l'accoutumée effacer ce problème. Je rentre dans
le grand Roof en quête d'un harnais de sécurité...
le genre de truc qu'on met forcément un temps fou à enfiler.
Anne aussi a décidé de tenter une ascension... guidée
par Charles, elle monte sous ses conseils en gardant toujours au minimum
trois points d'appui. A ce niveau, les harnais ne servent pas à
grand chose ... leur utilité sera pour le passage sur la vergue.
Anne ne semble pas à son aise et redescend ... intérieurement
cela n'aide pas à me rassurer... Subitement je ressens une soif
immense qu'un quart de bouteille d'eau n'arrive pas à étancher.
L'appréhension a définitivement pris l'ascendant sur l'envie
d'essayer... je me dis qu'il est plus sage de renoncer pour cette fois...
un peu déçue tout de même.

15
h 30 : Jean-Claude, l'Officier Mécanicien vient trouver notre
petit groupe sur la dunette et nous propose une visite de la salle des
machines. Nous ne nous faisons pas prier pour descendre dans l'antre
du navire. Une lumière bleutée nous accueille... le réfléchissement
des éclairages et des claires-voies sur les peintures. Le bruit
des générateurs couvre nos voix et on doit tendre l'oreille
pour écouter les commentaires de Jean-Claude. Entre le pont et
la mâture et les entrailles du bateau nous avons l'impression
d'avoir changer de monde. Cette visite nous impressionne.

Pendant que nous vaquons à notre visite, l'équipage s'active
à l'entretien. Quentin, installé au pied du compas de
relèvement, refait les vernis.
Un fois par an, le Belem refait peu neuve avec un décapage de
l'ancien vernis et un nouveau vernissage... la météo se
prête à l'activité, il faut en profiter. Ciel bleu,
mer calme, pas de vent...
16 h 15 : Sébastien nous propose un cours sur le gréement.
Ce cours fera office de séance de bronzage sur le spardeck au
pied du grand mât, jusqu'au moment où le soleil disparait
derrière une voile salvatrice. Nous sommes tous en t-shirt depuis
le début d'après midi tant la température est élévée.
Sébastien câle son tableau blanc sur le ratelier des écoutes
du grand hunier fixe. En trois coups de crayons, les 22 voiles sont
dessinées. Le fonctionnement des voiles à grands renforts
d'explications, nous semble petit à petit plus familier.
18 h 00 : Le vent se lève... en peu de temps nous passons
de 1,8 noeuds à 2,5 puis 3,8. L'atmosphère fraîchit
et nous fait enfiler nos polaires.
L'après-midi s'étant transformée en visite et cours
théorique, nous n'avons pas effectué notre quart de 15
h / 18 h... le Belem immobile sur le grand bleu, nous n'aurions pas
servi à grand chose.
Je pars faire quelques photos sur le gaillard avant... 2ème jour
et j'ai déjà rempli deux cartes numériques et déchargé
une batterie.
Retour sur la dunette.
Un petit piaf vient se poser
au pied des balustres pour se reposer... sa venue devient l'attraction
de cette fin d'après-midi... On se prend d'affection pour cette
petite boule de plumes, perdue au milieu de l'océan. Je tente
une approche photo ... parfait il ne bouge pas.
L'occasion d'entâmer une conversation orientée ornithologie
avec Jean-François dont c'est la passion.
19
h 50 : à l'approche du second repas, les stagiaires du premier
service remontent du faux pont, le ventre repu et nous font étalage
du menu gourmet servi : tomates en salade avec oeufs brouillés
/ canard confit avec jardinières de légumes, châtaignes
et sauce à la crème / plateau de fromage / yaourth...
c'est sur que cela met l'eau à la bouche... même avec mes
appréhensions avant chaque repas.
Je crois qu'un miracle s'opère ! Pour une fois j'ai l'impression
d'avoir faim pendant le repas...je reste vigilante et à l'écoute
de ce que me dicte mon estomac... rien ... je ne ressens plus ce désagréable
barbouillement qui me force à picorer comme un piaf, génial
! Il m'aura fallu un jour et demi pour m'acclimater. Je ne sais toujours
pas si on peut qualifier cela de mal de mer étant donné
qu'en journée tout va franchement très bien ! Bizarre,
mais l'essentiel c'est que tout rentre dans l'ordre :o) quel soulagement
tout de même... d'autant qu'il me reste 8 jours de stage.
Toilette rapide et direction ma bannette... je ne remonte pas sur le
pont ce soir malgré le coucher de soleil qui commence à
poindre à l'horizon. Je suis de quart cette nuit de minuit à
4 h... il est déjà 21 h.
Je prends le temps de remplir mon carnet ... mes notes sont rapides,
j'ai déjà griffonné quelques lignes dans la journée.
21 h 30 : j'éteins ma veilleuse... il va falloir se réveiller
à 23 h 45 !! C'est le cas de le dire cela va être dur d'avoir
le compas dans l'oeil ! :o)
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Dimanche
16 mai 2004
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23 h 45 : Appel du matelot -
réveil assez facile après 2 h 15 de sommeil.
Comme le quart de nuit précédent, j'applique la technique
des pelures d'oignons qui consistent à mettre le maximum de vêtements
chauds et isolants.
Je rejoins la dunette arrière pour la prise d'instructions.
Le quart de 00 h / 04 h comme le créneau horaire l'indique dure
4 h (la veille le 04 h / 08 h faisait en fait 3 heures + l'heure du
petit déjeuner à 07 h pour tout le monde).
Les
4 heures seront dont réparties comme suivant :
....- une heure sur la dunette dont barrer le navire,
....- une heure à la veille sur le gaillard avant pour signaler
tous les feux de signalisation,
....- une heure sur le pont à disposition en cas de manoeuvres,.
....- la dernière heure est scindée en 3 plages de 20
minutes avec un roulement sur les 3 postes.
On ne change pas une équipe qui gagne :o) je choisis de rester
avec mes 2 compagnons Auvergnats de la veille : André et Gérard.
00 h 30 : je relaie Gérard à la barre pendant une
demi heure.
01 h 00 : direction le gaillard avant pour notre heure de veille.
Le ciel est aussi féerique que la veille, plus encore peut être.
Le phare de misaine semble nous regarder de toute sa hauteur, les voiles
gonflées par le vent sont éclairées par le scintillement
des étoiles, et semblent tutoyer le ciel.
Si le spectacle est au-dessus de nos têtes, un autre se manifeste
à la surface de l'eau... nous sommes pris en sandwich entre un
ciel constellé d'étoiles et un feu d'artifice luminescent
à tribord de l'étrave.
En fait, le phénomène de bioluminescence est très
répandu dans l'océan. Certains poissons hauturiers, ont
la faculté d'émettre de la lumière dans divers
des tons allant du bleu au vert ou bien le phénomène est
dû à l'agitation du plancton luminescent causée
par le passage rapide du poisson.
En tout cas c'est pour moi une première ! On se prend à
penser que c'est peut être un banc de dauphins... Charles pense
qu'il s'agit plutôt d'un banc de maquereaux... c'est moins poétique
mais bon il a sûrement raison :o) . D'autant que le banc a un
moment est vraiment impressionnant par sa quantité d'unités...
Bien sur, on n'a pas le loisir de les compter mais à vu d'oeil
la cinquantaine est largement dépassée.... superbes ces
traits lumineux partant de l'étrave. On dirait des torpilles.
Le Belem est une estrade sur laquelle nous sommes d' heureux spectateurs...
et ça vaut tout l'or du monde.
Nous traçons notre route cap 340- 350 NW. En localisation plus
parlante, nous remontons actuellement vers le fameux Raz de Sein que
nous passerons dans la journée. Il nous faudra une autorisation
pour le franchir, à défaut nous le contournerons... Pas
la peine de préciser que nous sommes tous enclins pour la première
solution.
Bientôt 04 h 00, le quart est passé à une allure
qui nous étonne nous-mêmes.
04 h 40 : j'éteins enfin ma veilleuse après avoir
un peu rangé mes affaires, en pagaille sur la bannette supérieure,
et écrit mes notes quotidiennes. Ne jamais remettre au lendemain
la prise de notes au risque d'avoir des blancs dans le récit
... et puis là je tenais vraiment à écrire ce début
de nuit magique avec des images féériques toutes fraiches
plein la tête.... 02 h 20 de sommeil avant le petit déjeuner
! Houlà c'est pas sérieux !
07 h 00 : je commence par la douche qui ne parvient même
pas à me réveiller.
07 h 20 : Café noir ce matin ! c'est une évidence
... le réveil matinal est difficile ... pareil pour les stagiaires
du même quart. l'impression d'être dans le cirage n'est
pas un euphémisme.
08
h 00 : Sébastien nous prépare l'activité de
propreté du matin : chiffons et corbeilles de bidons de miror
nous attendent sous le gaillard. Nous sommes préposés
au fourbissage des cuivres à l'intérieur du Grand Roof
: plaques diverses, lampes murales, charnier...il y a de quoi faire
! Allez j'attaque le charnier à l'aplomb de l'escalier à
double rotation en acajou. Laurent arrive en retard et se voit proposer
d'épousseter toutes les boiseries... le problème c'est
que tout le Grand Roof est en bois :o)

Temps libre jusqu'à 11 h ... où je suis désignée
au premier service avec Frédéric. Nous faisons des photos
sur le gaillard avant... Un superbe monocoque remonte à tribord,
crépitant sous nos objectifs.
10 h 45 : nous mettons le couvert dans la batterie avec Fred.
C'est pas de bol, nous risquons de passer la Pointe du Raz pendant le
repas ... mais après coup on se dit que d'être de service
à un avantage : entre la montée des plats vides et la
descente des plats on va pouvoir guetter notre progression ... Ce midi,
c'est écrit d'avance cela va être le service le plus express
du stage :o) ... on ne veut pas de restes ni dans les assiettes ni dans
les plats... et surtout des convives rapides :o)
Au menu 4**** nous avons : coquilles St Jacques sauce au muscadet /
pavé de boeuf - frites / plateau de fromage et charlotte au coulis
de framboises dégusté sur le pouce ... limite dans le
plat... à 11 h 30 tout le monde est sur le pont pour voir
la Pointe du Raz et le non moins magnifique Phare de la Vieille... Nous
redescendons débarrasser et remonter les plats pour faire la
vaisselle. L'occasion de ce premier service pour faire plus ample connaissance
avec Marcel et Patrick aux cuisines. Entre, le second service qui se
prépare, les fours en marche, la vapeur du lave-vaisselle express...
nous avons l'impression d'être en ébullition dans un sauna.

Dans l'après-midi,
les courants nous jouent des tours... Le Belem toutes voiles dehors
fait un passage du Raz de Sein des plus épiques !!! En marche
arrière s'il vous plaît ! Une prouesse artistique à
noter dans la liste des facéties à bord dejà commises
par le Commandant :o)
Le moment est tellement insolite que nous cherchons comment immortaliser
l'exploit : voilà nous positionnons Louis, notre doyen, à
l'envers à la barre et Eric à l'endroit ... clic ! voilà
une photo qui vaut de l'or ;o)
Maintenant cap sur Ouessant où nous ferons escale ce soir !!!
Quelle journée magnifique décidément !

Eric nous donne un second cours de navigation technique dans le Grand
Roof... Cette fois c'est une démonstration pour le traçage
des points à l'aide de la règle de cras. En démonstration
cela paraît évident... mais lors de l'exercice pratique
où un volontaire doit essayer... personne se dévoue ...
Anne a la bonne idée de me proposer (merci Anne !!). Eric me
lance "Félicitations !" ... bon ben allons y ... heureusement
c'est un exercice collectif on est tous penché sur la carte et
avec force de persévérance (laborieuse tout de même)
les points sont tracés et justes ouf !!! On enchaîne ensuite
sur les virements de bord.
A l'approche de la Baie de Lampaul, il est temps de carguer les voiles.
Eric emploie une expression qui nous amuse "On va replier les torchons.".
Sur
le coup des 18 h 00, un sympathique punch nous attend dans le
Grand Roof. Le Commandant fait le service en servant les dames.
Wow le breuvage est corsé ! Que du jus vitaminé précise
Eric, oui oui ... on va dire ça :o) Houlà, les vitamines
me rendent toute bizarre moi alors ...J'ai l'impression de rire tout
le temps.. L'ambiance est des plus chaleureuse sur le pont babord...
Séance de photos souvenirs d'un stage vraiment super ! On fait
poser Louis, notre doyen, tantôt entouré des 5 filles du
stage, tantôt avec Gwen le plus jeune matelot de l'équipage.
Louis est devenu en un jour notre mascotte :o)
Ce soir en raison de l'escale à Lampaul, un seul service à
table et tout le monde s'active pour aider.
Le repas est des plus animés... surtout Laurent qui nous épate
en descendant pratiquement une tablette de beurre en entier... le punch
produit des effets bizarres a priori.
Au menu : jambon cru / rôti de porc et coquillettes / plateau
de fromages et fruits.
21 h 20 : Le zodiac est à l'eau après les deux
services du soir. Géraldine, Emmanuelle, Mireille, Laurent, Frédéric
et moi descendons dans l'embarcation ballottée le long de la
coque... ça remue pas mal... on a pratiquement tous chaussés
nos bottes en caoutchouc ce soir...
Nous partons bien encadrés par
les deux Lieutenants : Nicolas au pilotage et Arnaud muni de l'APN de
l'équipage... Nicolas pousse les manettes à fond, le zodiac
démarre en trombe et Arnaud s'en donne à cur joie
sur le déclencheur de l'APN, bien calé à l'avant
! Ah on va être beau en fond d'écran !
Ils nous ont bien eu ces deux là !!!... ;o) La traversée
n'a rien de comparable non plus avec le tour du bateau en zodiac pour
les prises de photos. Déjà nous ne sommes pas dans le
même zodiac, celui-ci est plus grand, plus puissant et réservé
aux escales. On a l'impression d'être un petit caillou jeté
à la surface de l'eau et faisant des ricochets sans fin. C'est
grisant ! On se cramponne comme on peut.
On passe à
côté du bateau de la SNSM... avant d'accoster sur l'escalier
glissant du port de Lampaul... j'agrippe fermement la main d'Arnaud
qui m'aide à sortir du zodiac, manquerait plus de se retrouver
à l'eau en glissant sur les algues vertes qui recouvrent les
marches humides... La traversée en zodiac nous a bien secoué
et c'est la première fois que l'on retrouve le plancher des vaches
depuis
Saint-Nazaire... je devrais plutôt dire le plancher des moutons...
qui sont légion sur Ouessant. Arnaud repart avec le zodiac, c'est
lui qui est de quart ce soir.
..
Et c'est parti pour une petite visite des lieux... sur les petites routes
du Bourg de Lampaul... tout est calme... peu d'habitants, quelques jeunes
passent à vélo... une ou deux voitures croisées
somme toute.
Je crois que nous sommes tous heureux intérieurement et émus
de fouler cette terre, c'est magique parce qu'au-delà d'Ouessant,
il n'y a plus rien, sauf l'Amérique ! Une plaque au-dessus de
la porte d'une maison indique "Finis Terrae"... l'occasion
d'immortaliser le moment sur l'APN... Je prends Laurent et Emmanuelle
devant, qui affichent un large sourire... moins souriante est la petite
dame derrière ses rideaux... qui a du songer plusieurs fois à
retirer la plaque sur sa maison pour éviter les attroupements
de touristes devant ses fenêtres.
Je suis un peu à la traîne derrière car je
veux prendre en photo notre petit groupe de dos, paré de
couleurs pimpantes avec les bottes et cirés aux couleurs vives...
Du rouge pour Géraldine et Nicolas, tout de jaune pour Laurent,
vert pour Emmanuelle, beige pour Fred... Avec la luminosité du
soleil couchant c'est un chatoiement de couleurs.
Nicolas aussi
traîne à l'arrière arborant une mine réjouie
devant l'écran numérique de son APN... il m'appelle pour
me montrer l'objet de sa satisfaction qui n'est d'autres que nos mines
déconfites prises par Arnaud quand le zodiac a " décollé
". Bon j'avoue effectivement que nos têtes incitent à
la plaisanterie, dur de faire pire d'ailleurs... Au tour de Fred de
s'apercevoir dans la petite lucarne... nos menaces amicales de chantage
envers Nicolas pour qu'il efface les photos n'y changent rien, nous
allons finir dans le best of comique des photos de stagiaires... mais
nous en sommes fiers :o) ... et puis nous sommes au bout du monde alors
nous sommes les plus heureux à l'heure qu'il est.
Nous arrivons
au centre du bourg... l'église Notre-Dame-du-Bon-Voyage en granit,
typiquement bretonne semble magnétiser les rayons du soleil et
se couvrir d'or alors que toute la petite place est maintenue dans l'ombre.
Nous continuons à déambuler dans les rues ... disons sur
les petites routes sans voir réellement l'horizon, l'île
mine de rien est vallonnée... le soleil est sur notre gauche
et son incandescence faiblit... Je propose d'essayer de capturer le
coucher de soleil sur la côte et la proposition est validée
par l'ensemble du petit groupe ... nous bifurquons donc sur une petite
route plus "campagnarde"... Mais l'île est plus vaste
que nous le pensions, impossible de rallier la côte... la pénombre
nous guète si nous poursuivons.
Nous re-birfurquons donc à gauche de sorte à réduire
le périmètre en cercle autour du bourg et regagner ainsi
la proximité du port. Un chemin herbeux de trèfle et de
luzerne épaisse fait notre affaire et un petit rassemblement
de moutons semble nous attendre... je dis bien semble... car la bête
la plus âgée se montre peu enclin à des politesses
respectives.. "Heu ? ... ça charge un mouton ?" me
lance Nicolas
" bah, on verra bien
qui passe en premier,
c'est bête Nicolas ta veste est rouge, c'est voyant ;o) "
Finalement le petit groupe laineux reste impassible... Nicolas fait
deux photos de jeunes moutons avec le Belem en arrière plan au
mouillage dans la baie... une photo originale qu'on ne verra pas dans
tous les albums.
Il m'arrive une tuile lorsque je veux à mon tour prendre une
photo. Ma microdrive reste en rade et mon écran LCD affiche "Aucune
photo" "Carte illisible". M----- ! C'est pas de chance
! J'ai peur d'avoir perdu tout le contenu de ma carte ! En plus c'est
les photos du punch de fin d'après midi ! Ah non c'est vraiment
pas de bol... j'affiche une mine déconfite... on est tous déçus
d'autant qu'on avait vraiment fait des photos insolites : Le doyen du
stage entouré des 5 filles stagiaires (une photo remake d'un
feuilleton à l'américaine "Charly et ses drôles
de dames" ça le faisait bien !), une autre avec toujours
notre charmant doyen Louis, cette fois-ci posant avec Gwen le plus jeune
matelot gabier instructeur...
Bon je ne
peux plus rien faire pour le moment avec cette fichue carte... seul
un programme Internet peut me récupérer mes photos, je
verrais donc en rentrant. Mais outre les photos peu être perdues,
je me retrouve avec 340 MB de mémoire en moins, je dois revoir
la gestion de mes compacts flash... C'est beau la technique... enfin
quand ça marche !
Nous regagnons
les alentours du port par des sentiers de traverses côtiers qui
nous font atterrir derrière le Bar Hôtel Restaurant "La
Duchesse Anne" juste à l'aplomb de l'embarcadère...
idéal pour aller prendre un pot... on aurait voulu le faire on
aurait pas fait mieux :o)
L'endroit
est déjà bien fréquenté par les autochtones
locaux... un escalier en colimaçon ajouré donne à
l'étage sur un petit salon... on s'installe sur les banquettes
et les sortes de poufs en tissus autour des petites tables rondes que
nous resserrons pour être tous ensemble. Laurent descend passer
la commande au bar et il remonte avec le plateau offrant la tournée
générale. Tiens ? Ils ne font pas le service à
l'étage ici ?... Bières diverses pour Mireille, Géraldine,
Laurent, Nicolas et Fred, Perrier pour Emmanuelle et Coca pour moi....
On discute de tout et de rien... Une bonne partie de l'équipage
trouve refuge au comptoir peu après, José, Charles et
Hervé semble t-il.... La pénombre prend place sur Ouessant.
Nous quittons notre petit salon cosy suspendu en haut de l'escalier
pour rejoindre le zodiac.
Arnaud est déjà là dans son ciré jaune aux
bandes réfléchissantes... on enfile nos brassières,
on se tasse dans le zodiac et Arnaud démarre... on file à
bonne allure. Le Belem est illuminé par de gros projecteurs posés
sur le spardeck... il est magnifique ainsi paré de lumière
blanche. On dirait un bateau pirate. Je suis toujours autant fascinée,
je ne me lasse pas de l'admirer
Arriver à vive allure en
zodiac sur le Belem procure l'étrange sensation que nous allons
le prendre à l'abordage :o)
mais avec nos mines réjouies
de stagiaires pacifiques on ne risque pas l'émeute ni la mutinerie
à bord :o) pas de danger.
On arrive le long
de la coque, Laurent qui est à l'avant est désigné
pour attraper le cordage et crocheter le mousqueton pour stabiliser
l'embarcation... il n'attrape pas le bon bout ce qui fait que si nous
voulons monter sur le pont nous devons faire 3 brasses dans l'eau noire
et glacée. "Laurent, on est pas un peu court là ?!"
(rires).. Hop re-manoeuvre, cette fois c'est la bonne.

Anne et Pascal sont déjà rentrés... ils discutent
sur la dunette arrière un peu frigorifiés. Je change la
carte défectueuse de mon APN pour faire une photo de la barre
dont le bois vernis renvoie la lumière des projecteurs du meilleur
effet. Je n'ai pas de trépied et les photos de nuit sont peine
perdue dans ces cas là. Je cale donc l'appareil contre les balustres
et positionne le déclencheur à 10'. Souffle coupé
j'attends la fin du décompte. La photo est réussie ! Chouette
elle me plaît bien !
On se réfugie
dans la timonerie pour jeter un il sur la carte maritime. Je sollicite
Anne pour m'entraîner avec la
règle de Cras à faire des points, mais nous décidons
avant d'aller nous préparer un thé chaud dans la batterie.
Arnaud lui repart récupérer les derniers "naufragés"
sur l'île... le zodiac disparaît dans la nuit noire, la
petite lampe fixée sur la tringle arrière me fait penser
à une petite luciole qui se fraie un chemin en zigzagant dans
le noir.

On s'installe au fond de la batterie, sous
la toile représentant le Belem... sympa ce petit coin aux
banquettes de cuir bleu confortables...
Pascal me rassure pour ma carte mémoire. On s'échange
nos adresses mail et postale. Les esprits sont de bonne humeur et les
blagues vont bon train... "Myriam, c'est quoi déjà
ton site ??? ... www.grosse-barge.com ? c'est ça ??" "...pfffff
comique va ... www.greements.com..."... on baisse d'un ton parce
que d'autres dorment déjà... ma montre affiche 1 h 15
! Le temps passe décidément trop vite, personne n'a envie
de regagner sa bannette. Demain c'est déjà fini pour certains.
Seul Frédéric et moi rempilons. Je n'ai pas non plus envie
de les voir partir. Nous formions un bon groupe de 29 personnes fort
sympathiques. J'ai vraiment l'impression d'avoir de bonnes affinités
avec certains comme si l'on se connaissait depuis toujours... Embarqués
sur le même bateau au sens propre comme au sens figuré...
mais quel bateau tout de même !
Un gros bruit sourd résonne à l'arrière... on cherche
un moment avant de comprendre que c'est le moteur treuil qui remonte
le zodiac sur le spardeck. Si avec ça les chambrées ne
se réveillent pas !
Bon cette fois, on se décide enfin à aller dormir quelques
heures pour profiter pleinement de la dernière journée
et de l'arrivée sur Brest...
Avec Anne, on abandonne
l'idée du tracé de points à la timonerie, à
une heure pareille c'est utopique !.
Un petit tour dans
les sanitaires, un peu de rangement dans ma bannette (vite fait je balance
tout ce qui traîne sur la bannette n° 58 inoccupée
au-dessus de moi... vraiment pratique :o)
il va quand même
falloir que je m'organise autrement si demain quelqu'un occupe la bannette
du dessus.
Je me saucissonne
dans mon sac de couchage et je griffonne comme à l'accoutumée
le compte rendu de la journée sur mon carnet... c'est un peu
plus long ce soir
je veux détailler le maximum de détail
sur l'escale à Ouessant
les souvenirs arrivent à
s'estomper
les écrits eux restent.
Hop j'éteins
la veilleuse... assez pour ce soir... le sommeil me gagne rapidement
une bonne nuit de repos réparateur
l'avantage des soirs
d'escales.
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Lundi
17 mai 2004
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06 h 50 : Je
suis réveillée par le bruit des bols et des petites cuillères
qui dansent sur la table. Les stagiaires de service sont dynamiques
ce matin.
07 h 00 : Petit déjeuner - deux tartines de confiture et
un bol de chocolat.
07 h 30 : Je file sous la douche.

Cette
nuit personne n'a été de quart (excepté l'équipage)
pour cause de mouillage.
Pas d'entretien du navire non plus au programme. Nous devons relever
l'ancre et manoeuvrer pour changer de bord et gagner le Goulet de Brest.
Nous devons être ponctuels et arriver au port pour 16 heures.
Dans la batterie et les logements des stagiaires, on s'active à
faire les bagages pour certains, d'autres préfèrent attendre
le dernier moment et profitent des derniers instants à bord.
Cela sent le départ proche et les regrets se lisent déjà
sur les visages. Intérieurement, je suis vraiment contente d'avoir
signé pour encore deux stages, j'essaie de ne pas le montrer
aux autres par empathie envers eux, de toute façon je me sens
déjà nostalgique à l'idée de perdre mes
premiers compagnons de route et cela gâche un peu mon entrain
aussi. On avait là une bonne équipe soudée et conviviale.
09
h 00 : Nous sommes tous sur le pont pour les manoeuvres.
Au loin, la silhouette de l'Etoile ou de la Belle Poule se devine sur
l'horizon. Nous ne tardons pas à passer au large de la Pointe
Saint Mathieu. Un endroit que j'affectionne particulièrement
pour sa richesse architecturale d'époques différentes.
Les photos sont difficiles par contre à la distance où
nous sommes, tant pis je me résigne... Je déclenche par
contre sur le Phare du Petit Minou. Les bâtiments de l'Armée
foisonnent dans le goulet de Brest... le protocole veut que nous hissions
le pavillon français trois fois de suite. L'autre bateau devant
rendre la pareille ensuite... politesse oblige.
11 h 00 ou 12 h 00 : dernier déjeuner pour les stagiaires
Saint Nazaire - Brest.
Patrick et Marcel nous ont encore gâtés !!
- Terrine de saumon
- Thon accompagné de ratatouille et de pommes sautées
- Plateau de fromages
- Crème-mousse aux fraises avec morceaux de fruits
Dans le Goulet de Brest nous croisons de nombreux navires de la Marine
Nationale. Il faut se plier au protocole de hisser les couleurs du pavillon
consécutivement 3 fois de suite... le bateau croisé devant
à son tour exécuter la même manoeuvre.
..
Nous prenons le Pilote côtier à l'entrée du chenal.
Cette directive est imposée par certains ports pour des navires
dépassant les 50 mètres. C'est donc le cas de Brest. La
barre est abandonnée pour une navigation au pilotage automatique
sur le toit de la timonerie avec Eric, Bernard et le pilote du port.
L'Abeille
Flandre est à quai dans le port. Sa taille est plus imposante
encore que je me l'imaginais. Ce bateau mythique impressionne et incite
au respect.
16 h 05 : Nous ne pouvons pas être plus ponctuels : un
léger battement de 5 minutes sur l'horaire préalablement
fixé. Impressionnant!
L'heure des au revoir a sonné. Les visages ne cachent pas les
regrets de fin de stage... Nous ne sommes que 2 à rempiler avec
Frédéric mais le fait de voir partir nos compagnons de
route laisse une petite ombre au tableau malgré notre immense
joie de rester à bord.

En chemin, nous prenons un pot de l'amitié... à l'ombre
sous un parasol, les mâts du Belem pour champ de vision sur le
port. Mireille, Anne, Géraldine, Emmanuelle, Pascal, Laurent,
Frédéric et moi composons notre petit groupe. Les sacs
sont empilés sur le trottoir en un amoncellement impressionnant...
André et Gérard nous rejoignent, nous faisant signe qu'ils
peuvent entasser les sacs dans une voiture et les déposer à
la gare ... il reste une place, Mireille monte avec eux... C'est vraiment
sympa de leur part.
Nous gagnons la gare ... elle n'est pas loin mais les chemins grimpent,
et les racourcis en escaliers sont de véritables casse-pattes
pour nos courbatures :o) ... Chacun prend son train respectif... Fred
et moi attendons que tout le monde soit parti en accompagnant les derniers
sur le quai... Pendant ce temps là, Anne et Laurent sont partis
en quête d'un hôtel à proximité de la gare,
leur billet de retour étant pour le lendemain.
19 h 20 : nous nous retrouvons tous les 4 pour aller dîner
dans une crêperie sur le port. Est-il besoin de préciser
que nous passons un excellent moment de détente et d'humour à
nous repasser le film de notre stage ? :o) Nous devons être un
peu bruyants... le gérant du restaurant semble avoir compris
que nous descendons du Belem... intrigué et curieux il vient
aux nouvelles et nous fait part de son admiration pour le bateau. Deux
personnes viennent occuper les tables voisines... à la vue de
leurs bagages cela ne trompe pas ce sont 2 futurs stagiaires. Nous engageons
un peu la conversation et ils restent à l'écoute de nos
récits durant le reste du repas... Bon ça va ils ne s'enfuient
pas en courant et visiblement notre bonne humeur est communicative...
ponctuée de fous rires parfois jusqu'au larmes... un mélange
de fatigue, d'émotions et de nervosité, arrosé
par un kir celte et du cidre ... aidant sûrement :o)
Le gérant nous offre les cafés, sympa...
22 h 00 : nous regagnons le Belem qui est à 200 m à
peine... Laurent et Anne nous promettent de passer une dernière
fois demain matin pour voir le Belem quitter le port... on leur fait
confiance ;o)
Les
marées sont importantes... alors que vers 16 h ... nous avions
descendu la passerelle d'accès pour aller sur le quai... là
c'est l'inverse, il faut la descendre pour gagner le pont du Belem...
d'ailleurs, c'est amusant de ne voir que les 3 mâts dépasser
du quai... un dénivelé énorme tout de même
avec une passerelle très pentue pour les stagiaires embarquant
avec leur barda.
Nous rejoignons Nicolas et Gwen dans le Grand Roof... ils ont l'air
un peu tendu ... il faut dire que c'est un peu le branlebas de combat
à bord... le Belem est cette fois pris d'assaut par 48 stagiaires
! ça fait du monde ! Nous aussi avec Fred, cela nous angoisse
un peu. Le jeudi de l'Ascension et les jrtts aidant, le stage est
complet. Je vais chercher mon contrat de stage que je remets à
Nicolas... Heureusement, on conserve notre bannette et du coup le
même ordre de tiers et donc par conséquent, je serai
de nouveau de service avec Fred :o) cool !
Je
décide de descendre dans ma bannette et de rédiger mes
notes avant de dormir ... Ma voisine du lit supérieur ne semble
pas présente à l'embarquement ce soir... cela me laisse
un petit répit.
23 h 40 ... j'essaie de dormir malgré le brouhaha incessant
et les allers et venues dans le module. Gwen qui conduit les nouveaux
arrivants à leur bannette demande à plusieurs reprises
un peu moins de bruit pour ceux qui souhaitent dormir... merci Gwen...
C'est vrai que je suis épuisée ce soir par cette journée
riche en émotions. Je ne cache pas que j'ai une grosse amertume
avec ce changement de compagnons de route... je m'en veux un peu d'ailleurs
ce soir de n'avoir pas eu plus d'enthousiasme pour engager la conversation
avec mes nouvelles colocatrices, exceptées 2 ou 3 qui me semblaient
un peu perdues avec qui j'ai un peu discuté... Bah je me rattraperai
demain promis...
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Mardi
18 mai 2004
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06
h 45 : je me lève pour prendre
ma douche
07
h 15 : la batterie est en effervescence autour du petit déjeuner
je suis un peu déboussolée de voir autant de monde
nous sommes au complet pour ce stage et la table n'est pas assez grande
pour 48 stagiaires
j'attrape un demi bol de café et une
tranche de pain, j'avale le tout debout en lisant les plannings des
quarts
mauvaise idée c'est un lieu de passage trop fréquenté
au petit déjeuner
un va et vient perpétuel entre
les douches et les modules de logements.
Frédéric, le second " rescapé " du premier
stage semble un peu désorienté aussi ce matin
08
h 00 : Je monte sur le pont prendre un peu l'air
déjà
un ciel bleu et un soleil prometteur
décidément
nous avons les faveurs de la météo
L'activité
dans le port est encore très calme.
Un petit groupe de filles fait connaissance sur le pont babord
je les salue, reconnaissant Agnès et Aude avec qui j'avais échangé
quelques mots la veille au soir
L'inconnu et quelques appréhensions
se lisent sur leur visage
c'est un peu comme si je tombais à
point pour répondre à leurs questions. Je raconte donc
un peu le déroulement du stage précédent avec enthousiasme
C'est presque sans voir le Commandant arriver à notre hauteur
nous gratifiant d'un bonjour souriant et enchaînant sur "
ah c'est bien que les anciens prennent notre relève pour expliquer
aux nouveaux "
On me demande " qui c'est ? "
je réponds amusée
" bah c'est le Commandant ! " :o)
Nous montons au soleil sur le spardeck
que je n'ai jamais vu sous
une telle affluence de stagiaires. Je rejoins Fred
on descend
à quai pour discuter un peu plus au calme.
La livraison de pain arrive. Les quantités sont astronomiques,
on aide à passer les gros sacs énormes entre le quai et
l'échelle de pont
la commande semble faite pour un régiment
!
Louis, notre charmant doyen du stage précédent est venu
voir le bateau une dernière fois, nous allons le saluer.
José vient fermer les vannes d'eau douce sur le quai.
On
voit arriver Laurent, qui vient nous dire au revoir une dernière
fois après notre soirée crêpes avec Anne
qui elle aussi ne tarde pas à nous rejoindre pour disparaître
sur le Belem
elle rejoint Arnaud à la timonerie en quête
du cachet du bateau pour ses cartes postales.
Puis dernier au revoir,
un peu triste de les laisser tous les
deux à quai
Promis on garde le contact
on se donne des nouvelles
09
h 30 : Le Commandant nous rassemble dans le grand roof pour le speech
d'accueil et la présentation de l'équipage.
Avec Fred, nous laissons les stagiaires prendre place à l'intérieur
et nous restons dans l'encadrement de la porte babord
finalement
nous sommes trop bien en vue du Commandant qui nous interpelle amusé
" Ah les redoublants, mais rentrez donc " ;o) zut on est repéré
!
10
h 00 : Ponctuel, le Belem appareille
chaleureusement salué
par un attroupement de familles et de badauds sur le quai.
On repart pour de nouveaux horizons, cap sur la Manche
pour une
arrivée dans 3 jours et demi à Saint Malo, la cité
corsaire !
On navigue de nouveau dans le Goulet de Brest que nous avons fait en
sens inverse hier après midi
Passage très fréquenté
par les navires de l'armée
il faut donc ne pas déroger
au protocole du pavillon de nouveau ! Allez on se décide à
la manuvre avec Fred ! j'ai du oublié un instant la force
de Fred
les écoutes me filent entre les mains comme un
serpent brûlant pendant qu'il hisse le pavillon,
je hisse
à mon tour
et ce 3 fois de suite
pas grave le principal
étant de faire la manuvre
On passe de nouveau devant le phare du Petit Minou d'un blanc éclatant
sous le soleil matinal.
La Pointe Saint Mathieu est en vue
le vent fraîchit à
la croisée du Goulet de Brest et de l'Atlantique Nord
Petit
tour sur le gaillard à l'avant. Gwen et Mao sont à la
veille.
............................. ................
...............
..............................................Le
Phare du Petit Minou..............................................................
Gwen et Mao à la veille
12
h 00 :
On emprunte le Chenal du Four, l'archipel de Molène à
babord
La cloche du second service retentit : à table !
Au menu ce midi : - bouchée à la reine,
...........................-
pavé de buf, haricots verts et pommes sautées,
...........................-
plateau de fromages,
...........................-
mousse au chocolat. (y a du rab et je ne sais pas pourquoi une seconde
mousse attérit dans mon assiette :o) ben comme il faut pas gâcher
;o)
13 h 00 : le
radar sur le mât de misaine semble donner des signes de fatigue
Bernard enfile un harnais et grimpe dans la mâture pour
vérifier le matériel
le radar est bel et bien HS. Nous naviguons au moteur depuis le départ
de Brest
14 h 00 : tour
sur la dunette arrière ensoleillée où beaucoup
de stagiaires ont pris place adossés contre la lisse
lunettes
et soleil et visages exposés aux ardeurs des rayons du soleil.
ce qui vaut une phrase enjouée de Pépé " Eh
bien il y en a des lézards ici ! ".
14 h 15 :
Christophe dit " Mao " nous rassemble pour un tour du navire
afin d'identifier les voiles, les écoutes
Une piqûre
de rappel est toujours bonne à prendre, d'autant plus que Christophe
ponctue ses interventions avec beaucoup d'humour :o)
Tout y passe le détail des poulies, notamment des veuves sur
les voiles d'étais (appelées ainsi parce qu'elles attrapaient
en se balançant les marins
et faisaient des veuves dans
les familles) .. d'ailleurs souligne Christophe " y a quelques
traces de stagiaires dessus ".
Ensuite la description des voiles composant un phare, avec les deux
dernières voiles au nom d'oiseau : perroquet et cacatois
" ne cherchez pas les perruches par contre on en a pas ".
Puis les drisses de foc qui se trouvent de chaque côté
de la cuisine en précisant bien, puisque Marcel se tient dans
l'encadrement de la cuisine, qu'il ne fait pas partie des focs (ça
le fait mieux phonétiquement ;o)
Un cours bien sympathique
ma fois qui se conclut sur " même si vous n'avez rien compris,
le prix de la croisière sera le même " :o).
15
h 00 : coup dil à la timonerie, nous faisons
du 9 nuds au moteur.
Arnaud toujours vigilant, lance « il va falloir faire la veille
à lavant, y a plus de radar »
16
h 10 : la corne de brume retentit les 6 coups brefs et 1 coup long.
Bernard nous avait prévenu de lhoraire de lexercice
dabandon du navire ce nest donc pas le Belem qui prend leau
:o)
Cet exercice est obligatoire dès quune sortie en mer est
supérieure à 24 heures dans sa durée.
Nous descendons tous chercher notre saillante brassière orange
fluo dans le faux pont sous nos bannettes et nous remontons sur le spardeck
au pied du grand mât, lieu de rassemblement. Le cours de Bernard
est comme celui vécu au premier stage, sérieux et plein
de dérision à la fois
décidément on
lécouterait pendant des heures.
Un mirage passe le mur du son juste au dessus de nos têtes
assez proche pour nous abasourdir quelques dizaines de secondes
je laperçois à travers la matûre redresser
ses ailes comme sil venait de passer entre le mât de misaine
et le grand mât
évidemment il vole plus haut
mais linstant subjugue tout le monde et cest tout de même
un exploit de venir tutoyer le Belem de si près
le pilote
visiblement sest fait plaisir
nos oreilles moins ! :o)
En plein cours dabandon du navire
une torpille naurait
pas eu plus deffet sur nous :o)
17
h 00 : Manuvre : on affale toutes les voiles.
19 h 00 : La mer est calme, le zodiac est mis à leau
pour faire le tour du Belem et prendre des photos. Avec Fred on attend
une demi heure de plus afin que la luminosité soit un peu plus
accentuée
Jenfile une brassière, lappareil
photo bien calé et de descends dans le zodiac par léchelle
le long de la coque
cest la routine maintenant
surtout
depuis lescale un peu plus mouvementée à Ouessant
où la mer était plus agitée. Cest Quentin
qui est aux commandes. Le Belem ce soir revêt des couleurs dorées,
la coque apparaît luisante et cuivrée sous le soleil
la
transparence des voiles à contre jour fait penser à des
ailes dinsectes structurées
le spectacle est une
fois de plus somptueux
lémerveillement est à
son comble.
.................. ... .... ..
............................................................................................................Vues
du trois-mâts Belem depuis le zodiac
20
h 00 : la
cloche du second service fait entendre son carillon énergique
Ce soir nous avons droit à : - une terrine de foie de volaille
avec des endives,
........................................-
du porc en sauce avec des pâtes,
........................................-
plateau de fromages,
........................................-
fruit (une pomme pour moi).
Je suis à côté de José
qui comme à son habitude met de lambiance
il chambre
Fred
la routine quoi :o)
Jai limpression de manger comme quatre ce soir
peut
être aussi en prévision du 4/8 de cette nuit (mon quart
préféré).
21 h 00 : Tant
pis pour la fatigue du réveil en pleine nuit, je cède
à lappel du coucher de soleil sur le spardeck et sur le
gaillard avant ce soir
Je descends dans le faux pont troquer mon
Canon G3 contre lEOS 300D
un coucher de soleil avec lavant
du beaupré en ligne de mire ça vaut bien quelques pixels
de plus pour une photo :o)
.................... ....
.... ..... .....
22
h 30 : Je
nai pas sommeil même à lidée de devoir
me réveiller à 3 h 45
je fais un petit tour à
la timonerie pour voir où nous en sommes sur la carte. Le vent
nest pas nerveux, nous ne faisons que 1,8 nuds.
Arnaud me montre un fascicule avec les marées prises à
Cherbourg heure après heure et qui influencera la trajectoire
du Belem. Je naurai jamais pensé quil y avait autant
de paramètres à tenir compte pour la navigation.
Nous sommes positionnés au NW de l'Île de Batz.
Les moteurs vont être remis cette nuit ça ne fait aucun
doute.
22 h 45 : Je
redescends dans le faux pont, toilette rapide et je vais rejoindre ma
bannette
Je prépare des vêtements chauds pour cette nuit que j'étale
sur la couchette vide du dessus
finalement personne non plus ne
l'occupe
j'ai de la chance ! Je prends mes notes quotidiennes
sur mon fidèle carnet
23 h 15 :
je lutte cette fois contre le sommeil
jéteins la
veilleuse
4 h 30 de sommeil devant moi
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Mercredi
19 mai 2004
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04
h 00 : Je suis du quart 4/8
ce matin.
Il y a beaucoup de rosée sur le pont. Les échelles sont
extrêmement glissantes. Je regarde le ciel et la voûte étoilée
au-dessus de ma tête, mais l'horizon se devine nappé dans
la brume.
Je jette un coup d'oeil dans la timonerie pour voir les nouvelles. Les
moteurs ont été mis vers 00 h 00 et les voiles carguées
mais je n'ai rien entendu dans mon sommeil. Nous filons à 9,1
noeuds (belle vitesse !).On prend les consignes de quart. Première
heure à disposition sur le pont, deuxième à la
veille sur le gaillard avant
et dernière heure sur la dunette
à la barre.
Je reste à proximité de la timonerie pour ma première
heure. Fred et Loïc me tiennent compagnie.
05
h 00 : Nous prenons notre poste de veille à l'avant.
Le jour prend place doucement, instant magique de voir l'horizon devenir
aquarelle... accoudée au-dessus du beaupré je savoure
cet instant unique... je souhaite suspendre le temps à ce moment
là.
Sébastien nous rejoint à l'avant, nous discutons avec
lui du parcours du Belem après Saint Malo et des différentes
manifestations auxquelles le navire participe. Je lui demande en moyenne
combien de visiteurs ont foulé le pont du bateau pendant la dernière
Armada à Rouen. Sébastien estime les visites à
600 par heure environ. La question la plus récurrente qui soit
posée concerne les "balais brosses" (les choucanes)
suspendus aux câbles ! Etonnant non ?!
06 h 00 : Retour sur la dunette... Je prends la barre de 06 h 20
à 07 h 00. Cap à maintenir 50 puis 55 NE.
Une tourterelle s'est logée sur le râteau d'antennes du
mât d'artimon, je l'aperçois du caillebotis.
Vers 6 h 30, le disque solaire vermillon se hisse à l'horizon,
je suis du regard son ascension au-dessus du toit de la timonerie tout
en gardant les yeux aussi rivés sur le compas. Maintenir le cap
surtout... le moindre écart et le sillage derrière le
bateau fait des courbes ça ne trompe pas :o) Mais je maintiens
le cap ! Superbe spectacle que ce lever de soleil ! ...
07 h 00, je laisse la barre à Quentin. Je descends à
la batterie pour le petit déjeuner ! J'adore le 4/8 ! mon quart
préféré.
J'ai faim ! J'engloutis 2 tartines beurrées avec de la confiture
et un bol de chocolat... les 40 minutes à barrer m'auraient t-elles
creusé l'estomac ? Je file ensuite sous la douche.
08 h 00 - 09 h 00 : On s'active à l'entretien des sanitaires
et de la batterie. Nous sommes plus de filles qu'au premier stage, le
nettoyage se fait beaucoup plus rapidement avec le concours de tout
le monde... Un coup de plizz sur la table en bois la rend pimpante...
on hésite à plagier la pub des années 70 avec Marie-Pierre
Casey ; le risque est trop grand de s'écraser sur le grand mât
qui traverse la salle :o)
Lorsque nous montons sur le pont tout le monde est encore au fourbissage
des cuivres... on leur emboîte le rythme.
09
h - 10 h 00 : fourbissage des cuivres ...
Je vais en quête d'une cible à faire briller ... ce sera
le cabestan devant la timonerie sur la dunette, puis la cloche au-dessus
de la tortue.
10 h 00 - 11 h 00 : Rassemblement sur le spardeck pour un historique
du Belem par le Commandant himself ! Eric nous montre sur la carte maritime
notre position et la route que nous allons faire pendant la journée.
Un mouillage est annoncé à Chausey pour le lendemain ...
le contentement se lit sur les visages d'autant qu'Eric ne tarit pas
d'éloges sur l'archipel.
........................................
....
....
11 h 00 - 12 h 00 :
temps libre... je vais chercher mon appareil photo et je monte sur le
gaillard avant.
Une nappe de brume arrive à une vitesse fulgurante... on la distingue
très nettement parcourir la surface de l'eau : c'est impressionnant
! Elle nous enveloppe peu à peu, diminuant la visibilité
à environ 150 m. Nous sommes dans un nuage cotonneux qui semble
étouffer tous les bruits environnants...
12
h 00 : Absorbés par la magie féerique de la brume,
la cloche du second service nous assène les tympans. Sur le gaillard
avant on l'entend retentir ! Marcel y va énergiquement ! Sur
le coup, je crois que nous sommes un peu abasourdis, surtout les stagiaires
confortablement assis sur les enrouleurs de aussières, juste
à l'aplomb des cuisines.
Hop on prend place à table, je m'assois en face de Fred et en
moins de deux nous sommes bien entourés :o) Patrice (le Bosco)
à ma droite et en face encadrant Fred : Gwen et Hervé.
Au menu : - coquille de crabe
................- Cuisse de poulet accompagnés
de légumes variés (flageolets / carottes / haricots verts)
................- Plateau de fromages
................- Génoise à
la crème pâtissière avec morceaux de poires (un
déliiiiiiiiiiice !!!)
C'est incroyable ! il reste des parts de gâteaux ! De l'avis général
et sans besoin de vote à bulletin secret, nous conservons les
parts rescapées dans le frigo à l'étage au lieu
de remonter les restes à la cuisine (chut !) ... Ce soir on y
pensera sans problème, pas d'inquiétude il n'y aura pas
de perte :o).
13 h 20 : La brume s'est transformée en purée de
pois assez consistante pendant que nous déjeunions. Nous sommes
toujours sous voiles mais le vent est nul. Le Commandant n'avait pas
prévu cela au programme et visiblement il semble un peu inquiet
pour le programme à tenir. Cela sous entend une navigation aux
moteurs dans la soirée si le vent ne se lève pas.
Comme la mer est calme, Arnaud, sur la dunette, a jeté les lignes
par dessus bord... déjà 3 maquereaux dans son seau. On
ne voit pas au delà de la ligne à 100 mètres cette
fois.
13 h 30 : Marcel vient faire un tour sur la dunette, visiblement
intéressé par le précieux butin ! Une recette de
maquereaux se profile t-elle à l'horizon ? ... Ah, il faudrait
beaucoup d'autres prises pour sustenter 60 ventres gourmets ! 3 poissons
c'est un peu maigre.
......................
....
....
....
13
h 40 : Marcel revient avec une
ligne supplémentaire ! cette fois c'est sur, nous aurons de la
terrine de maquereaux marinée au vin blanc !
Bernard et Jean-Michel, deux stagiaires, s'installent chacun avec une
ligne de chaque côté de la barre. Visiblement le coin est
poissonneux à souhait et comme nous faisons du surplace, les
prises vont être abondantes c'est joué d'avance.
Moins
d'une heure après, un premier seau est pratiquement rempli !
Il nous en faut un second... j'assure les prises photographiques de
l'évènement ... mais d'un peu trop près : mon pantalon
est maculé de tâches de sang de poisson ! Beurk.. je file
frotter les tâches avec mon gel douche dans les sanitaires ...
plus pour ne pas sentir le maquereau et éviter de parfumer mon
caisson ...
Je remonte continuer mon reportage ... puis je me décide à
prendre une ligne pour essayer à mon tour. Bernard, un stagiaire
et Charles me montrent comment procéder... hop j'en remonte un
! Bon maintenant, il faut décrocher la bête de l'hameçon
... Charles n'a pas envie de sentir le maquereau alors je m'y colle...
pouah c'est gluant, j'en ai plein les mains... l'hameçon résiste
un peu, hop dans le seau.
Je jette à nouveau la ligne à l'eau mais sans succès
... après plusieurs manoeuvres toujours infructueuses je commence
à remonter la ligne un peu vite en saisissant le premier hameçon
fixé dessus, j'ai la présence d'esprit à temps
de ne pas serrer et l'hameçon reste juste à la surface
de mon index piqué sur l'épiderme...
Mon homologue à tribord par contre fait les frais d'un hameçon
bien planté dans sa main au point que tout l'équipage
se mobilise pour voir si un médecin fait partie des stagiaires
pour procéder à une incision car l'hameçon ne peut
être retiré à la main... l'opération s'avère
assez délicate et le stagiaire s'en sort avec un beau pansement.
Plus de peur que de mal mais tout de même. Finie la pêche
! On remballe les lignes... de toutes façon avec 84 maquereaux,
Marcel a largement de quoi faire.
Jean-Michel et moi portons les 2 seaux à la cuisine... très
belle prise tout de même ! Même avec un bon nettoyage de
mains au Cif je garde l'odeur tenace un moment.
15
h 55 : Cours de navigation théorique par le Commandant dans
le grand roof pour ceux qui le souhaitent ... je suis intéressée
puisque j'ai raté en partie celui du premier stage et que j'ai
somnolé la moitié l'autre moitié du temps.
On passe en revue les repères pour les navigations hauturière
& côtière et le pilotage. Le cours est très
instructif et j'apprends termes et techniques jusqu'alors ignorés.
Le jargon marin a ses particularités ainsi le mot "rivière"
remplace le mot fleuve, drapeau se dit "pavillon" (ça
je savais) et "aviron" remplace "rame".
J'apprends un dicton amusant :o) "Quand les mouettes ont pieds,
il est temps de virer". Eric ponctue le cours d'humour et d'anecdotes
sur ses navigations antérieures
A relever un palmarès
élogieux tout de même !
Nous avons droit à une piqûre de rappel sur la signalétique
des bouées cardinales :
.....................................
Pour mémoriser les couleur des balises
cardinales, il suffit de se souvenir que les voyants sont disposés
comme des flèches pointant vers la couleur noire :
- 2 triangles joints par leur pointes indiquent que la couleur noire
occupe le la milieu de la balise. (Cardinale Ouest)
- 2 triangles pointes vers le Haut indiquent que la couleur noire occupe
le la haut de la balise. (Cardinale Nord)
- 2 triangles joints par leur bases indiquent que la couleur noire occupe
le haut et le bas de la balise le milieu étant alors jaune. (Cardinale
Est)
-
2 triangles pointes vers le bas indiquent que la couleur noire occupe
le la bas de la balise. (Cardinale Sud)
18
h 30 - 19 h 45 : cours de matelotage avec Sébastien puis
Quentin qui prend la relève. Je maîtrise le noeud de chaise
les yeux fermés maintenant. :o) ... pour le noeud de chien, il
faut encore que je révise !
La brume se lève de nouveau subitement et nous enveloppe rapidement.le
n
20 h 00 : Second service. Fred est en face de moi, encadré
par Sébastien et Quentin.
Au menu : jambon & macédoine / lotte en sace et riz / plateau
de fromages / yaourth + les morceaux de gâteaux à la poire
farouchement conservés dans le frigo que nous nous partageons.
21 h 00 : brin de toilette et direction ma bannette en prévision
du quart de minuit à 04 h 00.
Je prends mes notes quotidiennes sur mon carnet... J'ai un léger
mal de gorge, sûrement un petit coup de froid pris sur le spardeck
ce matin lors de l'historique du Belem retracé par Eric, je crois
que j'étais en t-shirt à ce moment là. 21 h
55, extinction des feux.
23 h 45 : je dormais vraiment comme un bébé, lorsque
la voix du matelot de quart m'extirpe de mon rêve... pas assez
réveillée pour reconnaitre de qui il s'agit... mais assez
pour prendre conscience une fois mes neurones reconnectés, que
mon rêve se résumait au souhait de vouloir à tout
pris faire un stage sur le Belem.
J'ai pas pour habitude que mes rêves se réalisent en instantané
:o) ... en tout cas cela me met d'excellente humeur et je crois bien
que je suis la seule stagiaire à faire irruption dans la batterie
à minuit avec un sourire jusqu'au oreilles... les autres sont
plutôt dans le cirage, le manque de sommeil se lit sur les visages.
Nous sommes tous emmitouflés dans nos vêtements car les
nuits sont vraiment fraîches et là avec la brume de la
soirée, la nuit s'annonce humide de surcroît. Loïc
me sort une phrase qui me fait éclater de rire dans le contexte
où nous sommes : "J'ai l'impression d'aller au ski, mais
j'ai oublié mon forfait". On avale une tasse de café
avant de monter sur le pont (je crois que je n'en ai jamais autant bu
en une semaine).
Il
y a du monde sur la dunette... visiblement le quart précédent
n'est pas encore descendu dans le faux pont.
Même le Commandant est dans la timonerie.
La brume de la soirée s'est levée pour faire place à
la voûte étoilée.
Instructions de quart. Je commence la première heure à
barrer sur la dunette. Cap 170 S ... puis changement à 200 S.
Pendant que je barre, le groupe à disposition sur le pont effectue
une manoeuvre pour carguer la grande voile et la misaine.
Des feux de signalisation fixes au loin nous laissent penser qu'il s'agit
d'amers sur le contour des îles anglo-normandes.
2ème heure à la veille sur le gaillard avant... Le temps
de traverser le pont précautionnesement en tatonnant dans le
noir, un vent de brume se rabat sur le gaillard et enveloppe rapidement
le Belem dans une purée de pois consistante... c'est tout juste
si derrière nous nous distinguons la timonerie.Pour repérer
les feux de signalisation la tâche s'annonce ardue... il va plutôt
falloir tendre l'oreille à l'écoute des cornes de brume
et dans la timonerie on doit marcher au radar.
L'humidité n'est pas la panacée de ce quart que nous trouvons
interminable.
3ème heure à disposition... je fais de fréquentes
visites dans la timonerie pour regarder les instruments de bord mais
aussi pour me réchauffer un peu.
La 4 eme heure se découpe en 3 fois vingt minutes sur les différents
postes.
A 04 h 00 pour la première fois c'est non sans un plaisir dissimulé
et partagé par tous que nous regagnons notre bannette. On est
tous d'accord pour dire que le 00 h / 04 h est le quart le plus éprouvant
pour les organismes.
04
h 30 : j'éteins ma veilleuse ... 02 h 30 avant le petit déjeuner
de 07 h.
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Jeudi
20 mai 2004
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06
h 45 : Douche
07 h 15 : Petit
déjeuner
Un coup d'oeil dans le hublot de notre module pour constater que nous
baignons toujours dans une purée de pois plus épaisse
encore que la veille..
08 h 00 - 09 h 00 : Heure
de propreté du navire. Une rangée de balais est aligné
à l'avant près du mât de misaine... dommage c'est
pour le second quart dirigé par Patrice... Sébastien arrive
tout sourire avec une idée d'activité de nettoyage en
tête ... Rassemblement sur la dunette pour un grand lessivage
des balustres. Distribution d'éponges dans la bonne humeur !
et hop nous voilà avec un seau avec un contenu recouvert de mousse
abondante. Sébastien a du mettre un volume d'eau pour trois volume
de saint-marc !!! :o) ... à force c'est limite corrosif on a
les mains rouges mais les balustres, elles, sont bien décapées.
Je passe le jet pour les rincer... Sébastien poursuit avec un
tuyau d'arrivée d'eau (de mer) plus puissant pour évacuer
la mousse ... et re-coup de jet pour rincer à l'eau douce après
coup.
09 h 30 - Toutes
les voiles sont carguées.
09 h 40 - L'ancre
est jetée, on se retrouve au mouillage. Un coup de corne de brume
retentit, histoire de signaler notre présence.
10 h 00 - Diverses activités et ateliers sont mis en place
pour occuper le temps ... Dont l'occasion de visionner un film sur la
vie à bord du Peking dans le Petit Roof. En sortant après
la diffusion du film, nous apercevons la nageoire dorsale d'environ
cinq dauphins à tribord... trop loin pour que les photos donnent
un résultat intéressant mais satisfaction tout de même
d'avoir assister à la scène.
11 h 00 - Repas
au premier service
Au menu : feuilleté saucisse / rosbeaf - frites / plateau de
fromages / génoise au chocolat.
12 h 00 - 13 h 00 - La
brume se lève un peu, et les contours de la Grande Île
de Chausey se dessinent sous nos yeux. La silhouette de la Cancalaise
se devine ...Puis la bisquine de Granville apparaît à son
tour ... ainsi que le Lys Noir... Un festival de gréements traditionnels
pour notre plus grand émerveillement !
13 h 30 - Eric nous réunit sur le spardeck pour nous annoncer
notre débarquement sur Chausey... la brume semble vouloir se
lever et le zodiac va donc être mis à l'eau.
...................................... ......
......
..................................................Aux
abords de Chausey ... le Belem tel un fantôme dans la brume ...
apparition de la Granvillaise et du Lys Noir
14
h 45 : Escale
à Chausey
C'est Eric, le Commandant du Belem en personne qui assure les navettes
en zodiac et le débarquement sur la Grande Ile.
On sent la passion qui l'anime pour cet archipel haut en couleurs. Il
nous le dépeint comme un paradis sur terre.
Nous avons les faveurs du ciel avec nous. Alors que la brume épaisse
a flirté avec les côtes une bonne partie de la fin de matinée
et en tout début d'après midi... le ciel s' éclaircit
dès la mise à l'eau du zodiac... nous laissant percevoir
une palette de couleurs à rendre jaloux n'importe quel peintre
maritime... ou joaillier : des perles de malachite sur un écrin
de lapis lazuli et de turquoise...
Eric a raison ... cela doit être cela le paradis !! :o)
Doublement récompensés nous sommes !! C'est le jeudi de
l'Ascension et bon nombre de voiliers sont en mouillage. Les quatre
vieux gréements "Cancalaise", "Granvillaise",
"Lys Noir" et "Charles Marie" sont côte à
côte en enfilade ... le zodiac ralentit à leur niveau ...
Le Commandant doit se faire plaisir à chaque débarquement
de stagiaires à contempler les bisquines. Une mini Armada avant
Douarnenez 2004 où je vais me rendre en juillet... :o)
...................... .....
....
...
Le ponton en bois est glissant... tapissé d'algues et de vase.
Normal, à marée haute il est entièrement recouvert
par la mer.
Nous nous éparpillons... je reste avec Frédéric.
Tous les autres se dirigent vers les quelques habitations et boutiques
apparentes de l'île. Evidemment la boutique / restaurant est bien
en vue dès le débarquement... histoire d'appâter
le touriste... faut bien faire marcher le commerce.
Fred et moi décidons de prendre l'île par la gauche pour
surplomber les vieux gréements et tenter d'apercevoir le Belem
au mouillage. La Cancalaise a gardé sa voilure déployée
et la blancheur de ses voiles tranche sur le camaïeu de bleu turquoise.
Nous poussons jusqu'au phare dont l'accès n'est pas public...
nous le contournons par la gauche et descendons dans un semblant de
jardinet surplombant les rochers et nous offrant une vue sur le Belem
mouillant au large.
Nous ne tarissons pas d'éloges une nouvelle fois sur sa silhouette
... décidément ce bateau est fascinant sous toutes ses
coutures. Une certaine fierté nous envahit à la simple
pensée que nous avons la chance de naviguer dessus. Il y aurait
donc un effet "Belem" ? :o)
Nous retournons sur nos pas pour visiter le reste de l'île...
au loin la nappe de brume naissante laisse présager que nous
allons bientôt nous retrouver dans une purée de pois...
Chose fait en un laps de temps très court... Quelle satisfaction
d'avoir pu faire toutes les photos des gréements à temps
!
Nous croisons certains de nos colocataires maritimes qui viennent de
succomber aux gaufres chocolatées du restaurateur local.
Gaufre ou photos ? ma gourmandise n'a pas pris l'ascendant sur mon enthousiasme
photographique sur ce coup là ... et puis la cuisine de Marcel
et de Patrick n'a d'égal en qualité qu'en quantité...
N'empêche pour les photos maintenant que la brume est tombé
c'est plutôt raté pour les clichés de gréements...
ah gourmandise quand tu nous tiens, tant pis pour ceux qui n'ont pas
su résister ! :o)
Nous nous dirigeons à l'autre extrémité de l'île
pour joindre le port... La petite église bordée d'ajoncs
dorés perchée sur un semblant de colline est fermée
à la visite... dommage. Sans être une férue de religion,
j'aime à visiter les lieux pieux... Je fais 2/3 photos de l'extérieur.
..............
...
..
...
Le petit port est en vue ... brumeux à souhait, découpant
des coques de bateaux de façon fantomatique... un cliché
à faire m'interpelle... Je m'aventure sur la grève de
galets, d'algues vertes, de goémon ... mais le sable s'avère
plus meuble que je le pensais... un peu vasière en fait... Avec
une gestuelle peu académique, j'arrive à mettre ma photo
dans "la boite".
On poursuit la visite de l'île par les sentiers intérieurs
cette fois... le fort se profile à l'horizon sous de grands arbres
à la silhouette découpée et dont la cime disparaît
par intermittence dans la brume. Atmosphère mystérieuse
à souhait... que n'aurait pas rechigné le mélancolique
Chateaubriand s'il était encore de ce monde.
Il faut surveiller les horaires... nous devons regagner le Belem entre
18 h et 19 h à cause des marées. Direction le petit bourg,
tant est qu'on puisse le qualifié de bourg,... Une belle maison
aux volets bleues mérite une photo. Lui est accolée la
demeure de Marin Marie. Une barque bleue posée nonchalamment
devant la barricade semble de son pimpant défier les volets du
presque même bleu.
La brume se lève d'un coup ... laissant percer les
rayons chaleureux du soleil et découvrant par la même occasion
tous les îlots alentours. Une mosaïque de couleurs s'étalent
sous nos yeux émerveillés... Nous retrouvons quelques
stagiaires à proximité du ponton. C'est Bernard, le Second
Capitaine qui assure les navettes du retour. Je laisse partir un premier
zodiac... Le zodiac ne peut pas nous récupérer sur le
ponton à cause des navettes touristiques qui encombrent les lieux,
je repense en souriant au terme employé par José les qualifiant
de "promène-couillons"...
L'appareil photo bien cadré sur la bouée cardinale jaune
et noire du chenal de Sound, j'attends qu'un voilier sous voile passe
dans l'axe pour déclencher...
Bernard est de retour, cette fois on embarque... à l'extrémité
ouest du ponton.
Les sensations en zodiac sont toujours de grands moments grisants !
j'adore ! Vitesse, soubresauts, embruns... Echelle de corde le long
de la coque noire ... et hop de retour sur le pont... décidément
on y prend goût à ces sorties en zodiac.
Une après-midi
sympathique de tourisme sur la terre ferme qui ajoute une île
merveilleuse à mes connaissances ! Je suis ravie.
Patrick et Marcel
donnent de la voix dans la cuisine... il est près de 18 h 30
... et la préparation du punch a pris du retard.
Le dernier zodiac apponte le Belem et la plupart des matelots sont présents
dedans... ce qui explique l'agacement des cuistots...
Le punch se prendra sur le spardeck et la table n'est pas encore dressée...
De plus Fred et moi sommes du 1er service ce soir... je prends de l'avance
en mettant le couvert dans la batterie.
Je remonte sur le pont et rejoins Nicolas et Fred dans le grand roof...
la boutique est ouverte... je prends un mug estempillé "Odyssée
du Belem" ... disons que c'est plus en souvenir du mug 57 dont
je me sers pendant le stage que pour l'article lui même.
Le punch est déjà entamé sur le spardeck ... Eric
s'avance et me tend un verre de "médicament". Je hume
le parfum du punch, Marcel a du encore avoir la main lourde sur le volume
de rhum ! ... la dernière fois j'ai eu l'impression d'être
pompette à la descente de mon verre.
Cette fois ça va... ça chauffe toujours un peu le gosier
...mais ça va ... déjà l'accoutumance ?? :o)
Je vais discuter
un peu avec Marcel... Je fais plus ample connaissance avec Sylvain et
son père Pierre dont j'apprends qu'ils seront du stage Saint-Malo
/ Saint-Malo... cool, pas facile de localiser les 8 stagiaires enchaînant
les 2 stages...
Nous sommes tellement nombreux sur le stage Brest - Saint Malo qu'il
est difficile de lier connaissance avec tout le monde, d'autant que
certains sont venus en petits groupes d'amis et en famille et ne se
mélangent pas forcément aux autres. Il est vrai aussi
qu'étant du même tiers et de service en même temps,
Fred et moi "rescapés" du 1er stage Saint Nazaire -
Brest (ou redoublants comme se plait à dire Eric), nous sommes
restés quasi inséparables pendant le 2ème stage.
Normal aussi il est vraiment super sympa Fred !
Le Lys Noir vient tutoyer le Belem à babord, Eric envoie un coup
de corne de brume pour le saluer amicalement... le Lys Noir nous répond
à son tour... de telles complicités sur mer entre les
bateaux contribuent à mettre une ambiance chaleureuse.
18 h 50 -
Je suis de service au repas ce soir avec Fred et François. Je
vais faire doublement attention ce soir à cause du punch !!!
descendre les échelles de coupée entre la cuisine sur
le pont principal et la batterie à l'entrepont avec les plats
chauds à bout de bras
ça s'annonce peu académique
:o) ...par chance nous sommes au mouillage mais moi le punch va quand
même me faire tanguer !
Voilà tout est prêt reste à attendre la cloche annonçant
le service... Nous sommes tous les 3 postés devant la cuisine
pour réceptionner les plats... Marcel et Patrick s'activent derrière
leurs fourneaux.
Waouhhhh surprise nous avons droit ce soir à la recette de Marcel
!!! Les 84 maquereaux sont cuisinés au vin blanc et aux petits
légumes
et copieusement arrosés de jus.
Houlà les plats sont bien remplis... Fred, François help...
c'est prendre des risques que de me laisser descendre l'entrée
:o)
Nous avons ensuite
du choux fleur gratiné pour accompagner une côte de porc
/ suivent le plateau de fromages et les corbeilles de fruits.
Nous devons nous activer pour débarrasser et laisser place
nette pour le second service. La vaisselle nous attend dans la cuisine
et en plus ce soir nous sommes de quart de 20 h 00 à minuit
! Enfin je vais pouvoir participer à ce quart que je n'ai pas
encore eu le loisir de faire... la dernière fois il a été
supprimé en raison du mouillage à Ouessant... Nous sommes
pourtant au mouillage mais comme nous avons fait escale toute l'après
midi sur Chausey, sur la proposition d'Eric de profiter des vents
pour faire de la navigation de nuit... nous ne nous faisons pas prier
:o)
On s'active dans la cuisine, le lave-vaisselle puissant tourne en
2 minutes et demi à chaque lavage ! du jamais vu !!! pas le
temps de flâner pour essuyer ... qu'il faut vider et remplir
les paniers avec assiettes, plats et couverts... mais ce n'est jamais
une corvée à bord du Belem plutôt un moment animé
et convivial en compagnie des deux cuisiniers.
On se prépare à faire un départ sous voiles...
c'est l'effervescence, on attend de participer aux manoeuvres avec
une impatience non dissimulée.
Sur le gaillard avant, une partie de l'équipage se prépare
à l'appareillage autour du guindeau, des matelots sont dans
la mâture pour dérabanter les voiles.
Nous attendons les instructions du Bosco... Nous allons établir
la voilure dans le soleil couchant ... quel spectacle de voir les
voiles se teinter d'une couleur de miel blond sous les rayons rasants
du soleil !
Après les manoeuvres, je passe une majeure partie de mon quart
sur la dunette arrière avec quelques passages à la timonerie
pour me réchauffer un peu ... je n'ai pas eu la présence
d'esprit de me couvrir autant que pour les quarts de nuit... je suis
frigorifiée pendant la dernière heure si bien qu'à
minuit moins le quart je descends dans ma bannette à moitié
congelée... en plus les 4 heures de sommeil de la veille se
font durement ressentir. Je vais pouvoir faire une nuit complète
jusqu'à 07 h 00 !
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Vendredi
21 mai 2004
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06
h 45 : Douche / 07 h 20 - Petit
déjeuner
Les stagiaires préparent leurs sacs ... l'arrivée à
Saint Malo est prévue pour 11 heures.
08 h 00 : Heure de propreté du navire. Je suis sur le pont
pour le fourbissage des cuivres. Je vais retrouver le cabestan à
l'avant de la dunette, devant la timonerie pour le faire de nouveau
briller.
Le temps est couvert ce matin. La mer est pratiquement couleur ardoise
et le fond de l'air frais malgré le fourbissage énergique
des cuivres.
Nous effectuons ensuite quelques manoeuvres.
A 10 h 00, le pilote monte à bord pour nous guider dans
le chenal de Saint Malo.
11 h 00 : Le deuxième stage se termine me projetant dans
la même configuration que le précédent : voir les
stagiaires débarquer pour d'autres horizons moins maritimes,
retour aux activités professionnelles sur la terre ferme... pointe
de nostalgie naissante...
Cette fois nous sommes 8 stagiaires à enchaîner sur le
stage suivant, le n°9 bis ou n°33 administrativement sur les
contrats. Deux jours supplémentaires proposés à
un tarif préférentiel aux stagiaires de Brest-Saint Malo.
On apprend que c'est grâce au désistement d'une entreprise
que ces 2 jours de plus sont possibles ! Je bénis cette société
sans pourtant en connaître le nom :o)
Je n'ai pas encore identifié la totalité des 7 "redoublants"
qui m'accompagneront. Je sais qu'il y a Sylvain et son père Pierre
qui sont tous deux d'une gentillesse incroyable, Sylvie une vraie pile
mille volts qui ne tient pas en place :o), Marjolaine et son ami, stagiaires
récidivistes... bref il m'en manque un à l'appel...
Le Belem est à l'heure une fois de plus. Quai Vauban au pied
de la Cité Corsaire de Saint Malo. Là où l'année
précédente je l'ai croisé pour la première
fois (c'était le 9 juin je me rappelle encore cet instant inoubliable).
De quoi être émue à nouveau, aurais-je pensé
un instant à l'époque que moins d'un an après je
naviguerais à son bord ? La passerelle pour accéder au
quai est posée et stabilisée, le défilé
des stagiaires va commencer... Une foule assez dense de badauds curieux
et les familles surtout sont là.
Tout le monde est en effervescence sur le pont, paré de couleurs
multiples avec les bardas des uns et des autres...
Le pont se vide peu à peu et les retrouvailles vont bon train
sur les quais... Une adorable petite fille blonde court se jeter dans
les bras de son papa. Un tableau attendrissant : Eric retrouve sa petite
Juliette.
Quelques
familles en profitent pour faire un tour à bord et voir comment
ont vécu leur(s) proche(s) à bord...
12 h 15 : Nous décidons d'aller déjeuner en petit
comité : Sylvain, Pierre, Sylvie, Fred (qui a un peu de temps
avant de prendre son train pour Paris) et 2 autres stagiaires qui ont
eux aussi fini le voyage... Après un détour par le quai
pour admirer le Renard (réplique du bateau de Surcouf), nous
gagnons la cité intra-muros et jetons notre dévolu sur
une pizzeria au pied des remparts. Le restaurateur est sur la sellette
! Nous sommes habitués à une cuisine excellente à
bord du Belem et nos papilles sont maintenant telles un guide Michelin
près à la critique :o) L'honneur de la pizzeria est sauf,
le crumble en dessert a même un goût de trop peu... on se
remémore les souvenirs de stage à table évidemment,
comment faire autrement !
Un petit tour sur les remparts pour admirer le Belem ... dernières
photos pour Fred. Je m'amuse à cadrer la statue de Duguay Trouin
avec les mâts du Belem ... Pauvre Duguay Trouin ! Je l'affuble
d'une canne blanche avec le mât de misaine (c'est joueur un photographe
parfois ! ;o). On croise Françoise sur les remparts, perdue dans
ses pensées, elle non plus n'arrive pas à détacher
son regard du bateau... Plus loin c'est Philippe et sa maman qui rejoignent
un temps notre petit groupe. Je me rends compte que j'ai très
peu eu l'occasion de discuter avec Philippe pendant le stage il a un
petit look aventurier dans sa tenue... assez photogénique je
dois dire. J'ai eu plus d'occasions de discuter avec sa charmante maman
par contre. Je m'aperçois qu'on a perdu Sylvie en chemin.
C'est l'heure du départ qui sonne pour Fred, je lui souhaite
bon vent pour ses vacances. Le veinard, il part pour Saint Domingue
dans la foulée. Nous nous retrouvons plus que Sylvain et moi
au pied du Belem, Pierre ayant rejoint sa bannette pour se reposer un
peu. On décide de contourner le Bassin Vauban pour prendre le
Belem en photo du quai d'en face... mais les quais de commerce ne sont
pas accessibles au public, on revient donc sur nos pas pour entreprendre
une visite de la Cité Corsaire en commençant par le Môle
des Noires. La vue des remparts du bout de la jetée m'est plus
que familière mais je ne m'en lasse pas. Vient ensuite l'inconditionnel
tour des remparts avec le panorama sur les îlots... c'est marée
basse et le week end prolongé fait fourmiller les touristes sur
la plage et aux terrasses des cafés. D'ailleurs on se pose quelques
instants à l'une d'elles pour un rafraîchissement mérité.
Le soleil tape et le ciel azur est estival... envie de farniente.
Il est près de 17 h 00. Nous regagnons le Belem.
Nicolas descend dans la batterie pour récupérer les mugs
pour un petit tour en lave vaisselle. Je propose de l'aider. Avec Sylvain,
on sélectionne ensuite les n° des mugs gagnants pour le prochain
stage pour les aligner ensuite sur le comptoir du grand roof. On s'y
est pris comme des manches sans suivre l'ordre établi de la liste
des stagiaires (bon ok c'est ma faute, j'avoue)... Pierre nous prête
main forte.
On discute un peu avec Arnaud, qui est de quart ce soir pour accueillir
les nouveaux stagiaires... consigné à bord, dommage il
ne pourra pas faire un tour dans Saint Malo mais me conseille la crêperie
sur les remparts. Nicolas par contre propose de nous rejoindre après
le service de l'équipage.
Ayant récupérer Miss Sylvie, entre temps partie faire
des rouleaux de pellicules photos un peu partout, nous repartons intra-muros
à quatre : Sylvain, Pierre, Sylvie et moi. Sylvain et moi cédons
à un bain de pieds sur la plage face au Grand Bé... l'eau
est un peu fraîche mais bonne...et puis on ne vient pas en Bretagne
sans faire trempette quelles que soient les conditions météorologiques...
quelques photos supplémentaires en boite et on gagne les remparts
pour s'installer en terrasse de la crêperie devant un panorama
de rêve et en plus un magnifique coucher de soleil se profile
pendant le repas. C'est la belle vie ! Que demander de plus ! Saint
Malo, des crêpes dans l'assiette, du cidre blond dans les verres
et le Belem comme hôtel ce soir ! On réalise la chance
unique que l'on a. La carte nous fait sourire de par les appellations
de ses menus, d'ailleurs Sylvain se laisse tenter par une "Couillon
du Rocher"... On en demande la signification à la serveuse
histoire de se cultiver un peu et il s'avère qu'il s'agit d'un
rocher sur un des îlots à l'entrée du chenal de
Saint Malo.
Nicolas nous rejoint sur les coups de 22 h 00. Il commence à
faire frais en terrasse malgré les 2 lampes "grille-moustiques"...
On décide de se trouver un petit pub branché sympa pour
se réchauffer un peu... on suit le Lieutenant qui semble mieux
connaître les lieux que nous.
Effectivement on se retrouve dans un pub avec une belle déco
et de la bonne musique.
Sylvie et Sylvain se laissent tenter par un vin chaud, ne sachant pas
quoi prendre je me laisse guider par Nicolas qui me conseille une Coreff
blonde (une bière légère de Morlaix, Pierre choisit
de même je crois. En temps normal, je ne bois jamais de bière
parce que le goût ne m'attire pas particulièrement... Je
dois dire que là je suis agréablement surprise par la
saveur de la Coreff bien équilibrée au goût un peu
amer mais désaltérant... En fait, en Bretagne tout est
bon :o)
Il est temps de regagner le Belem, il est pas loin de minuit... La mâture
est illuminée par les projecteurs comme à chaque escale...
je tente deux photos mais sans trépied là c'est la cata
:o( . Arnaud est fidèle à son poste derrière le
comptoir du grand roof... je descends chercher mon contrat de stage
pour le lui remettre.
Nicolas
et Sylvain discutent près de la passerelle,... alors que je m'apprête
à descendre à ma bannette, Nicolas me lance un "alors
petite joueuse !"... OK, je comprends qu'ils m'attendent pour refaire
un tour intra muros... Je file rechercher une épaisseur de polaire
supplémentaire et ni une ni deux je suis de nouveau sur le pont...
C'est pas tous les jours qu'on est avec des gens qu'on apprécie,
sur le Belem et qui plus est à Saint Malo ... alors autant profiter
des moments présents... se fabriquer des souvenirs impérissables
:o)
Visiblement
mes 2 acolytes semblent décidés à faire un tour
à la Rhumerie. Houlà... la soirée n'a jamais été
si arrosée pour moi... cidre avec les crêpes, une Coreff
et maintenant un petit verre de rhum-banane... Vais-je retrouver le
Belem, la passerelle d'accès, ma bannette ??? :o) Et ben finalement
tout va bien, j'ai même pas la tête qui tourne ... les punchs
de Marcel ont du m'acclimater ces derniers jours :o) ... par contre
je ne suis pas partante pour la deuxième tournée, je n'accompagne
pas les garçons avec un autre verre aussi petit soit-il. Le décor
de l'endroit est un peu kitsch... les teintures peintes appliquées
sur les murs ressemblent aux chemises d'Antoine :o) ... le bruit est
assez assourdissant et on est obligé de parler assez fort et
assez près pour s'entendre. Je pose des questions à Nicolas
sur le ressenti des différents stages. Sylvain nous parle un
peu de son travail d'animateur de l'éducation national... A 01
h 00 du matin passée, on regagne le Belem... à 1 h 30
bien lovée dans mon sac de couchage je m'endors comme un bébé
sur les souvenirs de cette agréable journée... plus que
2 jours...Ah, j'ai toujours la fâcheuse manie d'effectuer un décompte
des jours voire des heures qui restent ... Sylvain m'a repris à
plusieurs fois quand je l'évoquais ... Alors Myriam n'y pense
pas ! profite... !
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Samedi
22 mai 2004
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07
h 00 : Petit déjeuner / 07
h 30 : douche
De nouvelles têtes ce matin, nous avons effectivement embarqué
de nouveaux stagiaires... Vu l'horaire tardif auquel nous sommes rentrés
ce matin avec Nicolas et Sylvain, nous n'avons pas eu le temps de faire
connaissance. Nous seront 35 sur ce stage... Au niveau affluence dans
la batterie au petit déjeuner, 13 personnes de moins ce n'est
pas négligeable... au moins on a un bout de banc pour s'asseoir
devant son bol de café :o)
09 h 00 : Léquipage sactive dans la mâture
à rabanter les voiles. Nous subissons les effets d'une brise
d'Est-Nord qui nous plaque le long du quai. La manoeuvre d'appareillage
ne va pas être aisée. Heureusement nous avons recours à
un remorqueur ... Eric, prévoyant, lavait réservé
la veille. Nous mettons plus de temps que prévu, et lorsque nous
nous présentons enfin devant l'écluse, celle-ci se referme
pour laisser passer la circulation routière... C'est laborieux
ce matin. Pour courronner le tout, nous jouons de malchance ! Le Commandant
nous relate les déboires subis "une pièce mécanique
sest engagée dans le système de la barre, faisant
reculer lensemble, et la barre à roue est cassée
net, venant en butée sur les caillebotis
!!"
... Nous faisons une entrée périlleuse dans l'écluse,
poussés par les vents mais tout l'équipage mobilisé
maîtrise la situation.
Une fois le Belem stabilisé dans l'écluse, nous avons
le traditionnel speech de bienvenue et la présentation de léquipage
par le Commandant (3ème
édition pour moi). Eric nous annonce que le programme est revu
en raison des problèmes survenus : nous allons partir au moteur
et mettre cap sur Chausey où nous ferons escale cet après
midi pendant que léquipage réparera la barre.
Si la réparation réussie la barre sera opérationnelle
pour faire de la navigation dimanche
comme nous ne rentrons que
pour 19 h à Saint Malo, nous aurons le temps de faire quelques
manuvres et virements de bord. Le programme annoncé, Bernard
prend un relais rapide pour les délivrer les consignes de sécurité
et prodiguer lexercice dabandon avec les brassières
dans le Grand Roof.
Pas facile avec les 3 journalistes caméramen embarqués
sur le stage dautant que le plafond nest pas très
haut
quelques bosses sont à dénombrer mais le matériel
semble plus résistant que les têtes :o).
Nous sommes un peu impressionnés d'avoir un journaliste de TF1
(en vu d'un 3 minutes au 13 h pendant Brest 2004) et 2 journalistes
du magasine Voiles et Voiliers pour l'édition d'un DVD comprenant
un 13 minutes sur la vie à bord du Belem.
Nous sommes dispensés du signal sonore à la corne de brume
pour ne pas perturber la quiétude du port de Saint Malo
Déjà
que nous sommes tous enfermés en gilet de sauvetage dans le grand
roof, le navire serré dans une écluse
cest
pas la peine dajouter du ridicule à la scène ;o)
Nous partons
Eric, Bernard et le pilote sont juchés sur le toit de la timonerie
aux commandes hydrauliques automatiques pour sortir du chenal
Le vent est fort (de force 6 à 7) et la mer agitée, lécume
se forme sur les vagues dun bleu profond
cest superbe
pour en profiter
pleinement je suis allée sur le gaillard avant rejoindre Nicolas
à la veille, talkie-walkie en main pour communiquer avec larrière
du bateau.
Lopération de récupération du pilote sur
la navette est périlleuse à voir mais tout se passe pour
le mieux avec la maîtrise et lexpérience du métier.
C'est néanmoins le souffle coupé que je surveille la cascade.
Cap
sur Chausey
sans la barre qui est démontée et portée
à lavant du navire vers les ateliers
le dommage causé
est quand même sérieux
et cela fait mal au cur
de la voir endommagée ainsi
Elle date de 1914 tout de même
Les conditions météo sont à lidentique
la houle est soutenue et pratiquement tous les stagiaires ont disparu
du spardeck
on annonce des malades à bord
Moi, je n'ai jamais été aussi bien (quand je dis que je
suis montée à l'envers ;o) ...je reste sur le gaillard
avant pour profiter du spectacle
Sylvain aussi
Hervé,
Maho et Charles sont là à la veille.
La proue se lève, retombe et fend lécume
on se prend aussi quelques embruns assez pour être gentiment aspergé
Moi en tout cas je trouve ça super
un peu de mouvement pour changer, de quoi finir en beauté :o)
On est que 3 stagiaires à lavant
où sont
passés les autres ? Visiblement on a pas les mêmes appréciations
sur la météo du jour.
11 h 00 : le premier service est annoncé
la descente
des plats va sûrement savérer folklorique
je
suis du second service
Sylvain aussi mais il part déjeuner
au premier pour remonter au plus vite sur le pont
Je préfère
rester et profiter maintenant des conditions extérieures.
Dailleurs je fais bien
une accalmie semble sopérer
pour le second service
les moteurs ont du faiblir lallure
12 h 00 : pratiquement pas de gîte
pendant le repas
les mugs glissent un peu sur la table tout au
plus.
Au menu :
- saumon fumé & terrine de saumon
- gigot et légumes (haricots verts, flageolets et pommes dauphines)
- plateau de fromages
- génoise à la crème de framboises.
15 h 00
Il fait vraiment un soleil radieux mais tout de même le fond de
lair est frais sur le Belem
Le zodiac est mis à leau
pour notre
débarquement sur lîle
Avec Sylvain et Pierre,
on attend pratiquement le dernier zodiac en partance sur Grande Île
Je monte sur la dunette pour regarder Chausey avec les jumelles de la
timonerie
il y a du monde sur la plage. Visiblement les criques
sont à labri du vent là-bas
Inutile de sembarrasser
de veste, la polaire, un pull léger et un t-shirt feront laffaire.
Nous embarquons dans le dernier zodiac piloté par Nicolas, Arnaud
nous rejoint (pour une fois quil nest pas de service pendant
les escales !).
Arrivés au débarcadère, nous empruntons un sentier
côtier et contournons Grande Ile par la gauche pour apercevoir
le Belem au mouillage au large
Léquipage doit être
déjà entrain de saffairer sur la réparation
de la barre.
.......................................................... ...................

......................................................................................Le
Belem au mouillage.......................................Les
beautés de l'île de Chausey
Pendant quArnaud et Sylvain prennent les
chemins de traverse pour joindre la crique abritant la plage, jaccompagne
Pierre sur le sentier qui surplombe le chaos de rochers en contrebas,
là où se sont aventurés les garçons.
A cette saison, lîle est recouverte de fleurs diverses et
variées aux couleurs infinies
les ajoncs dominent de leur
teintes dorées
une exaltation de sens. Nous sommes dans
un jardin pictural extraordinaire avec un semblant de lagon turquoise
en toile de fond.
Nous faisons la jonction des chemins avec Arnaud et Sylvain pour joindre
ensuite la direction du port en coupant au travers de lîle
Pierre nous abandonne pour se reposer un peu. Nous poursuivons à
3 notre visite
Notre idée de passer par le sable ne savère
pas la meilleure solution
une vraie pataugeoire glissante où
il faut tenter dadhérer plutôt aux paquets de goémon
On rebrousse chemin en escaladant les rochers pour se retrouver sur
un petit promontoire qui nous offre une superbe vue à 180 °
au beau milieu des ajoncs
Notre repère aboutit en contre
bas dans le jardin dune brave et sympathique dame qui semble avoir
lhabitude de trouver des touristes perdus sur sa propriété
nous nous confondons en excuses et lui souhaitons une bonne journée
Nous
croisons Marjolaine et un petit groupe de stagiaires qui nous conseillent
de continuer notre chemin pour voir un amas de roches qui ressembleraient
à un éléphant
On a beau eu le chercher on
la jamais trouvé
on a plutôt eu limpression
davoir vu une silhouette de dromadaire avec cependant beaucoup
dimagination.
Notre intérêt se porte plutôt sur deux épaves
de bateaux jonchées sur le sable
Ce cimetière marin
prend lapparence de carcasses de baleines échouées
la plus triste fin que puisque connaître un navire... et en même
temps ce spectacle est superbe et saisissant.
............................................................................................
..................................................................................................................................Epave
de bateau
Il est 17 h 30 passées, il nous
faut rejoindre lembarcadère pour les horaires du zodiac
nous longeons une grève sauvage qui doit faire le
bonheur des ornithologues,
plus loin un petit étang discret
parmi les roseaux
Nous passons devant le fort pour regagner les
habitations en contrebas
Pierre nous attend
il nest
pas tout à fait 18 h 00 et notre groupe de stagiaires
est assez important devant lembarcadère pour faire plusieurs
aller-retours de zodiac
Nous avons le temps de prendre un rafraîchissement
en terrasse.
Cest Bernard qui vient nous récupérer pour nous
ramener sur le Belem.
Nous embarquons avec Bruno, le journaliste de TF1qui propose de filmer
une séquence mais sur les conseils de Bernard la caméra
reste sous sa protection plastique
et une caméra de sauvée
! une !
Utiliser le matériel dans une telle embarcation,
peu stable, avec 6 personnes à bord est beaucoup trop hasardeux
pour du matériel sophistiqué et fragile.
A bord, léquipage
sactive déjà dans le Grand Roof pour le service
du traditionnel punch. Lappel est lancé pour la dégustation
du « médicament ». Lorsque jentre dans le Grand
Roof je reste impressionnée par la vision de la barre fixée
à plat sur des tréteaux et serrée de part et dautre
par des étaux. Ebahie, je lâche un « waow ! impressionnant
! ». Le Commandant à côté de moi sen
amuse et répète « impressionnant hein ! »
bah oui il y a de quoi quand même :o)
....................................................
.. ..

.........................................................................................
.............................Avarie
réparée et traditionnel punch
On trinque à léquipage, au stage et à la
réparation de la barre qui va nous ramener à bon port
demain. La réparation est impeccable cest tout juste si
on voit lavarie
léquipage a vraiment fait
un travail dorfèvre !
Le punch se poursuit sur le pont pour profiter de plus despace
Séance photos sympa avec Gwen, Arnaud et Nicolas
Hervé
commence à entonner des chants marins
repris en chur
par léquipage
...........................................................
.. ..
......................................................................................................................heu...
ça c'est pendant le punch...
La cloche du repas nous interrompt dans cette bonne humeur
ce
soir un seul service
Hervé à ma gauche, Gwen en face
et Christophe à sa droite
Nous avons droit à :
- une soupe marocaine (Christophe qui fait le service à table
me remplit le bol à ras bord
ça va il ny a
pas de gîte nous sommes au mouillage) / lotte en papillote et
riz en sauce / plateau de fromages / fruits.
Tout le monde coopère pour débarrasser
Ce soir ceux
qui le souhaitent peuvent retourner sur Chausey
Jaide Sylvain
à la vaisselle dans les cuisines bien que je ne sois pas de service.
José fait le pitre et embête Patrick
quelle ambiance
dans cette cuisine toujours animée :o) Mais un seul repas cest
deux fois plus de vaisselle
ça nous semble interminable
ce soir à tout essuyer ! Pauline nous donne un coup de main pour
redescendre la vaisselle dans le faux pont
en plus des assiettes
cest vrai que nous avons les bols du potage !
Du coup, nous partons
dans le dernier zodiac pour nous rendre sur l'île
pour lambiance
cest pas plus mal puisque nous sommes avec Gwen, Agnès,
Quentin, Nicolas et Arnaud au pilotage
pour lambiance seulement
car nous ratons copieusement notre départ à trop chahuter
et nous nous prenons une vague de plein fouet
je suis assise
à lavant et littéralement trempée de la tête
aux pieds
tant pis
au fond cest plutôt drôle
(je l'aurai pris mon bain de mer ! :o)
et avec la vitesse et les
bonds du zodiac à vive allure pas le temps de sentir le froid
trop cramponnée
surtout ne pas lacher :o)
Cest marée haute et lembarcadère est complètement
recouvert
on doit accoster vers une jetée
cest
un peu folklorique car il faut
débarrasser la jetée des barques qui lencombrent.
José et une autre partie de léquipage rentrent déjà
se plaignant que les habitants de lîle sont inhospitaliers.
Il a pas tort José ! On essuie nous aussi des refus des deux
aubergistes. Gwen a beau dire que nous sommes pas des touristes mais
lEquipage du Belem
pas de régime de faveur
Tant pis
nous
improvisions une petite visite pratiquement nocturne
Agnès,
Gwen et Quentin se prennent en photo bruyamment sur la plage :o)
Gwen est impressionnant : toujours dhumeur enjouée et débordant
dénergie ! :o) il n'arrête pas, avec lui l'ambiance
est assurément bonne.
Sylvain sur son rocher au bord de leau médite
Nicolas
assis dans le sable est plongé dans ses pensées
et moi sur mon rocher je regarde au loin la mâture du Belem sous
les projecteurs
et léclat blanc du phare de Chausey
C'est la dernière fois que je peux le contempler ainsi...
Demain cest le retour
jai le vague à lâme
je crois bien que dautres aussi
Nous regagnons avec Nicolas et Sylvain le lieu dembarquement,
les deux journalistes de Voiles et Voiliers sont assis sous les fenêtres
d'une maison aux abords de la jetée et discutent
sûrement
du montage de leur reportage... nous ne les dérangeons pas.
On entend le moteur du zodiac sapprocher, pas de Robinsons ce
soir cest bien Arnaud qui revient nous chercher
:o)
Après avoir encore bavardé avec Sylvain sur le pont et
le spardeck lors de la remontée du zodiac sur le bateau
je décide daller prendre une bonne douche avant de dormir
il est 00 h 15
mais jai limpression dêtre
un poisson en croûte de sel à cause de mon bain de mer
improvisé dans le zodiac.
00 h 35
je suis dans ma bannette
quelques notes
jéteins
ma veilleuse pour une bonne nuit de sommeil
près de 6
h 30 ! un luxe que je ne métais pas accordée depuis
quelques jours :o)
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Dimanche
23 mai 2004
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07
h 00 -
Petit déjeuner
07 h 30 - Douche, suivi de la préparation du paquetage...
aujourd'hui c'est le dernier jour à bord et je sens que j'ai
déjà le moral qui en prend un coup.
Je suis et j'ai toujours été comme ça... j'enclenche
un décompte des heures qu'il reste lorsqu'un évènement
approche de la fin... c'est plus fort que moi.
Je roule mon sac que couchage que j'enfourne dans mon sac...Evidemment,
le sac ne ferme pas ! Bon c'est vrai que j'ai fait quelques emplettes
à la boutique... mais le temps est aussi plus clément
qu'au départ de Saint Nazaire et il faut bien faire rentrer les
pulls cette fois.
Bon, je n'insiste pas ... j'irai demandé à Nicolas un
sac "Belem" à la boutique dans la journée. Les
sacs sont vraiment chouettes... au moins je pourrai ranger mes appareils
de photos et ma trousse de toilette.
Pas mal de stagiaires
attendent le dernier moment pour faire leurs sacs... au moins, ce sera
fait et je profiterai ainsi pleinement des derniers moments sur le spardeck.
08
h 00 - Rassemblement dans le Grand Roof. Eric nous annonce le programme
de la journée. Déjà une excellente nouvelle la
barre a retrouvé sa place devant la tortue sur la dunette...
guérison complète ! aucune cicatrise apparente !
Les vents ne sont pas favorables pour le moment pour appareiller à
la voile... ils devraient tourner vers les environs de 09 h 30 d'après
les prévisions météo.
En attendant les manoeuvres, Patrice nous donne un cours technique sur
la voilure et les virements de bord au pied du mât de misaine.
Les deux journalistes de Voiles et Voiliers en profitent pour mettre
quelques mètres sur la pellicule. Le cours de Patrice est concis
et fort intéressant... 17 ans à bord, le Belem n'a plus
de secret pour lui.
Le changement de
vent est ponctuel, nous appareillons. Le
soleil est limpide, le ciel azur et le fond de l'air est un peu frais.
12
h 00 :
je suis du deuxième service
Notre dernier repas à bord est encore une fois digne des meilleures
tables, ça va être autant plus dur de se réhabituer
à notre propre tambouille et retrouver les sandwichs avalés
sur le pouce au bureau devant l'ordinateur !
A midi nous avons donc au menu :
- gambasses cuisinées & mayonnaise
- magret de canard, frites
- plateau de fromages
- chou à la crème avec glaçage (que du bonheur
;o)
En
début d'après midi, nous
mettons le cap sur le Mont Saint Michel... la petite pyramide posée
sur les eaux nous narguera au large, jusqu'à notre virement
de bord pour regagner notre itinéraire : la Cité Corsaire
nous attend de nouveau toute à l'heure, fière d'accueillir
le Belem dans son bassin Vauban au pied des remparts.
Je descends dans le faux pont pour chercher mon Manuel du Gabier Manoeuvrier...
j'ai dans l'idée de le faire dédicacer par tout l'équipage
! Commençons par mettre le Commandant à contribution,
privilège du grade oblige :o) ... Eric cherche un stylo mais
j'ai tout prévu, quelle organisation !... je sors de la timonerie
pour le laisser rédiger tranquillement...
Ma seconde cible arrive, et hop le Lieutenant Arnaud me dédicace
à son tour mon manuel... je vais en quête de chaque membre
de l'équipage pour collecter un petit mot... je recompte...
ça y est je les ai presque tous même Nicolas toujours
occupé ;o), Bernard qui me demande par écrit ce que
l'on va casser la prochaine fois ! :o) Ben rien j'espère :o).
Il ne me manque que Jean-Claude, qui passe la plupart du temps dans
la salle des machines ... dommage. Autant de petits mots sympathiques
qui resteronts des souvenirs immuables de plus.
Nicolas
a réouvert une dernière fois la boutique. j'en profite
donc pour acheter le sac "Belem" pour finir mon packtage.
Je prends aussi le livre "Babar autour du monde" de Pierre
Raffin-Caboisse à Charles (et oui son fils !) qui dispose de
quelques exemplaires à bord. Le tour du monde de ce petit langoustier
invite fortement à la lecture, j'aime ces récits de vraies
aventures. Je demande à Charles une petite dédicace sur
le livre. Merci Charles :o)
A l'approche de Saint Malo, je
discute un bon moment de photos numériques et de site web à
l'avant de la timonerie avec Arnaud.
Viennent les manoeuvres, le pilote monte à bord... nous nous
regroupons sur le spardeck alors qu'une partie de l'équipage
s'affaire sur le gaillard avant.
Le passage de l'écluse
nous prend beaucoup plus de temps que prévu... nombreux sont
les voiliers de plaisance qui s'engouffrent avec nous dans l'écluse,
nous sommes dimanche soir et la journée ensoleillée à
incité à la plaisance.
J'imagine qu'ils sont tous fiers de se retrouver le long de la coque
noire élégante du 3 mâts... C'est un peu folklorique...
on dirait une rentrée sur le périphérique de Paris
à un retour de week-end ! Un voilier nous frôle de très
près... ouf son étrave stoppe de justesse à l'avant
tribord... Deux autres manquent l'accrochage... Les voiliers doivent
se stabiliser pour passer ensemble ... Nous prenons aussi des amarres
d'autres voiliers... je suis sur le pont inférieur pour prendre
des photos... Le Lys Noir est là aussi... Un bout est lancé,
je l'attrape au vol et le tend à Hervé...
Nous devions normalement être à quai à 19 h 00,
nous allons avoir plus d'une heure de retard mais personne ne se plaint
bien au contraire ces minutes supplémentaires grappillées
sur le Belem nous les savourons encore !
Je me faufile à proximité de la passerelle avant que les
stagiaires ne débarquent. Une tâche importante m'incombe...
suivant les traditions parfois pratiquées de remettre une petite
corbeille de dons pour l'équipage de la part de tous les stagiaires.
Pauline a insisté pour que ce soit moi qui remette la petite
collecte étant donné que je suis à bord depuis
plus longtemps que les autres. Notre corbeille n'est autre qu'une boite
de conserve débarrassée de son étiquette que nous
avons chapardée le matin même dans la cuisine avant que
les 2 cuisiniers ne s'y affairent ... on fait avec les moyens du bord.
Je cherche des yeux Patrice (le Bosco) parmi l'équipage, regroupé
au pied de la dunette pour saluer une dernière fois les stagiaires.
Il est là ! Je lui remets la boîte en bredouillant "
voilà de notre part à tous pour l'équipage".
C'est le moment des
au revoir. Les stagiaires quittent peu à peu le navire... Sylvain
tient à faire monter sa pitchoune sur le Belem, dans les bras
de sa maman Cécile, elle visite le pont sous le regard fier de
son père :o)
Tous les visages sont illuminés de sourires sur ce bateau ...
d'un bout à l'autre de mes stages, je n'ai vu et côtoyé
que des gens radieux, communiquant leur passion avec bonheur... ici,
on semble être dans un cocon à part, loin de tous les tourments
médiatiques qui se trament dans la société... la
seule préoccupation que nous avons eu était la bonne marche
du navire, tout le reste nous importait peu... et franchement ça
fait un bien fou... mais au prix que le retour à la vie de tous
les jours, sans transition, soit plus dur encore.
Nicolas me redemande de rester ce soir pour la petite animation prévue
à bord, vu que je ne repars sur Paris que demain... Evidemment
c'est tentant, je comptais suivre Marjolaine, Sylvie et quelques autres
pour un petit restau sur Saint Malo mais je les avais prévenus
que c'était sans certitude du coup, par contre je suis un peu
gênée, c'est une petite fête organisée en
l'honneur d'Eric avec ses amis, je ne veux pas m'imposer... Arnaud aussi,
me propose de rester ainsi que Patrick le chef cuisinier... A ce moment
là, Eric arrive sur le pont et les 3 compères de lui demander
en coeur leur requête... je ne sais plus où me mettre :o)
Avec un grand sourire Eric me propose de rester "ah une fille de
plus à bord ça ne se refuse pas ... bien sur vous être
des nôtres"... merciiiii, bon ben je reste alors ;o)
C'est vrai que l'on a du mal à le quitter ce Belem ainsi que
l'équipage !
Pauline aussi reste ... cool nous sommes 2 ! Les invités commencent
à arriver... un punch se prépare sur le spardeck avec
des petits canapés. Pour l'occasion une toile est tendue sur
le spardeck pour protéger un peu du vent... un gros projecteur
éclaire le pont...sous les regards protecteurs des remparts de
la Cité Malouine. Un petit groupe de musiciens (connaissances
de l'équipage) commence à entonner des chansons. Ils sont
vraiment très talentueux et les paroles accrocheuses reçoivent
les applaudissements amplement mérités... Nicolas se charge
de faire quelques photos souvenirs.
Break avec un buffet froid installé dans le Grand Roof transformé
en luxueuse salle à manger.
C'est
ensuite l'équipage accompagné par un accordéoniste
qui reprend des chants marins sur le pont babord... Il faudra que
j'apprenne les paroles pour mes futurs stages :o) ... certaines chansons
sont vraiment belles et vous donnent le frisson !
Nous remontons ensuite sur le spardeck pour une autre prestation des
musiciens. Décidément, ils savent animer et mettre l'ambiance
! Un régal.
Nicolas veut absolument me faire danser un rock... bon je le préviens
que ce n'est pas partie gagnée avec moi - bon prof mais mauvaise
élève ;o) - je lui donne du fil à retordre sur
plusieurs morceaux :o) Ah décidement Nicolas à une patience
légendaire ;o)
Hervé n'a pas plus de chance lors de son invitation ... je
suis un vrai manche à balai :o) ... ah cette soirée
est vraiment sympa !
Je discute avec Jean-Claude et Pauline qui ont pour point commun d'être
Corses tous les deux... On s'entend super bien avec Pauline, il faut
vraiment que nous refassions des stages sur les mêmes dates
les prochaines fois... Ah je parle déjà au pluriel...
quand on goûte au Belem on attrape le virus ! ;o)
3 h 30 le spardeck se vide peu à peu ... finalement on va reprendre
nos chères bannettes pour une nuit encore ... une nuit courte
... mon train est dans 6 h !
Ce soir c'était magique ... être sur ce mythique Belem
en compagnie d'un équipage au combien sympathique et ce dans
le plus beau décor malouin que l'on puisse lui souhaiter :
Saint Malo, une ville que je connais bien et que j'affectionne particulièrement.
Des petits instants de bonheur qui se savourent dans une vie !
Je m'endors habillée dans mon sac de couchage...
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Lundi
24 mai 2004
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07 h 20 : Je crois que c'est à peu près à cette
heure ci que je me suis réveillée. J'avais anticipé
et mis mon téléphone sur la fonction réveil pour
7 h 30. La nuit a été courte en se couchant à 03
h 30 et j'avais peur de pas me réveiller. J'ai un train ce matin
à 09 h 54 ... je dois décaler à 09 h 00.
J'ouvre le rideau de ma bannette et j'aperçois Sébastien
et Quentin qui font un tour de ronde pour réveiller tout ce petit
monde qui a fait la fête hier soir.
Je croise Pauline dans les sanitaires ... elle n'a pas beaucoup dormie
non plus.
J'entreprends
de plier mon sac de couchage sur la grande table réfectoire de
la batterie et de bloucler mes sacs. Nicolas passe à ce moment
là et m'invite à prendre un café sur le pont à
la cuisine. Je lui emboite le pas.
L'équipage s'affère déjà sur le pont et
sur le spardeck. Pauline me rejoint... Il est temps de faire le tour
du bateau pour dire au revoir et faire la bise à tout le monde.
On commence par le spardeck, puis la timonerie où Arnaud et Nicolas
discutent... ils me promettent de m'envoyer une petite carte postale
de la Baltique :o) ... en descendant l'échelle je croise Eric
que je remercie pour son accueil à bord. Chouette j'ai droit
à la bise du Commandant ! ... je vais trouver les derniers matelots
à l'avant du pont pour faire mes adieux...
Bientôt
09 h 00, le Belem doit effectuer une manoeuvre pour changer d'emplacement
sur le quai ... un autre navire est prévu sur l'emplacement...
si je ne me sauve pas je vais râter mon train ensuite. Je dis
au revoir à Pauline, une fille vraiment géniale... on
promet de rester en contact.
Je hisse mon sac sur les épaules... pfff il est lourd et les
anses ne sont pas franchement faites pour ça à la base,
j'attrape mon sac polochon Belem où j'ai fourré mes appareils
photos et mes papiers... je passe la passerelle et je me retrouve sur
le quai... C'était sans compter un dénivellement du sol
qui me fait basculer en arrière... mon sac à dos énorme
me déporte et me fait chuter... belle gamelle... plus de surprise
que de mal heureusement encore que je me fais une légère
entorse à ma cheville droite fragilisée depuis une mauvaise
chute de judo...
Eric sur la dunette est surpris "Ben alors ?" ... ben voilà
on va croire que j'ai le mal de terre alors qu'il en est tout autre
:o) ... je fais signe que tout va bien.
Cette fois je dois y aller ... je longe la coque noire ... je me retourne
à plusieurs reprise sur le quai ... jusqu'à ne plus voir
les mâts ... ça y est c'est fini... j'ai la gorge nouée,
la pudeur m'empêche de verser une larme mais je la sens pas loin...Direction
la gare, ma cheville est légèrement douloureuse et mes
sacs sont lourds...
09
h 35 : Petit
coup de fil à mes parents de la gare pour donner des nouvelles,
j'avais promis de rappeler hier soir mais comme je suis restée
à bord je n'ai pas rappelé.
09 h 54 : Je suis dans le train TER Saint Malo / Rennes. Une
drôle de sensation de vide m'envahie. J'ai un gros coup de cafard
quand le train s'ébranle. Je m'éloigne de cette ville
que j'affectionne particulièrement. Quel plus bel écrin
pour accueillir le Belem. Quitter à la fois le Belem et Saint
Malo est tout simplement un déchirement.
Je n'ai nulle envie de rentrer sur Paris. Je sais déjà
que les prochains jours vont être difficiles. C'est clair que
je vais saôuler mon entourage à raconter encore et encore
mes stages... en même temps en parler me fait le plus grand bien.
Un exutoire de nostalgie passager.
Je me console en me disant que d'un côté une bonne partie
de l'équipage est en vacances et que la relève arrive...
Petite consolation car on s'attache aussi aux gens que l'on cotoie...
Nicolas et Arnaud, les deux Lieutenants, eux, continuent le voyage pour
la Baltique. Ils sont contents à l'idée de découvrir
ces horizons du grand nord qu'ils ne connaissent pas... je les comprends,
je les envie aussi et surtout je suis heureuse pour eux. Je regarde
par la vitre du train la verdoyante campagne bretonne qui défile.
L'horizon bleu, matrice du Belem, me manque déjà. J'ai
découvert pendant 10 jours le pouvoir attractif de l'océan...
le doux bruit de fond et cette légère gîte berçant
mes heures de bannette... je m'y sens bien. J'y retournerai je me le
promets à moi-même...
Ce bateau on en tombe amoureux !
Belem au revoir et non adieu ... je reviendrai promis ! :o)
Voilà...
je referme ici mes notes ... que je prendrai plaisir à lire et
relire sûrement... si vous êtes arrivés au terme
de ce récit, j'espère que vous aurez partagé un
peu la passion que j'éprouve pour ce bateau et peut-être
vous aurai-je donné l'envie d'embarquer à votre tour ou
de retourner à bord ?
Je
remercie encore tout l'équipage pour son accueil chaleureux à
bord : Eric, Bernard, Arnaud, Nicolas, Patrice, Jean-Claude, Marcel,
Patrick, Pépé, Hervé, Charles, Sébastien,
Gwen, Christophe, Quentin, José.
...
;o) et merci à Nicolas et Arnaud pour leur sympathique carte
postale de la Baltique ...
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