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STAGE 25 - FECAMP / SAINT MALO

 

Fondation Belem

 


Bonne lecture !

NB : VOUS RETROUVEREZ L'INTEGRALITE DES QUELQUES PHOTOGRAPHIES PRESENTES
DANS CE CARNET DE BORD SOUS LA RUBRIQUE
BELEM - STAGE N°25

 


Dimanche 17 septembre 2006


Voir le carnet de bord de l'embarquement précédent - Stage 24D Saint Malo / Fécamp


09 h 30
, une foule compacte commence à se former devant la coupée, prête à prendre d'assaut le pont du navire.
On s'active sur les cuivres ... Armée d'un bidon de Miror et de chiffons, j'aide l'équipage à rendre le bateau présentable pour cette Journée du Patrimoine.. Je suis sur place entre deux stages alors c'est un peu normal que je file un coup de main. Des badauds nous interpellent et nous prennent parfois en photo... "S'il vous plaît !" On lève le nez... "Clic" ... flashés !
Finallement, je m'aperçois que je fais pareil pendant les Tall Ships'Race... j'aime bien vadrouiller sur les quais tôt le matin, pour saisir quelques scènes de vie quotidiennes des navires.

Après une matinée partiellement nuageuse mais heureusement sans averse, le soleil daigne montrer le bout de son nez et élève la température à un degré estival...
Une trève apparente pendant l'heure du déjeuner ... mise à part cela le pont du Belem ne désemplit pas ! Le trois-mâts connaît un véritable succès... Les Normands ont un fier passé maritime et leur amour de la mer et des traditions n'est plus à démontrer.
Le Belem séduit. Le Belem fascine...Le Belem envoûte ! Les gamins redescendent de l'échelle de coupée avec de grands yeux émerveillés : plus tard ils seront Jack Sparrow et poursuivront sur les mers le méchant Capitaine Crochet ! C'est sur !


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..................................................................................Série de photos sur Fécamp

Je profite de cette dernière journée sur Fécamp et surtout de l'éclaircie pour aller vadrouiller un peu sur le front de mer, puis surtout pour visiter le musée des Terres-Neuvas & de la Pêche. Un beau musée qui raconte la grande aventure des marins fécampois qui partaient pour de longs mois pêcher la morue dans les eaux glaciales de Terre-Neuve. Une visite qui s'impose !
Je retrouve quelques visiteurs croisés sur le pont du Belem, quelques sourires, quelques mots échangés à nouveau... le T-shirt Belem est un bon vecteur de communication.
Je tombe aussi sur Daniel de l'Association de la Caïque Vierge de Lourde... décidement le tout Fécamp s'est donné le mot aujourd'hui pour passer du Belem au Musée des Terres-Neuvas.

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Tante Fine manoeuvre pour sortir en mer.
Dimanche 19 h 00 ... la journée du patrimoine s'achève... le pont du Belem commence à se désemplir... Plus de 2 000 visiteurs seront montés à bord aujourd'hui.


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Nous partons ensuite avec Emma, Jérémy et Denis prendre un pot en terrasse.
Nous croisons les futurs stagiaires, disons que tout individu aux abords du port, lourdement chargé de bagages est systématiquement assimilé à un stagiaire. Difficile de se tromper dans les pronostics ! Je reconnais là Marjolaine et Sylvie avec lesquelles j'ai déjà effectué un stage en 2004.
Jérémy se fait passer pour un stagiaire et nous assène de questions, quel comédien celui-là !
Nous repassons au bateau, pour récupérer une autre partie de l'équipage ... dernière soirée à Fécamp, nous nous faisons une crêperie avant le départ.

Lorsque nous retournons au Belem, ... tout habillé de lumière sous les feux des projecteurs, ... les stagiaires ont embarqué.
Certains arpentent le pont dans un silence religieux essayant vainement de réaliser que leur rêve est en train de se réaliser sous leurs yeux.. que demain l'Aventure sur les mers commence !.

... Le stage 25 affiche complet. Pour ma part,
je ne change pas de tiers ni de n° de bannette. Il est tard lorsque je regagne ma bannette, tout le monde est déjà couché... Nous ferons connaissance au petit déjeuner.


Lundi 18 septembre 2006


06 h 40
- Réveil après une bonne nuit réparatrice et douche dans la foulée.

Alain, venu jeter un oeil dans la batterie pour voir si tout se passe bien, me sollicite pour "superviser" le premier petit déjeuner des nouveaux occupants. Pas de souci ! Marjolaine, Sylvie et deux autres récidivistes veillent à ce qu'il ne manque de rien sur la table et à tour de rôle nous faisons des aller-retours entre la cuisine et le faux pont pour apporter les brocs de lait ou autres corbeilles de pain tout chaud sorti du four.

La conversation s'anime, les langues se délient... nous faisons connaissance entre nous... la bonne humeur prend place ... l'humour au diapason... l'impatience de larguer les amarres et de savourer la liberté d'être en mer donne une bonne dose d'adrénaline à tous.
Cet esprit de groupe, cette connivence alors que nous ne nous connaissons que depuis quelques heures seulement est propre au Belem. J'éprouve rarement ce sentiment à terre, du moins pas avec la même intensité... non je crois vraiment que ce phénomène est propre au navire, la fascination qu'il exerce sans doute... c'est assez indéfinissable en fait, ceux qui le vivent, ou l'ont vécu me comprendront.

Régis se propose de me donner un coup de main pour monter le bac rempli de couverts et de bols et m'aider à faire la vaisselle. C'est pas de refus ! Emma se joint à nous. Nous expédions le tout en un temps record.

Nous avons maintenant plus d'une heure de temps libre à occuper devant nous...

A 09 h 30 le Commandant rallie les troupes pour donner son premier briefing.
Présentation succincte du navire et de son équipage :


- Le Commandant : Michel Péry
- Le Second Capitaine : Jean-Alain Morzadec
- Les Lieutenants : Jean et Florian
- Le Chef Mécanicien : Frédéric
- Le Bosco (Maître d'Equipage) : Patrice
- Les Matelots Gabiers Instructeurs : Jérémy / Alain / Fred / Mickaël / Lionnel / Denis / Jean-Didier / Antoine
- Les deux Cuisiniers : Emma et Jérôme


Florian remplace Clément au poste de Lieutenant, c'est son tout premier embarquement sur le Belem. Comme il est arrivé samedi, nous avons déjà pu échanger un peu. Florian ne navigue pas sur des navires de la Marine Marchande mais plutôt sur des bateaux destinés à la croisière, tel que le Ponant ... La plupart du temps, il sillonne donc des latitudes plus exotiques de l'ordre du paradisiaque avec un capital soleil et un indice de 60 recommandé pour la protection solaire !

Michel Péry enchaîne ensuite sur le rôle occupé par chacun à bord. Le Second Capitaine et les deux Lieutenants se relaieront à la timonerie pendant les quarts..., il ajoute amusé "...donc vous avez compris que moi-même je ne fais rien."
Frédéric, le Chef mécanicien est présenté comme le "dieselothérapeute" du bord.

Nous allons appareiller à 10 h 00, le pilote est d'ailleurs déjà présent à bord. "Pour le moment, les vents sont plein Ouest, on nous prévoit du Suroît en soirée...avec un fraichissement de 5/6 Beaufort pour animer le navire et secouer un peu les organismes... on verra ceux qui seront déjà amarinés à ce moment là. Nous mettrons sous voiles dès que possible."
Un "mouillage désaltérant" est prévu au cours de ces quatre jours, mais pour le moment personne ne sait quand il aura lieu et si il aura lieu, notre sort en est remis aux seules conditions météorologiques : Eole et Neptune décideront selon leur bon vouloir.

Le Commandant nous encourage vivement à être actifs pour une bonne cohésion de groupe, la cohésion se répercutant sur les manoeuvres et sur l'ambiance générale, elle est indispensable et d'autant plus importante sur des stages de courte durée comme celui-ci...A nous d'être curieux et de solliciter l'équipage.
Le challenge de la question originale est lancé. Mais qu'appelle t-on une question originale ? Le stagiaire peut hésiter à poser une question de peur d'être ridicule... Le Commandant anticipant le ressenti de son assemblée, ajoute :
"Si vous avez une question vraiment très bête, faîtes la poser par un autre stagiaire." ... voilà de quoi détendre l'atmosphère.
Après ces premières informations et conseils sur notre navigation future, il prend congé pour aller superviser l'appareillage, nous laissant entre les mains du Second Capitaine pour les consignes de sécurité et la mise en place des quarts et des services.

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..........................................................................Série de photos sur le départ de Fécamp

10 h 00 - Ponctuels et comme prévu, nous appareillons.

Lorsque nous sortons du Bassin Bérigny pour entrer dans l'Avant-Port, la Vierge de Lourdes est là, comme Daniel nous l'avait promis la veille. Elle nous attend, prête à nous devancer à l'entrée des
estacades de bois qui s'étendent de part et d'autre de l'entrée du port. Ces constructions datent du XIXème siècle et servaient jadis de chemin de halage.
L'équipage de la caïque est entrain de hisser les jolies voiles rouges... puis le vieux gréement s'engouffre dans le chenal, ...nous empruntons aussitôt son sillage.
Le bout-dehors de la caïque pique dans les vagues avec la légère houle. Nous remontons assez vite à sa hauteur avec nos puissants moteurs... .............................................................................

Notre dernière vision de Fécamp,
cité des Terre-Neuvas qui nous a séduit par son authenticité durant tout ce week-end d'escale normande, sera la Vierge de Lourdes, petit papillon aux ailes pourpres sur une mer d'argent et sur fond de falaise de craie blanche. Les pales des éoliennes accrochées au sommet du relief semblent nous dire "au revoir ! revenez vite !"
La scène
est infiniment poétique et digne d'un tableau de Monet.

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Un peu plus au large, c'est l'Albarquel qui croise notre route par bâbord. Cet ancien transporteur de sel portugais, construit en 1957 au Portugal, arbore de belles couleurs vives sur sa coque facilement reconnaissable. C'est un vieux gréement "régional" ayant pour port d'attache Saint Valery en Caux en Haute-Normandie, entre Fécamp et Dieppe...sa présence ici est sans trop de surprise et ravie les photographes amateurs que nous sommes.

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11 h 00 - Comme nous nous positionnons approximativement à un mille des falaises d'Etretat, Florian relève fréquemment la position des amers et effectue un tracé de points minutieux sur la carte. Un exercice méticuleux rendu nécessaire par la géographie des lieux.
Ce choix de chemin des écoliers le long du Pays des hautes falaises n'est pas pour déplaire aux stagiaires, bien au contraire, heureux comme tout de profiter d'un panorama des plus superbes, servi sous un ciel bleu et un soleil généreux. Les jumelles du bord n'ont de cesse de passer de mains en mains ...

Je découvre par la mer une Normandie intime que je ne connais pas. Les phénomènes karstiques du Pays de Caux sont visibles depuis le pont, c'est une succession de plusieurs petites plages séparées par des arches et des portes ... et la non moins célèbre Aiguille d'Etretat,
caprice magnifique de la nature, que tout le monde connaît au moins pour avoir lu Maurice Leblanc et son célèbre Arsène Lupin dans "L'Aiguille Creuse".

Le complexe d'Antifer intrique par ses infrastructures métalliques visibles à bonne distance...il se dévoile à l'approche du Cap surmonté de son phare qui dresse ses 37,90 mètres au-dessus du sol, élévant sa lanterne à 102 mètres au-dessus du niveau de la mer, pour une portée de 24 milles. Antifer est un port minéralier au Nord du Havre destiné à accueillir des supertankers.
Florian redouble de vigilance, le Belem change de cap... Notre route s'écarte plus au NW pour ne pas tomber dans le trafic des gros porte-conteneurs qui quittent le Havre,
en partance pour toutes les destinations du globe.

Pendant ce temps Denis délivre les premières recommandations pour le bon maniement de la barre à un petit attroupement de stagiaires qui s'est formé sur la dunette. Oreilles attentives du stagiaire improvisé soudainement homme de barre pour conserver le cap au 235.
Un bon moyen pour apprendre rapidement le nom des stagiaires, les faire défiler à la barre ! Denis est le spécialiste pour mémoriser en moins de 24 heures le prénom des 48 stagiaires embarqués ! J'avoue avec grande honte que j'en retiens à peine un quart moi-même ! La plupart du temps à bord on discute les uns les autres sans forcément s'appeler par nos prénoms. Denis doit avoir des antisèches dans sa veste de quart je ne vois que ça !

12 h 00 - Repas au second service. Nous nous installons sur la partie de la table au fond derrière le grand-mât avec Odile, François, Denis, Bernard et Fabian. Nos deux compatriotes belges ont un bon coup de fourchette et ne tarissent pas de compliments sur la cuisine française et qui plus est celle du bord.
Au menu : crevettes mayonnaise / petit salé & pommes de terre et julienne de légumes / plateau de fromages et aumônière aux fruits et à la crème pâtissière... hmm !! Comment vous retranscrire le mélange subtil des fruits tièdes sur une crème onctueuse et délicieusement parfumée, mêlée au croquant du fin feuilletage ? ... ça vous met l'eau à la bouche hein ?! les papilles vous démangent ? Et bien oui vous avez raison ! Emma, elle assure grave ! Elle a pris les fonctions de chef pendant 4 jours pour se tester un peu. Ma foi les avis à table se formulent sous forme d'éloges et je me charge de le les lui remonter en cuisine.

En guise de digestion, nous manoeuvrons pour établir de la toile à 13 h 30… 40 minutes pour habiller le Belem de ses blanches voiles.
La première manœuvre est toujours la plus longue avec des stagiaires inexpérimentés, répondant aux ordres du Bosco et des gabiers, et ce sans trop comprendre ce qu'ils font. Le bateau est rangé 25 minutes plus tard, tous les bouts qui traînaient sont lovés. Nous avons envoyé toutes les voiles carrées (excepté le Grand Cacatois) et deux étages de voiles d'étai. Après tous ces efforts, un peu de farniente sur la dunette s'impose de lui-même.

15 h 45 - Nous avons l'honneur d'avoir un second briefing du Commandant dans le grand roof... le premier faisant plutôt office de présentation ce matin.
Petit récapitulatif de ce qui nous attend les prochains jours : le passage du fameux Raz Blanchard et ses courants de 10 noeuds, la zone où les bouées "naviguent" plus vite que les bateaux qui croisent dans les mêmes eaux... si si véridique !

Une interrogation est ensuite levée : pourquoi à la barre les consignes sont "barre à gauche" ou "barre à droite" et non "barre à bâbord" ou "barre à tribord" ? Tout simplement pour éviter une confusion d'écoute à l'homme de barre à cause de la même terminologie phonétique "bord"... c'est pourtant simple mais encore fallait-il y penser... et le Commandant de préciser : "Tribord est à droite quand on regarde en arrière la tête en bas" (heu discrètement la gymnastique on l'a tous faite ensuite pour vérifier ! mais chut ! faut pas le dire).
Nous passons ensuite en revue les
différentes façons de gréer un trois mâts.

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17 h 00 - Nous enchaînons dans la foulée avec l'exercice d'abandon sur le spardeck avec le Second Capitaine. Nous enfilons nos seyantes brassières de couleur orange fluo... qui faute de nous rendre plus agiles dans nos mouvements ont l'avantage d'être un bon coupe-vent. J'invite tout le monde à fixer l'objectif pour une petite photo de groupe avant que Jean-Alain commence son intervention... clic c'est dans la boîte. Florian vient se joindre à nous pour écouter les consignes qu'il se doit de connaître en tant qu'Officier à bord.
Les instructions terminées, nous rangeons les brassières dans les coffres disposés de chaque côté à l'arrière du grand mât.

Les gabiers s'affairent à des tâches d'entretien sur le pont et dans la mâture. Denis, installé sur le spardeck et armé d'un pinceau, enduit des élingues d'acier d'une substance noire et visqueuse semblable à du goudron, une matière que l'on nomme "galipot". C'est en fait une sorte de mastic de résine noire destiné à protéger le bois ou certaines pièces métalliques du bateau. Intrigués, les stagiaires forment un petit groupe autour de lui et l'interrogent sur cette technique traditionnelle. Attention par contre à ne pas s'en badigeonner les vêtements ou à en faire tomber sur le pont car les dégâts sont irréversibles.

Je rejoins Alain à la veille, jusqu'au second service. Nous discutons assis sur le râtelier des hales bas de focs un bon moment jusqu'à ce que la cloche retentisse.
Au menu ce soir nous avons : melon & jambon de Bayonne / saumon accompagné de tomates et de courgettes / plateau de fromages et corbeille de fruits.

Une petite digestion d'une demi heure sur la dunette est la bienvenue. Notre cap pointe au 310°, et nous voguons sereinement à la modique vitesse de 1,1 nœuds. Devant nous, le ciel s'obscurcit prenant une teinte ardoise. Un grain en prévision ?

21 h 50 - Je n'attends pas de voir si les premières gouttes vont s'écraser sur le pont... une petite voix intérieure me dicte d'aller rejoindre ma bannette en prévision du 04/08.


Mardi 19 septembre 2006



Je suis réveillée depuis 03 h 30. Mais j'attends patiemment l'appel du gabier de quart pour ne pas réveiller Odile qui occupe la bannette supérieure. Toute minute de sommeil vaut de l'or ! A bord chacun l'apprend vite à ses dépends.

Par contre à 03 h 45 ... je saute de ma bannette... Je précise tout de même que c'est une façon de parler car tout stagiaire récidiviste, habitué à la vie du bord - pour peu qu'il l'ait plusieurs fois testé - évite de dresser sur sa bannette. A coup sur il s'assomme ! Déplié un peu vite, vous rabotez quelque peu la planche qui sert de sommier au stagiaire qui loge au-dessus de vous. Certes, cette rencontre violente à au moins le mérite de vous mettre les idées en place de bon matin, mais il est des réveils quand même plus doux et plus agréables... j'en atteste pour vous.

03 h 55 - Je prends la "température" de la nuit à la timonerie.
Les vents sont de WSW de 4 à 5 Beaufort, la mer est peu agitée. 1013 hp, nous frôlons des pressions proches de l'anticyclone. Nous faisons route au 190°. Une distance de 17 milles sous voiles a été parcourue depuis minuit.

Notre position actuelle : Latitude 50°06,6' N - Longitude 00°51,1' W
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Alain rassemble ses troupes sur la dunette afin d'opérer une répartition équitable pour le quart. Dans un premier temps tout le monde est embauché à ranger le pont. Le quart précédent ayant effectué un virement Lof pour Lof et cargué la Grand-Voile, des bouts à même le sol rendent les déplacements périlleux sous une nuit sans lune et qui plus est ponctuée de grains... terrain ultra glissant donc !

J'ai la nette impression que le mauvais temps subit sur le précédent stage est de retour... pas de chance, le quart de nuit s'annonce très humide. Nous sommes ensuite répartis en deux groupes.
Une partie des stagiaires va visionner le Peking dans le petit roof et enchaînera ensuite à la barre...
Exit le petit roof, je préfère aller trouver Fred qui assure la veille tout seul sur le gaillard. Cette fois le Peking affrontera la tempête sans moi... je vais braver le vent et la pluie de mon côté, ...chacun sa galère... la mienne tend plutôt à la définition du bonheur... être sur le Belem quelques soient les conditions météo à bord... est un privilège.
Et puis Fred est content de trouver de la compagnie. On s'installe sur les aussières pour discuter tout en scrutant l'horizon sur 180°.

On dira ce qu'on dira mais une heure et ½ de veille en plein mois de septembre au milieu de la Manche, sous la pluie et les embruns, c'est vraiment revivifiant au début mais ça devient vite engourdissant au bout d'une heure ! ... Encore une demi heure à tenir, le sablier du temps s'est arrêté pour de bon c'est pas possible ! les minutes semblent durer une éternité... je suis à la limite de la congélation là !... C'est le problème de la veille...vous restez immobile croyant empêcher ainsi toute déperdition de chaleur mais c'est en fait un leurre... et vous avez tôt fait de vite grelotter. J'aurai du faire les 100 pas sur le gaillard pour me dégourdir les membres.

Les équipes tournent ! Ouf ! Nos sauveurs prennent le relais ! Je traverse le navire dans sa longueur pour gagner la dunette. Un oeil jeté dans le grand roof, six stagiaires sont allongés à même le sol... houlà ! Ils n'ont pas du tout l'air d'aller bien ! Apparemment il y aurait beaucoup de malades ces dernières heures.
Je poursuis mon quart pendant ¾ d'heure mais à 06 h 00, tiraillée par la fatigue et ne parvenant pas à retrouver une chaleur corporelle confortable sans être parcourue de frissons désagréables, je ne résiste pas à l'appel de la bannette... Une petite heure de repos avant le bol de lait brûlant du petit déjeuner me fera le plus grand bien... c'est ce que l'on appelle de l'automédication.

Je m'extirpe de ma bannette à 07 h 00 pour un petit déjeuner rapide et frugal, puis je reprends rendez-vous en tête à tête avec ma bannette jusqu'à 08 h 00.

08 h 00 - Nous subissons toujours des vents d'Ouest de 4 à 5 Beaufort, la mer est maintenant agitée. 1014 hp. Notre route est au 215°. 16 milles sous voiles ont été parcourues depuis 04 heures... Nous nous trouvons exactement dans le 65° de la Pointe de Barfleur à 20 milles des côtes. Le temps est maintenant à l'éclaircie offrant une bonne visibilité... l'humidité de la nuit dissipée annonce le retour en force du Roi Soleil pour notre plus grand plaisir.

Les malades par contre sont de plus en plus malades...Odile à son tour montre des signes annonciateurs de mal de mer.
Il va falloir faire avec des troupes amenuisées pour l'heure de propreté... les effectifs sont largement diminués. Je suis affectée aux sanitaires avec Marjorie et Régis...et Marjorie ne tarde pas à devenir un peu livide lorsque je débouche mon petit bidon rouge de Miror pour fourbir les rampes de cuivres des sanitaires...

Retour au grand air du large sur le pont pour les premières manoeuvres matinales dans le but d'établir un peu de toile. Le Belem se trouve habillé de l'ensemble de ses voiles carrées à l'exception de la Grand-Voile et de deux étages de voiles d'étai. Nous brassons amure tribord.


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09 h 30 - Les matelots gabiers instructeurs (Alain et Lionnel) improvisent un cours de matelotage sur le spardeck... ou de la difficulté à reproduire les noeuds marins les plus courants... Une assemblée de cirés attentifs compose une jolie palette de couleurs sur le spardeck : jaune / rouge / vert / bleu.../ rose ... un peintre n'aurait que l'embarras du choix pour composer sa toile.
Cela n'a pas échappé au Commandant qui me propose de prendre des photos depuis la dunette... et oui seulement cette fois je n'ai pas le matériel sous la main ! A bien y réfléchir, il a raison le Commandant, le coup d'oeil mérite la photo ! Voilà maintenant ça m'obsède, voulant éviter tout regret, je descends chercher mon appareil... Je triche même en montant sur le spardeck pour repositionner un ciré jaune dans la composition... mais ça il faut pas le dire... c'est des bidouillages de photographes... le ciré jaune conciliant se prête au jeu... j'ai ma photo ! Ouf soulagement !

11 h 30 - Profitant des vents nous effectuons un petit virement Lof pour Lof, sous un ciel toujours aussi clément et rayonnant de soleil... Définition parfaite de la voile plaisir ! Rien à ajouter...

12 h 00 - Vents d'Ouest, 2 Beaufort, mer belle. 1016 hp. Route au 360°. 15 milles sous voiles depuis 08 heures.
12 h 15 - Position 90 Pointe de Saire à 16 milles.

Repas second service : avocat au thon / daube de veau accompagnée d' haricots verts et de tomates / plateau de fromages et île flottante

13 h 10 - latitude 49°38.549'N - longitude 00°49.182'W - 1,7 nœuds - route au 340°
13 h 40 - Je prends la barre pendant une heure. La Grand-Voile est envoyée.

14 h 45 - Réunion dans le grand roof pour assister au briefing du Commandant.
Michel Pery nous explique notre position entrecoupant ses commentaires d'une quinte de toux "Je tousse un peu mais ça fait ça quand c'est neuf." ... Le Fervex n'a pas encore eu tout à fait raison de son rhume des jours précédents...
"Je serai tenté de faire tout à la voile sans mouillage, un mouillage casserait le rythme...mais si mouillage il y a ce sera à Alderney".
Voyant l'assemblée de stagiaires quelque peu clairsemée et les teints pâles de certains, le Commandant enchaîne avec un sujet d'actualité "Comment vaincre le mal de mer ?... c'est simple ! Prendre 6 à 10 cachets de Mercalm et les jeter à l'étrave".
A défaut de redonner des couleurs aux plus mal en point, il leur redonne au moins le sourire... la suite ne dira pas si des petits cachets sont passés réellement par dessus bord ... le mystère reste entier... mais des régimes de bananes ont subrepticement disparus des cuisines.
Nous passons ensuite en revue l
es différentes manœuvres sous voiles (Vent Devant et Lof pour Lof).

16 h 00 - Vents de WNW de 3 à 4 Beaufort, mer belle à peu agitée. 1017 hp. Route au 345°. 13 milles sous voiles depuis midi.
Ciel peu nuageux, bonne visibilité. Pointe de Barfleur à 16 milles.

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La météo est adéquate pour faire prendre un peu de hauteur aux stagiaires qui souhaitent s'initier aux joies de l'ascension dans la mâture. C'est Fred qui supervise le tout : conseils avisés, assurance dans les passages difficiles...rien ne lui échappe.
Bernard et Fabian, nos deux amis Belges sont pressés de tutoyer le ciel d'un peu plus près... est-ce les reliefs de leur plat pays qui les lassent un peu ? Tout en est-il qu'après 10 bonnes minutes accroché à sa vergue qu'il ne voulait plus lâcher, Bernard nous avoua tout sourire qu'il avait approché le Paradis !

Cécile se lance l'assaut des enfléchures à son tour... Le passage sur la vergue de Grand-Voile est rendu délicat du fait des amures bâbords....

Pendant ce temps, Lionnel donne un cours sur les points de tournage et les manoeuvres courantes à un petit attroupement consciencieusement équipé du Manuel du Gabier...

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..................................................................................Série de photos sur le fourrage traditionnel

Cécile est redescendue de "son perchoir" et c'est sur le pont inférieur au pied du mât de misaine que nous nous essayons maintenant à la technique du fourrage traditionnel. Denis nous explique les gestes à faire. François maintient l'élingue.
... Bon alors en fait c'est tout simple, il faut conduire la mailloche en lui faisant faire des tours, tout en donnant du mou sur le bitord pour l'enrouler en souquant autour du câble en même temps (le terme approprié à employer est "fourrer")
Lorsque l'on arrive à l'extrémité sur la limande et à l'approche de l'oeil épissé, il faut souquer moins fort pour terminer en faisant une surliure. J'enroule donc le bitord autour du doigt de Cécile, posé sur le câble, pour me permettre de d'arrêter la surliure en faisant en noeud d'hameçon. Ne vous inquiétez pas Cécile n'a pas perdu son index dans la manoeuvre... d'ailleurs elle ne rigolerait pas sur la photo sinon, et puis cela se voit que je suis appliquée nan ? ... Ah oui j'ai oublié de dire que Denis a tenu à faire tout le reportage photos.
Pour terminer, l'élingue ainsi fourrée sera ensuite enduite de galipot, ce qui la protégera des intempéries et retardera son usure.
Bon j'invite ceux qui n'aurait pas tout suivi ou qui n'aurait rien compris à consulter le lexique du site ... je pense qu'ils seront nombreux surtout si le monde de la voile traditionnelle leur est totalement étranger.

Une après-midi bien studieuse donc et des stagiaires heureux de se familiariser avec le Belem qui lève peu à peu le voile sur ses petits secrets.

De retour sur la dunette en attendant le second service...

Et là le Commandant décide que nous allons établir la Brigantine...parfait ! Bonne idée !
Seulement il lui faut un Chef de quart à la manoeuvre désigné d'office parmi toutes les personnes présentes sur la dunette... c'est fou ce pressentiment de penser que cela va tomber sur ma pomme ... Bingo ! gagné ! Je suis promue momentanément Chef de quart affectée à l'établissement de la Brigantine... wow ça promet !
Bon alors la drisse de Brigantine, elle est là... mais d'abord s'occuper des écoutes du gui, du palan de retenue... J'interpelle discrètement le Bosco sur le spardeck pour qu'il me précise la place de l'écoute de Brigantine au pied du mât d'Artimon ... Ok repérée...merci Patrice !
Bon le Commandant est super sympa, il m'explique toute la manoeuvre, étarque avec moi sur les écoutes et me donne de précieux conseils tout au long de la manoeuvre... ah ben oui comme ça c'est un jeu d'enfant !

Allez on donne le top à 19 h 10 pour l'établissement de la Brigantine !

Repas 20 h 00 : crudités / filet de lotte accompagné de riz et de légumes - sauce crevettes et champignons / plateau de fromages et yaourt.

Bannette oblige à 21 h 15 en prévision du 00/04.


Mercredi 20 septembre 2006

 

Réveil à 23 h 45 pour la prise de quart. 00 h 00 sur le pont.
Jérémy se charge de la répartition des stagiaires. Je passe la première heure sur la dunette.

La mer est belle à peu agitée - un petit 3 Beaufort sympathique, rien de bien méchant et des vents de SSW.

Au-dessus de nos têtes miroite un véritable océan de diamants : l'éclat scintillant d'une myriade d'étoiles dans une nuit très pure. Il n'y a qu'au beau milieu de la mer que l'on peut profiter d'un tel spectacle... Profitons ! Profitons !
Le Lieutenant Jean est très occupé à retrouver la "Perle" (ou Alphecca). Une constellation de plusieurs étoiles en forme de diadème ou d'un demi-cercle suivant comme on l'observe. On l'appelle la "Couronne Boréale" dont la Perle en est le joyau.
Il est cependant difficile de maintenir son équilibre longtemps en scrutant le ciel juste au-dessus, d'une part parce que les oscillations du navire dues au roulis vous font tanguer sur le pont, d'autre part parce que le ballet des étoiles vous donne une sensation de vertige. A éviter donc l'angle d'observation à 90°, lui préférer le 45°... la lecture du ciel n'en est que plus confortable et votre équilibre moins précaire.

Je seconde Régis à la barre pendant l'heure, en récupérant discrètement ses petits écarts de temps à autre par des pressions sur les manetons que j'attrape au vol derrière mon dos. Notre binôme fonctionne à merveille. Le cap se maintient au 245°.
Jean et Jérémy ne viennent même plus jeter un oeil sur le compas de route... de toute façon les instruments à bord de la timonerie ne manqueraient pas de trahir nos écarts et nous serions vite rappelés à l'ordre et Jérémy immanquablement nous prierait de faire "Cap sur le mât de misaine" comme il se plaît à dire aux apprentis hommes de barre.

2ème heure au poste de veille sur le gaillard. Les stagiaires et récidivistes discutent "stages" et "souvenirs de stages"... des conversations qui meublent le silence de la nuit. Petit tour à l'aplomb du beaupré, mise en pratique de la leçon de la veille : ne pas rester inactive. Pile ça tombe bien ! Un feu dans l'axe du beaupré que cachait le Grand Foc cargué. Je m'en vais le signaler à Jean à la timonerie. Le navire n'apparaît pas encore sur le radar dans les 5 milles. Vérification sur le système AIS ... il y a bien un navire et même un beau ! un porte-containers de 290 mètres.
Sur bâbord, on distingue maintenant très nettement un halo lumineux : ce sont les lumières de la ville de Cherbourg.

La dernière heure de quart c'est donc la "dispo"… Je vais squatter un banc dans le grand roof pour dormir un peu… Les boiseries sont un peu dures et on a vite les côtes en long mais faute de mieux on s'en accommode fort bien. La fatigue aidant on dort en fait là où on se pose.
Je l'ai déjà testé sur le Lisbonne / Nantes et ma foi j'avais dormi comme un bébé.
La largueur ne dépasse guère ½ bannette… il suffit de bien se caler… de repérer la gîte du bateau sinon vous risquer d'embrasser le sol …et après : surtout ne plus bouger !
J
e dors d'ailleurs tellement bien que c'est Jean-Didier qui vient me réveiller à 04 h 10 ! "Ben Myriam t'es là ?!" S'il n'était pas venu je crois qu'à 07 h 00 on m'aurait retrouvé sur mon banc ! Je descends au radar retrouver le matelas plus moelleux de ma bannette sans me faire prier.

07 h 10 - Douche bien chaude et petit déjeuner frugal avant de monter voir le lever de soleil sur la dunette.

08 h 00 - 09 h 00 : C'est l'heure où les petits bidons rouges de Miror fleurissent sur le pont et où les cuivres ne demandent qu'à reluire sous le soleil.

Florian fait le point de 09 h 00 - relève de barre au 240° - vitesse 1 noeud en route de surface
Un vent de force 4 à l'anémomètre. Beau temps, bonne visibilité - mer peu agitée - 1012 hp
Position Latitude 49°58.303'N - Longitude 01°31.343'W

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09 h 30 - Nous avons notre briefing matinal dans le grand roof.
Petit point météo et prévisions de notre route pour les prochaines heures à venir. Les vents de Sud sont enfin arrivés. Nous mettons le cap sur le Raz Blanchard et nous ferons un mouillage à Alderney en fin d'après-midi.

Des stagiaires curieux demande à en savoir plus sur l'utilisation du sextant.

Nous passons ensuite en revue des différents "textiles" du bord. Les questions ouvertes permettent vraiment de rentrer dans le détail sur des sujets aussi divers que variés...

Le Commandant se lance dans des explications très instructives : La voile est faite de laizes qui sont cousues entre elles. Autour de la voile vous avez une rallingue. ça ça coûte très cher parce que cela fait des heures de main d'oeuvre. C'est ce que l'on appelle une rallingue classique. On a aussi des voiles qui sont rallinguées sous la gaine. Rallinguer sous la gaine c'est replier juste la voile en ourlet à condition de choisir un cordage qui ne rendra pas. Il faut un cordage d'une qualité particulière, qui a été pré-étiré sinon votre voile va ressembler à un sac.
Les voiles en dacron sont les plus blanches et les plus difficiles à prendre (préansibles). Celles en duradon ont une apparence un peu plus proche du lin / coton, elles sont plus proches de ce qui se faisait à l'époque.
Ce que l'on appelle les voiles majeures ce sont les huniers : les huniers fixes et les volants. Ce sont les premières voiles que l'on établit et les dernières que l'on va carguer. Ce sont des voiles de mauvais temps. Sur les huniers fixes, les écoutes sont en chaînes, en fils d'acier. Un fixe, vous lui mettez 60 noeuds de vent normalement il ne doit pas bouger, quand on navigue seulement avec les vergues.
Ensuite le grammage. Donc là on est à 450 g / m2 de duradon pour les huniers. Les cacatois en duradon c'est plutôt 280 voire 250 g / m2.
En terme de longévité, elles ne sont pas toutes identiques. Pour la longévité de point de vue budgétaire, on prévoit 5 ans. Au prix des réparations par le bord voire de réparations chez le voilier pour reprendre les coutures... on arrive à les faire durer.


Et là Michel Pery fait une brève pause... puis arbore un large sourire qui laisse présager l'imminence d'une anecdote succulente ... il prend son temps, s'accoude sur le comptoir...toute son assemblée est silencieuse et captive... impatiente ... On a un grand fixe, il y a quelques années qui a fait 10 ans ! ... On voyait le soleil à travers.... On a jamais réussi à l'exploser !... J'ai essayé hein !... Je voulais voir comment ça faisait... j'ai jamais réussi à l'exploser... Je lui ai mis 60 noeuds dans la tête... il a pas bougé ce couillon là !

Vous comprenez maintenant pourquoi on ferait des heures sup sans compter pendant les briefings...

11 h 00 - 11 h 25, à la fin du cours, je vais trouver le Commandant dans l'espoir d'élucider une question qui me tarabuste depuis un petit moment. "Dites, Commandant, d'où vient le mot "choucane" exactement ? Est-il propre au Belem ? J'ai beau avoir chercher dans tous les dictionnaires maritimes je ne l'ai jamais trouvé...". Il semble étonné lui aussi que le mot ne soit pas répertorié dans les "bibles" maritimes et m'invite à le suivre dans son bureau. Tous les ouvrages lexicaux de la bibliothèque sont de sortie et viennent s'empiler sur la table. Nous nous installons pour les feuilleter méticuleusement en quête de notre graal ... mais le mot "choucane" reste vainement introuvable. Les ouvrages datent pourtant de toutes les époques et sont parmi les meilleures références qui soient...
Quand enfin, en parcourant toutes les pages d'un livre richement fourni de planches illustrées, je tombe sur un dessin expliquant la méthode de confection de notre sujet de recherche, la légende explicative nous renvoie à un vocabulaire beaucoup moins "poétique". Notre "choucane" est en fait décrite et appelée "emboudinage de racage".
Le mystère reste donc entier sur l'étymologie... affaire à suivre...

Je m'aperçois que j'ai raté l'appel du premier service d'une bonne demi heure. Rien de bien grave, mais je vais quand même trouver Emma pour le lui signaler et ne pas mettre trop de pagaille dans l'organisation parfaite des cuisines.
Le privilège et le plaisir de consulter les ouvrages de la bibliothèque du bord en compagnie du Commandant, ont largement eu raison des petits plats excellent cuisinés à bord.
Je profite de la demi heure restante avant le second service, pour aller flâner sur la dunette.
Nous sommes à 16,5 milles du Cap de la Hague. Le trafic est faible, quelques gros porte-conteneurs croisent au large. Nous faisons route au 225. Les vents de SSE de 3 à 4 Beaufort nous portent sur une mer peu agitée.

Cette fois c'est la cloche du second service. Nous avons ce midi de la terrine de poissons / côte de porc et pâtes / plateau de fromages et tarte aux pommes.

Je prends ensuite une petite douche. L'opération s'avère peu académique avec la gîte tribord du navire. On applique à la lettre le dicton : "Une main pour le navire, une main pour soi !" en se gardant bien de ne pas trop lâcher la main courante. J'ai vite fait de transformer ma cabine en mini piscine avec une retenue d'eau savonneuse en dehors du bac de la douche. Surtout ne pas faire tomber les vêtements accrochés à la patère ! Exercice tout aussi périlleux pour s'habiller en manquant une fois sur deux d'embrasser la porte de la cabine, tout en gardant bien entendu les pieds dans l'eau... ce serait beaucoup plus simple sinon ! Je m'emploie ensuite à écoper avec le balai-raclette pour vider ma piscine. Tout devient plus physique lorsque le bateau présente une inclinaison, l'exercice de la douche et du service de table arrivant sur le haut du podium pour les activités les plus sportives... mais aussi et surtout les plus comiques !

Nous carguons la Brigantine sur le coup des 13 h 30.

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15 h 30 - Petite leçon de virement de bord sous l'égide du Commandant... Répartis en deux groupes nous pouvons tout à loisir étudier les manoeuvres en observateurs à tour de rôle depuis la dunette.
Notre virement Vent Devant par un 5 Beaufort ne s'effectue pas dans les délais imposés par Eole et nous manquons à virer. Du coup nous enchaînons dans la foulée par un virement Lof pour Lof.

A 16 h 00, nous sommes à 11 nautiques de la point nord d'Alderney, route au 340 - Le phare de Mannez nous observe à l'extrémité Est de l'île. Les moteurs sont lancés à 16 h 30, après que nous ayons cargué toutes les voiles carrées.

Florian, notre Lieutenant Boutique prépare le grand roof pour une vente d'articles aux couleurs du Belem. Un moment toujours très prisé des stagiaires en quête de garder un petit souvenir de leur passage à bord. Généralement le comptoir ne désemplit pas pendant près de deux bonnes heures.

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..................................................................................Série de photos dans la mâture

17 h 00 - L'équipage monte dans la mâture pour ferler et rabanter les voiles.

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18 h 10
- Nous faisons notre mouillage devant la grande digue d'Alderney. Le trois mâts Salomon croisé la semaine dernière est toujours là.

Je suis "consignée" au service du punch dans le grand roof. J'embauche deux stagiaires récidivistes avec moi pour m'aider. Avec la fréquence de stages annuelle et les conditions météorologiques quelques fois musclées, je pense que je pourrais éventuellement me recycler barmaid !

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Le punch est servi dans le grand roof mais pris "en terrasse"... Le soleil de fin d'après-midi inonde le pont tribord, ce serait dommage de ne pas en profiter. Jérémy a sorti son accordéon pour l'occasion et Jean l'accompagne sur des chants de marins, bien vite secondé par quelques stagiaires.

Le repas de 19 h 00 nous rappelle que nous sommes, avec Odile et Marjorie, de service. Musique et chants continuent de rythmer chaque remontée de plats... L'ambiance est joyeuse et animée sur le pont comme en batterie. Ce soir, nous avons au menu : plateau de charcuterie / lasagnes / plateau de fromages et corbeille de fruits.

Le zodiac est mis à l'eau pour une escale à terre. Mais très vite la houle devient plus fougueuse et frappe la coque du bateau rendant la descente dans l'embarcation assez périlleuse. Elle rebondit comme un ballon sur les vagues et redescend brusquement dans des creux d'au moins deux mètres. Les rotations de ce fait sont beaucoup moins rapides et le nombre de personnes embarquées se voit plus restreint à chaque fois. La descente de l'échelle de coupée et la réception dans le zodiac requière de véritables prouesses d'équilibristes. Résultat des courses, il faut compter environ trois bon quarts d'heure pour un seul aller-retour ! Je me résigne sans regret à rester au sec à bord et je m'épargne ainsi quelques bleus ... au bout du compte peu de stagiaires ont pu débarquer, tout au plus une douzaine, équipage compris.

A 23 h 30, nous rejoignons le spardeck pour hisser le zodiac à bord. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour remonter la lourde embarcation. Nous nous divisons en deux équipes pour empoigner les bouts et d'un même élan sous les consignes des gabiers nous hissons petit à petit le zodiac sur le pont. L'équipe arrière redouble d'efforts à cause du poids du moteur. Il faut ensuite poser délicatement l'embarcation sur ses cales.

Comme prévu, nous allons quitter notre mouillage aux moteurs à 00 h 00. Nous ne sommes maintenant plus qu'une petite poignée de stagiaires sur le pont. Penchés au-dessus du bastingage sur le gaillard, nous surveillons la lente remontée des maillons. Patrice est aux commandes du guindeau. La chaîne est engloutit dans l'écubier. Nous attendons patiemment que l'ancre soit haute et claire.

Il est ensuite temps de gagner les bannettes. Les quarts sont facultatifs cette nuit en raison de la mise au moteur... et de toute façon je ne suis pas de 00 / 04.

 


Jeudi 21 septembre 2006



Je me réveille sur le coup des 04 h 00, j'ai l'impression d'être secouée dans mon sommeil... c'est bien ça nous subissons un fort roulis, la houle chahute le navire. Je mets du temps à me rendormir.
Nous apprendrons au petit matin que nous avons eu effectivement un 5 Beaufort à notre passage le long des îles anglo-normandes.

Pour ce dernier matin de stage, je me prélasse jusqu'à 07 h 15 dans ma bannette, alors que le brouhaha du petit déjeuner s'intensifie au fur et à mesure que les stagiaires prennent place devant leur bol de café...

A 07 h 50, je prends note de notre position à la timonerie.
Nous avons fait une belle progression aux moteurs cette nuit. Le navire a descendu toute la Presqu'île du Cotentin, 66 milles avalés depuis minuit
Le Cap Fréhel nous présente ses falaises à tribord et sur l'horizon Saint-Malo est en vue, le clocher de l'église Saint Vincent offrant un bel amer pour faire le point sur la carte...

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..................................................................................Série de photos sur un lever de soleil

Le soleil est encore moins matinal que nous. Ce n'est que vers les huit heures qu'il vient tutoyer le beaupré en montrant le bout de son nez. Réveil difficile, il s'élève doucement, et en baillant il embrase le ciel de jolies couleurs roses orangées : bonjour Soleil ! Présage d'une belle journée. Je prends un peu de recul sur le spardeck, pour cadrer dans l'objectif les haubans en ombres chinoises.

A 08 h 30, nous sommes toujours aux moteurs mais la mise à la voile s'annonce imminente. Nous envoyons deux étages de voiles d'étai pour nous échauffer. Alain, Fred et Patrice sont juchés dans la mâture et dérabantent les voiles.

Je fais un tour à la timonerie et avec Florian, nous calculons la distance qui nous sépare de Saint-Malo : 7 petits milles exactement.

Nous envoyons ensuite les fixes et les volants... et dans la foulée le Petit et le Grand Perroquet.
A 09 h 15 exactement, le Belem est sous voiles, les moteurs sont stoppés.

Les manoeuvres ne nous exemptent pas de l'heure d'entretien, ce serait trop facile ! ...Bien au contraire nous écopons d'une demi heure supplémentaire pour fourbir tous les cuivres extérieurs. Le Belem doit faire son effet ce soir en arrivant à Saint Malo !
Je m'en vais chouchouter le
cabestan sur la dunette - morceau choisi.
Le Commandant me voyant allègrement verser le Miror sur mon chiffon me lance en riant "Mais vous allez nous ruiner !" ... "Ah bon, vous n'avez pas des actions chez Miror, je croyais ?!".
Sous les rayons du soleil les cuivres deviennent bien vite rutilants.

6 nœuds sous voiles à 11 h 00 ce ne seraient pas des conditions adéquates pour effectuer un petit virement vent devant ? Paré à la manoeuvre ! Paré !
Notre position : Latitude 48°46.007'N - Longitude 01°58.377'W


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11 h 30
- Alors que nous farnientons en petit groupe sur la dunette, le Commandant entreprend de nous apprendre un noeud dont il a le secret. Nous ne manquons pas de lui faire refaire le dit noeud à plusieurs reprises pour bien le mémoriser, ...super on va pouvoir bluffer tout le monde à terre ! ... oui mais sauf que le passage de la théorie à la pratique est une autre paire de manches.
Le matelotage et moi ça fait deux ! ... C'est comme tout, il faut réviser ... c'est pourtant ce que je me dis à chaque fois.

12 h 00 - Repas au second service : salade de gésiers / poulet frites et poivrons / plateau de fromages / et pendant que nous dégustons un croustillant et succulent crumble poires bananes, nos collègues sur le pont tirent sur les bouts, brassent les vergues, suent à grosses gouttes pour effectuer un virement de bord ... un délice ce crumble ! et avec ceci vous reprendrez bien du café ?...

Dommage, nous avons du coup manqué les falaises du Cap Fréhel et une approche du Fort Lalatte lors du Vent Devant.
Sans trop de regrets tout de même, je connais bien ce trait de côte depuis la terre comme par la mer.

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14 h 00 - Je flâne sur le pont pour prendre quelques photos pendant que quelques stagiaires carguent le Grand Perroquet.
La voile continue de claquer au vent. Deux gabiers montent avec une rapidité et une agilité déconcertante pour ferler et la rabanter.

Je quitte la dunette pour aller faire un tour sur le gaillard. Quelques stagiaires sont allongés et profitent de la tiédeur du pont sous les rayons du soleil. Pas un seul nuage pour leur faire de l'ombre, le ciel est d'un bleu limpide, la sieste digestive semble faire quelques émules.
Le Belem, ardent, file à bonne allure sous un vent de force 7. Je regarde la Misaine, bordée tribord armure, gonflée comme un ballon. Le beaupré pointe sur un horizon vide, suspendu entre ciel et mer. Point de houle, la mer est peu agitée, mais quelques petites crêtes d'écume fleurissent de temps à autre sur le sommet des vagues. Encore un de ces moments délicieux où les embruns vous caressent le visage et le vent murmure ses secrets dans les voiles en effleurant vos oreilles... vous n'êtes pas dans la confidence mais presque... il faut savoir écouter.

14 h 55 - Vous virons cette fois par un Vent Devant...
La manoeuvre tout juste terminée, je
descends prendre une douche et faire mon sac...
Un ultime virement Vent Devant me cueille à la sortie des coursives. Cette journée fait dans l'excellence pour ce qui est de la pratique à la voile ! Qui s'en plaindrait ! Nous repartirions bien au grand large pour ne pas rentrer tout de suite sur Saint Malo... mais le pilote prévenu ne doit pas être du même avis.

A 16 h 15 notre virement est effectué, la Brigantine et la Grand Voile sont carguées, il ne reste plus qu'à lancer les moteurs.
Mais voilà que le Petit Hunier Volant se déchire...Apparemment cela ne surprend pas outre mesure l'équipage. La voile avait déjà bien souffert...et elle pourra être réparée car la déchirure ne s'est faite que sur une couture joignant deux laizes..
Le changement de voile se fera à quai à Saint Malo demain matin.....................

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A 17 h 10 - Nous sommes à la hauteur du Phare du Grand Jardin... Etonnamment en un laps de temps très court le temps a viré. Le vent a fraîchi... Les petits ilôts découverts à la base du phare se couvrent d'une écume blanchâtre au passage des vagues.
Des embruns viennent nous raffraichir à même le spardeck... au grand damne des objectifs photo qui aiment nettement moins.

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17 h 30 - La Cancalaise, jolie bisquine de Cancale à la coque noire, fait des ronds dans l'eau en attendant l'heure d'entrée dans le sas de l'écluse. A priori nous allons être ensemble pour rentrer dans le bassin Vauban. L'équipage a déjà rangé toute la toile, et descendu les vergues... ses trois mâts démesurés se dressent plantés sur le pont.

L'Etoile Molène surveille aussi l'ouverture de l'écluse. Le vieux gréement attend pour l'instant patiemment devant la Cité d'Aleth.

17 h 40 - Nous entrons dans le sas et nous serrons à tribord pour laisser suffisamment de la place aux autres bateaux. L'Etoile Molène s'engouffre avec nous à bâbord, suivi de la Cancalaise, offrant une mini armada de vieux gréements à la vue des badauds curieux.

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17 h 50 - Puisque nous sommes immobilisés quelques instants dans le sas, je propose à l'ensemble des stagiaires de tous nous regrouper au centre du spardeck pour une photo souvenir. Cette idée fait l'unanimité. Je m'occupe des réglages, et de stabiliser l'appareil photo sur le trépied... voilà... "Heu, il faut vous serrer sur les côtés, tout le monde n'est pas dans le champ là...voilà maintenant on bouge plus pendant 10 secondes et on sourit, je mets le déclencheur ! top c'est parti !" J'ai 10 secondes pour me fondre dans le groupe... clic ! Par sûreté, je demande à faire une seconde prise... voilà c'est dans la boîte.

18 h 05 - Le Belem sort du sas, après toute la flotille de bateaux qui le précède, nous entrons fièrement dans dans le Bassin Vauban.

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Je profite de ce moment pour compléter ma série de portraits photos... L'appareillage du Belem, comme son retour à quai permettent toujours de saisir de jolis instantannés.

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Nous voilà à quai... les aussières tendues stabilisent le bateau contre les pare-battages, et les familles peuvent maintenant fouler le pont du Belem et retrouver leurs proches. Les retrouvailles sont émues, la joie se lit sur tous les visages
... les conversations sont enflammées, c'est à qui vantera le plus le bateau et l'équipage et la magnifique expérience vécue ces quelques jours à bord... La tristesse et l'émotion gagnent aussi bien vite les plus sensibles qui ne souhaitent plus débarquer... quelques larmes perlent même au coin des yeux.
On se promet de se revoir, d'embarquer à nouveau... on s'échange des adresses vite griffonnées dans l'empressement du débarquement... et puis le Belem se vide peu à peu de ses occupants, ... les quais redeviennent plus paisibles et les remparts de Saint-Malo peuvent à nouveau veiller comme il se doit sur le trois-mâts.


Vendredi 22 septembre 2006



Temps gris ce matin sur la Cité Corsaire... Un immense ferry battant pavillon portugais à pris place derrière le Belem pendant la nuit.

Ce matin, je pars en quête de mon billet de train pour rentrer sur Paris ... toutes les bonnes choses ont une fin... dimanche je dois regagner la capitale... lundi reprise du boulot... finies les ambiances maritimes, retour imminent à un quotidien moins enchanteur.
Ce qui revient à peut près à dire que j'ai le moral en berne...

Je replonge vite dans mes pensées et souvenirs de ces dernières heures pour essayer ne pas y penser...et éviter de me laisser submerger par mes émotions.

Pauline et Véronique arrivent en fin de soirée pour passer le week end à Saint Malo ... cela va être sympa de se revoir depuis la Tall Ships de cet été sur ces mêmes quais.

Et ce soir c'est l'anniversaire d'Emma... encore quelques moments en compagnie de l'équipage... on ne quitte jamais tout à fait le Belem...

Samedi 23 septembre 2006



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C'est sous un soleil déjà haut et sous un ciel bleu limpide, que le Belem largue ses amarres sur le coup des 09 h 00.
Une privatisation à la journée de prévue.

Pauline et Véronique m'accompagnent. C'est donc toutes les trois que nous profitons du départ du trois mâts dans le bassin Vauban.
Je me regale avec mon appareil photo. la luminosité matinale est propice aux prises de vues.

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Le Renard, l'Etoile Molène, l'Etoile Polaire et l'Etoile Horizon s'engouffrent dans le sas aux côtés du Belem. Nous restons un bon moment à les contempler avant de gagner la jetée du Môle pour aller les voir mettre sous voiles et évoluer sur le plan d'eau à la sortie de l'écluse.

Nous partons ensuite rendre une petite visite au Grand Aquarium de Saint Malo... avec l'espoir de rentrer à temps pour admirer une ultime fois le retour du Belem sur la Cité Corsaire.

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16 h 40 - Voeu exhaussé ! La silhouette du majestueux voilier se profile sur l'horizon, derrière le phare du Grand Jardin.

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Derniers au-revoir à l'équipage en fin de soirée après une petite virée dans la ville sous une pluie battante... nous ne leur promettons pas de venir les voir sur les quais demain matin car nous avons un train à attraper de bonne heure, mais le coeur y est.

Rendez-vous pris en 2007 pour de nouvelles aventures !


Rédaction terminée le 12 décembre 2006

 
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. A bord du Belem .... L'Equipage .... Les Stagiaires .... Les paysages .... Les vieux gréements.
 
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