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STAGE 25 - NICE / CANNES

Fondation Belem

Cliquez sur les photos dans le récit pour les visionner en grand format.
Les mots soulignés ont des liens directs sur le lexique où des pages photos du site.
Bonne lecture !

NB : VOUS RETROUVEREZ L'INTEGRALITE DES QUELQUES PHOTOGRAPHIES PRESENTES
DANS CE CARNET DE BORD SOUS LA RUBRIQUE
BELEM - STAGE N°25

 
Vendredi 30 septembre 2005
 

17 h 45 - Je débarque enfin à Nice après 5 heures et demi de train...

Ce trajet m'a semblé interminable, entremêlé de moments de somnolence et d'un CD qui tourne en boucle pour ne pas entendre les bruits de la voiture... Le paysage commence réellement à m'intéresser aux abord de la Provence... disons que c'est là que j'émerge plus ou moins de ma douce torpeur.
Passé Aix-les-Milles, le train s'engouffre dans un long tunnel noir pour déboucher ensuite sur un panorama de la ville de Marseille offrant une première vision de la Méditerranée....enfin la Grande Bleue inondée de soleil !

Par contre finie la grande vitesse, le TGV prend un rythme de croisière lancinant d'omnibus.... encore 02 h 30 pour rallier Nice ! Je ne suis pas assise du bon côté, la vitre à ma droite ne m'offre que l'arrière pays en contemplation, certes fort appréciable sur les hauteurs de Toulon, mais j'aimerai autant plonger mon regard dans la Méditerranée... Il va falloir attendre que la voiture se vide au gré des arrêts... Toulon - Saint Raphaël - Cannes... Enfin des sièges de libres ! Je peux alors profiter d'une vue panoramique sur les Iles de Lérins et la baie de Golfe Juan... avec cerise sur le gâteau : une myriade de petites voiles papillonnant sur l'eau. Ce sont les 27ème Régates Royales de Cannes qui se déroulent en ce moment... envie de mer, envie de large... envie de Belem !

Pauline est venue me récupérer à la gare. Venue une journée plus tôt en raison des grèves de la SNCM et de préavis sur les dessertes aériennes, elle a eu le temps de repérer les meilleurs itinéraires à travers la ville. Un bus nous rapproche de l'hôtel mais nous ratons l'arrêt et finalement nous débarquons aux abords du port... pas grave pour 200 mètres de plus, on va pas chipoter et cela me permet de voir la mâture du Belem quasiment engloutie par d'énormes paquebots en arrière plan... qu'il semble bien petit, le frêle trois mâts entouré de ces monstres d'acier !
Escale à l'hôtel pour me délester de mon barda bien lourd... et nous allons faire un tour sur le port pour saluer le Belem de plus près !
Une réception privée se prépare sous des chapiteaux dressés sur le quai et des barrières empêchent l'accès devant le navire. Nous allons nous poster devant le beaupré pour contempler le Belem quelques instants avant de partir faire un tour de l'autre côté du port.

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....................................................................Cliquez ici pour visionner 22 photos touristiques de Nice

Face au Belem, l
'imposant CLUB MED 2 pointe ses cinq mâts vers le ciel, telles des antennes téléscopiques. Difficile de trouver un quelconque charme à ce monstre flottant qui se prend pour un voilier. Nous retournons sur le port et choisissons une pizzeria pour dîner.

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Retour devant le trois mâts qui a pris une tenue assez étrange : des projecteurs ont habillé le Belem d'un drôle d'accoutrement rose-fushia !
Nous retrouvons l'équipage pour un pot à la terrasse d'un café en compagnie de Ségolène, Gaël, Jérémy dont nous faisons la connaissance, et Marko. Nous les raccompagnons ensuite au Belem, Marko nous invite à monter à bord, avant de repartir avec
lui et Jérémy en direction du Vieux Nice où nous retrouvons Alain et Jérôme. Retour à notre hôtel vers 2 h 00.

 
Samedi 1er octobre 2005
 


Samedi matin, nous décidons d'aller déambuler dans les ruelles du vieux Nice et profiter ainsi du célèbre marché aux fleurs.


....................................................................Le Belem au large.. Une goélette 3 mâts

En chemin, le panorama sur la Promenade des Anglais nous offre une magnifique vue dégagée sur toute la baie... Le Belem est d'ailleurs visible au large, ainsi qu'une goélette aux allures modernes.
Le trois mâts fait aujourd'hui une sortie à la journée. Mais pour le moment, Eole ne semble pas enclin à y mettre du sien, empêchant l'équipage d'envoyer les deux derniers étages de voiles et la brigantine.

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......................................................................Cliquez ici pour visionner 22 photos touristiques de Nice

Nous voici dans le Vieux Nice. Les étals d'épices, de fruits et de légumes aux couleurs éclatantes et gorgés de soleil diffusent des parfums qui nous chatouillent le nez ! Dire qu'il y a 48 heures encore, à Paris, tout n'était que grisaille maussade, fraîcheur et humidité d'automne avant l'heure... et là l'été joue les prolongations... quelle transition exquise !

Début d'après-midi shopping dans le centre de Nice en attendant l'arrivée de Véronique à la gare. La grande rue Jean Médecin, pôle commercial et actif de la ville, a des allures de Beyrouth comme se plaît à le dire Pauline. C'est effectivement, un vaste chantier de barrières, de taules et de tranchées à ciel ouvert... Un superbe tractopelle jaune tournesol trône fièrement sur un monticule au beau milieu de la place Masséna ! Un endroit très prisé pour ses façades de couleur du célèbre rouge pompéien, ses arcades, ses jardins fleuris, ses fontaines et ses jets d'eau. Mais là, cette version Beyrouth - BTP pour les photos touristiques, bof ! bof !
Ces travaux sont prévus pour désengorger les grands axes du centre ville avec la construction de voies pour un tramway... à mon avis connaissant Nice, ce ne sera pas du luxe.

Après avoir récupéré Véronique à la descente de son train, et fait une brève escale à l'hôtel pour la débarrasser de ses bagages, nous la conduisons jusqu'au port pour qu'elle puisse voir l'objet de sa venue à Nice : le Belem !
Ségolène me prévient par SMS que le trois mâts est sur le point de s'engager dans le port... il est donc trop tard pour aller jusqu'à la digue. Nous allons par conséquent nous poster sur le quai vers ses amarres. Finalement, c'est un bon choix, puisque nous suivons toutes les manœuvres aux premières loges.
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..........................................................Cliquez ici pour visionner 10 photos du Belem en manoeuvre d'amarrage

16 h 00
- Qu'il semble minuscule devant un gros ferry sur le quai opposé ! La toile carguée, s'avançant de profil ... quelle majesté ! Marko est sur le gaillard d'avant, prêt à lancer la pomme de touline. La sécurité maritime du port, fait signe à la foule de badauds de s'éloigner du bord du quai... une amarre est vite partie, on ne sait jamais.

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...............................................................................................Idem série ci-dessus

Une éclaircie vient à point nommé surprendre l'équipage sur la dunette. Photo à ne pas manquer avec en arrière plan les façades ocres aux volets verts d'une maison typiquement méridionale. Les cuivres fourbis de la barre sont rutilants... un petit groupe de matelots... tout y est ! Clic ! C'est dans la boîte !
Les gabiers s'affairent ensuite dans la mâture pour ferler toutes les voiles. Je suis toujours aussi étonnée et admirative de voir avec quelle décontraction et agilité chacun effectue les manœuvres. Jérémy nous a repéré sur le quai et fait quelques facéties pour nous amuser...
Sacré Jérémy !

Une fois le bateau délesté de ses occupants à la journée, le tout bien en ordre à bord, les gabiers viennent nous saluer à quai... nous en profitons pour leur remettre quelques photos des stages précédents et autres confiseries, notamment pour Dom dont c'est aujourd'hui l'anniversaire. Pauline lui remet un superbe t-shirt de pirate (made in Corsica).
Nous prenons ensuite congé pour aller faire visiter le Vieux Nice à Véronique. Les tables des restaurateurs sont dressées à la place des étals colorés du matin. Ah ! ces soirées d'arrière saison ont décidément un arrière goût d'été fort appréciable.

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.................................................................Cliquez ici pour visionner la série de 9 photos de nuit

Après un petit dîner sympathique en terrasse, retour sur le port pour voir, que dis-je admirer et photographier le Belem dans son pyjama de lumière. Jérémy, de quart, est accoudé à la coupée. Franck, quant à lui, répond aux questions des badauds à quai.
J'ai bien fait d'apporter mon trépied, c'est un outil indispensable pour les prises de vues nocturnes.
Demain matin, le Belem appareille à 09 h 00 pour une sortie en mer à la journée.

 
Dimanche 2 octobre 2005
 

08 h 00 - Alors que Pauline a choisi de prolonger sa nuit par une grasse matinée, j'ai donné rendez-vous à Dominique, arrivé la veille, dans le hall de l'hôtel, afin d'aller voir le départ du Belem depuis la jetée du port.
Dominique est elle aussi multirécidiviste à bord. Véronique et Ségolène, nous retrouvent sur place quelques minutes plus tard.
La météo n'est pas des plus engageantes pour le moment. Tout est gris, sur l'arrière pays les cimes des collines environnantes jouent à cache-cache dans des amas de coton épais et l'horizon au-dessus de la mer arbore des teintes grises-ardoises des plus menaçantes.

09 h 00 - Le Belem appareille et quitte son enclave endormie pour mettre le cap, à n'en pas douter, sur un grain ! Peu de badauds ce matin. Il n'y a vraiment que les accros du trois mâts, armés d'objectifs, à s'être levés de bonne heure en ce jour dominical. Bah, un départ du Belem vaut mieux que toutes les messes du monde, même celles sous la couette ! :o)
La transition entre la pierre claire du phare et le vieux gréement offre vraiment de jolis contrastes de matières et de couleurs... nous avons droit à une belle éclipse de Belem derrière le phare. La ligne de faux sabords du Belem apparaît extraordinairement lumineuse sur cette toile de fond bleue-grise-ardoise... quelle élégance, ce bateau ne cesse de me fasciner.
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Nous partons récupérer Pauline à l'hôtel, évidemment en lui faisant remarquer quelle a loupé de bien belles images.
Notre petit groupe de cinq décide ensuite de s'octroyer un copieux petit déjeuner en terrasse sous les arcades face au port. L'occasion de passer un petit bonjour au téléphone à notre ami Pierre qui malheureusement n'a pu être des nôtres au dernier moment. C'est bien dommage, sa présence depuis la Tall Ships, nous aurait bien fait plaisir.

Pendant notre pause bavardage - petit déjeuner, le soleil en a profité pour se faire une place et chasser tous ces méchants nuages gris. Quelle aubaine ! Nous laissons Dominique à ses obligations et entreprenons de faire l'ascension de La Colline du Château : le promontoire au-dessus du port. Un parc fleuri superbe, d'où on découvre une vue unique sur Nice et les environs. La Promenade des Anglais à perte de vue : l'image de marque de Nice dans le monde entier ! Les nombreuses marches valent vraiment la peine d'être gravies, même si, sur le moment je peste de devoir porter tout mon matériel photo !!

En plus il fait chaud ! Et de voir ce camaïeu de bleus allant du bleu glacier en passant par le turquoise pour finir en bleu azur, nous donnerait pratiquement envie de redescendre les marches quatre à quatre pour aller piquer une tête dans la grande bleue !
Au détour des allées ombragées, les essences végétales délivrent leurs subtils parfums... quel délice ! Et dire que j'ai habité neuf années sur la Côte d'Azur... je retrouve tous mes souvenirs..., j'ai subitement le sentiment que de tourner les pages d'un album photo en arrière.

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Nous redescendons de notre "perchoir" en quête d'une bonne salade niçoise dans le vieux Nice... pas difficile à trouver, tous les restaurants en proposent. Ségolène, nous abandonne au moment du dessert, des amis viennent la chercher. Nous cédons de notre côté à la tentation d'un tiramisu sans culpabilité aucune.
Pratiquement 15 h 00, pour une sortie de table c'est pas mal ! Nous décidons de faire notre deuxième ascension de la journée sur la Colline du Château (quand on aime on ne compte pas !) ... je râle une seconde fois à cause de mon matériel photo ! Mais, une fois arrivées tout en haut, quel plaisir de se perdre à nouveau dans ce labyrinthe d'agaves, de bougainvillées, de lauriers roses ou autres arbousiers.
Cette fois, nous allons nous poster sur un petit balcon de pierre au-dessus du port pour voir arriver qui ? Je vous le donne en mille ??? ... Le Belem !


Nous n'attendons pas bien longtemps, tout au plus cinq minutes à peine - quelle synchronisation ! - avant de voir arriver l'objet de nos convoitises, glissant nonchalamment sur l'eau.
Nous suivons la progression du Belem, tels des spectateurs, suspendus au-dessus d'une scène de théâtre : une loge de premier choix ! Notre acteur, déshabillé de ses voiles, prend des allures de petite maquette voguant sur une immense piscine d'eau turquoise.
C'est presque un spectacle irréel tellement les ingrédients qui composent ce tableau sont beaux.
Nous pestons un moment sur un gros ferry jaune d'œuf de la Corsica Ferries qui nous gâche le paysage et ce en plein milieu du port, mais celui-ci prend finalement la poudre d'escampette dans un vrombissement qui nous est perceptible depuis notre promontoire.

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.........................................................................Cliquez ici pour voir une vision panoramique du site

Dernier soir à flâner sur les quais de Nice... Malgré un ciel chargé et des plus menaçants, avec Véronique et Pauline, nous nous attardons longuement sur le port. Le temps passe si vite, nous voulons profiter au maximum de notre séjour niçois... Le vent plutôt froid ce soir n'a d'ailleurs pas raison de notre obstination. Alors que Pauline frigorifiée (mais Pauline a toujours froid donc ce n'est pas un indicateur fiable, héhé !), se cache derrière une camionnette à l'abri des courants d'air, je descends, suivie de Véronique, sur la passerelle en contrebas du quai pour photographier la lumière féerique du moment.
Le port de Nice, ce soir, revêt de surprenantes couleurs mauves. C'est l'orage sur l'arrière pays qui menace pendant que le soleil tire sa révérence derrière la Colline du Château. Les pointus, ces jolies petites embarcations en bois portant une voile latine, symboles de la Méditerranée, ont la cote ici. Ils agrémentent fort bien le port de leurs coloris éclatants. Qu'il est plaisant de déchiffrer leur petit nom peint sur l'avant des coques … pour la plupart l'immatriculation NI - suivi d'un numéro remplace un nom de baptême… ce qui enlève un peu de charme comparé à " Pti Pierre " - "Ste Thérèse" - "Le trio" - "San Rita"…

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......................................................................Ces photos font parties de la série touristique sur Nice

Pour nous réchauffer, nous retournons à la pizzeria sous les arcades, place de l'Île de Beauté, et nous retrouvons "Staff" notre accueillant serveur de l'avant veille (baptisé ainsi à cause de l' inscription en grosses lettres au dos de sa chemise).

22 h 00 - Véronique s'engouffre à contre coeur dans un taxi pour regagner la gare, direction Paris, nous abandonnant Pauline et moi.
Nous regagnons notre chambre d'hôtel pour boucler nos sacs et profiter d'une bonne nuit de sommeil.
Demain ! Enfin on embarque !!!

 
Lundi 3 octobre 2005
 


08 h 00
- Dernières formalités à l'accueil de l'hôtel avant de gagner le port ! Enfin le jour du départ !!! Nos sacs sont lourds et encombrants mais heureusement nous sommes assez proches du port.

08 h 45 - Les stagiaires commencent à embarquer par l'échelle de coupée installée à bâbord et se rendent dans le grand roof où Jean-Alain, le Second Capitaine les accueille et relève les contrats de stage.

Nous discutons pendant ce temps à la coupée avec Franck et Gaby (les deux Lieutenants).
Nous sommes donc par conséquent les deux dernières stagiaires a récupérer notre mug, et notre numéro de tiers.
Super nous sommes dans le 1er tiers toutes les deux ! Mais c'est normal, je crois que Pauline qui s'était inscrite après moi, avait formulé cette demande lors de son inscription auprès de la Fondation Belem.
J'ai la bannette numérotée 17 et Pauline la 18, soit celle au-dessus de moi dans le module delta, ce qui ne l'arrange pas. Pas évident de grimper là-haut pour un petit gabarit. C'est plus facile pour moi avec mes 1.73 m, nous échangeons donc nos bannettes tout en conservant nos numéros pour ne pas perturber l'ordre établi pour les services de table.

09 h 20 - Pendant que les stagiaires font connaissance avec le bateau, je vais me percher sur la dunette pour discuter avec Marko et Jérémy.

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Marco, juché sur le toit de la timonerie, s'attaque au projecteur, un chiffon d'une main et un flacon de Miror de l'autre.
Jérémy, lui, peaufine les cuivres de la barre à l'aide d'une brosse à dents. Le Belem sera tout beau pour appareiller dans quelques minutes.

09 h 35 - Franck vient corriger l'angle de la barre à l'aide du boîtier de pilotage automatique.
Chaque membre d'équipage est concentré sur le poste qu'il doit tenir et sur les consignes du maître d'équipage, autrement dit le Bosco.

09 h 40 - Les moteurs sont lancés.
Le Commandant nous réunit dans le grand roof pour nous présenter l'Equipage.

Voici sa composition pour le dernier stage de la saison (n°25) entre Nice et Cannes :
- Le Commandant : Jean-Pierre Boin
- Le Second Capitaine : Jean-Alain
- Les Lieutenants : Franck et Gabriel (dit Gaby)
- Le Chef Mécanicien : Jean-Yves "absent pour le moment parce qu'il s'occupe des chevaux"
- Le Bosco (Maître d'Equipage) : Guy (dit Pépé)
- Les Matelots Gabiers Instructeurs : Rico / Gaël / Gwen / Dominic / Marko / Alain / José et Jérémy
- Les deux Cuisiniers : Lionnel et Jérôme

Le Commandant termine sa présentation en désignant Jean-Alain : " Si vous avez un souci, c'est Maman qu'il faut aller voir ".
Jean-Alain enchaîne ensuite sur les consignes de sécurité à tenir à bord et sur l'organisation des quarts de service pour les repas.
Nous notons au passage avec Pauline, qu'il omet de nous parler de l'exercice d'abandon qui aura lieu dans l'après-midi… on voit les récidivistes assidues.

09 h 50 - C'est l'heure du départ. Gwen et Dom rentrent l'échelle de coupée et la montent sur le spardeck.

............................................................Rico et Franck.....Pépé, Rico et Marko.

10 h 00 - Nous appareillons entre le Ponant et le Clud Med 2 à quai dans le port. Tous les stagiaires sont regroupés sur le spardeck pour ne pas entraver les manoeuvres sur le gaillard d'avant et la dunette.

....................................................................................Manoeuvres

10 h 15 - Pas une minute à perdre, nous sommes déjà à la manœuvre pour nous mettre en condition.
Nous brassons pour orienter les vergues. Je suis pour ma part sur le bras tribord du grand hunier volant.

10 h 45 - Nos actions paient ! Deux étages de voiles d'étai / huniers fixes et volants viennent d'être envoyés.

10 h 50 - Les moteurs sont débrayés puis stoppés. La misaine est envoyée.
11 h 20 - Les deux étages de voiles d'étai sont cargués.

................................................................................Une mer quelque peu agitée..

Tiens, je n'y pense que maintenant ! J'ai mes lunettes spéciales pour regarder l'éclipse dans la poche de ma polaire !
C'est l'événement astronomique le plus spectaculaire en Europe depuis l'éclipse totale du 11 août 1999, aujourd'hui, la Lune doit masquer à nouveau le Soleil. Mais cette fois, elle est trop loin (donc trop petite) pour le cacher entièrement. Il serait peut être temps de jeter un oeil pendant que les nuages laissent apercevoir le soleil. Ah oui ! La Lune couvre un bon quart inférieur "tribord" de l'astre solaire !
Je tends les lunettes à Jérémy à la barre pour qu'il profite aussi du spectacle (il fait le pitre en même temps d'ailleurs... c'est tout Jérémy ;o)

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Franck vient jeter un regard sur le cap affiché au compas de route. Je lui demande si ça l'intéresse de voir l'éclipse en lui tendant à son tour les lunettes... C'est marrant il me croit pas, il croit que je lui fait une blague, ... nan c'est pourtant pas mon genre.
Avec force de persuasion je parviens à le décider de jeter un coup d'oeil sur l'éclipse, et tout surpris il me dit "Ah mais oui c'est vrai en plus, il y a une éclipse"... ben oui ça fait 5 minutes que je tente de lui expliquer !
Gaby lui n'hésite pas une seconde, s'empare des lunettes et manifeste tout haut son contentement.

11 h 30 - Je suis postée sur la dunette à tribord et je prends quelques photos, lorsque j'entends Franck cogner à la vitre derrière moi. Il me fait signe de venir à l'intérieur de la timonerie.Il a parlé de l'éclipse au Commandant, qui intéressé souhaite la voir. Je sors donc mes lunettes ma poche pour les lui passer. Il n'y a donc que moi à bord qui était au courant du phénomène astronomique du jour ?

11 h 55 - Franck sort de la timonerie muni d'un anémomètre pour mesurer la force du vent. Il vient se positionner à l'arrière bâbord de la dunette et tend l'appareil à bout de bras. Verdict : vent de force 6 ! Pas étonnant que certains estomacs de stagiaires soient déjà en vrac.

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J'essaie pour ma part de saisir une vague fuyante depuis la coque du navire en me penchant (prudemment tout de même) au-dessus de la lisse bâbord, la dragonne de l'appareil photo enroulée autour du poignet en plusieurs tours, histoire de tout conserver à bord sans rien envoyer par le fond... Je peste contre les embruns qui viennent se plaquer sur l'objectif entre chaque photo prise et qui m'oblige à essuyer les gouttes avec mon t-shirt (sous ma polaire, elle-même sous ma veste de quart - c'est d'un pratique !)... ça y est j'ai la vague que je voulais avec le ciel bien menaçant sur la partie gauche de l'image.

12 h 00 - Vent d'Est de force 6 donc. Le Ciel est couvert et la visibilité moyenne.
La mer est agitée et nous subissons des passages de grains. La pression atmosphérique est de 1012. Le compas indique un cap au 160°.

La cloche du second service retentit. Nous descendons dans la batterie pour déjeuner. Les stagiaires du service précédent que nous croisons dans les coursives ne veulent pas nous divulguer le contenu du menu pour nous laisser la surprise. Tant pis bien tenté.
Nous avons donc ce midi : un demi-melon en entrée, suivi d'une escalope de veau et de pâtes à la carbonara - plateau de fromages et un excellent tiramisu… comme il y a du rab suite au premier service un peu chahuté par le roulis, je me fais pas prier pour une seconde part…

Gaël nous passe quelques consignes pendant le repas pour les prises de quart de nuit et le respect du sommeil de nos compagnons de chambrées
Des stagiaires descendent dans la batterie pour se sécher… les vestes de quart ruissellent … Bienvenue en Méditerranée ! C'est le comble ! Je n'ai quasiment pas connu de pluie en Bretagne et en Manche sur les 28 jours de navigation faits à bord et c'est ici que nous nous faisons doucher ! Incroyable !

Je monte ensuite digérer sur le pont inférieur tribord… accueillie par une belle humidité qui me suit même jusque dans le grand roof où par endroit l'étanchéité vient à manquer. Et oui véridique ! Il pleut même dans le grand roof… En fait c'est depuis les travaux d'hivernage lorsque le spardeck a été refait entièrement. Peut être faut-il laisser au bois le temps de travailler ?

12 h 15 - La misaine est carguée ainsi que le grand hunier volant.

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14 h 20 -
Nous nous sommes réunis en petit comité dans le grand roof en attendant le cours du Commandant... et puis il pleut quand même moins que dehors !
Pauline, qui accuse un petit coup de fatigue, en profite pour faire une petite sieste, en me demandant surtout de la réveiller avant la venue du Commandant... le grand roof n'est pas un dortoir surtout allongée sur les placards du fond !
Enfin je me demande si elle arrive vraiment à dormir, avec un groupe de bavards qui n'a de cesse de plaisanter bruyamment et de la prendre en photo. Pauvre Pauline !

14 h 40 - Nous prenons place dans le grand roof pour notre premier cours.

A programme, une explication de la situation de notre changement de cap en raison des mauvaises conditions météorologiques qui " ballottaient " trop le navire.Visiblement aussi déjà trop d'estomacs fragilisés. Nous avions vraiment une mauvaise stabilité pour continuer sur notre route initialement prévue vers l'Italie, du coup nous avons récupéré un vent arrière et nous faisons maintenant route vers les régates de Saint Tropez.

Nous passons ensuite en revue sur diaporama les cartes météorologiques du moment et celles à venir pour les prochaines 24 heures… pendant que défilent à tribord les roches rouges superbes du Massif de l'Esterel.

Puis l'historique du Belem nous est exposé à grand renfort d'anecdotes :
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- Saviez-vous que Jules Verne en 1896 était administrateur des Caisses d'Epargne ?
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- Qu'en raison de sa belle ligne, le Belem était surnommé le Yacht Crouan ?
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- Que le surnom des femmes à bord était le " leste du diable " ?
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- Que Coco Chanel était la maîtresse du Duc de Westminster ?
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- Que la dunette s'appelait à l'époque la permudienne ?
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- Que l'expression "c'est la quille " provient en fait du nom d'une petite embarcation qui faisait la navette entre la terre et les navires ?

Le Commandant aborde aussi le passage à Séville en septembre dernier, 83 ans après sa première venue du temps de Guinness et sous l'appellation de Fantôme II. Apparemment, l'accueil cette année n'était pas des plus chaleureux ... et le Commandant de sous-entendre que le Belem risque bien de laisser encore 83 années avant d'y rejeter une amarre.

16 h 00 - Fin du cours... le grand roof se vide, le Commandant range son matériel de projection.
Je descends dans la batterie chercher un petit paquet et remonte en vitesse dans le grand roof pour le remettre au Commandant. En fait c'est juste un petit cadeau pour tout l'équipage et la bibliothèque du bord. Il s'agit d'un livre tout récemment paru fin septembre "Les Noms de Voiliers - D'hier à aujourd'hui" dont l'ensemble des photos sont faites par Gilles Foucras - Photographe de mer professionnel... toutes les photos sauf deux. L'une d'elles c'est le Belem, l'autre la Granvillaise... et l'auteur ben c'est moi. En toute logique, si je n'avais jamais navigué sur le Belem cette photo je ne l'aurai jamais faite, Gilles Foucras ne m'aurait jamais contacté pour l'avoir et elle ne figurerait pas dans le livre... alors je trouvais logique et cela me faisait plaisir d'en remettre un exemplaire à bord et petite anecdote : lorsque Gilles Foucras m'a contacté de vive voix par téléphone, c'était en mai dernier, et j'étais précisément à ce moment à bord du Belem.

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Le Commandant feuillette le livre, on cherche les pages concernant le trois mâts et il me demande si au moins j'ai pensé à faire une dédicace... oui oui d'ailleurs avec une citation que j'aime beaucoup de Nicolas Hulot qui reflète tout à fait mon esprit: "Vagabonder à la surface des océans est souvent source de sérénité et, parfois, permet de tutoyer ses rêves. S'y immerger, c'est s'ouvrir à son observation et à sa compréhension." Par contre il me fait remarquer que je ne l'ai pas datée... ah oui tiens cela ne m'étais pas venu à l'esprit "Si vous ne mettez pas de date, dans 109 ans on ne saura plus quand le livre a été offert à bord"... 03/10/2005 voilà c'est réparé !
Le Commandant me remercie.


Vent d'Est - Sud Est de force 3-4. Mer peu agitée. Pression atmosphérique de 1015. Cap au 240°.
Nous effectuons quelques manouevres pour remettre de la toile.

16 h 45 - Grand hunier volant, perroquets, misaine, grand voile et deuxième étage de voiles d'étai envoyés.

La corne de brume retentit et comme on l'avait prévu avec Pauline, les stagiaires ne bougent pas d'un pouce... Nous les incitons donc à se rendre dans le faux pont pour prendre une brassière de sécurité, rangée sous leur bannette. Puis nous leur passons la consigne de monter sur le spardeck au pied du grand mât.
Immanquablement c'est une belle pagaille, des chassés-croisés de stagiaires étonnés... certains doivent croire peut être à une vraie évacuation... Finalement, tout prend une tournure plus vraie que nature et beaucoup plus drôle... enfin grand soulagement ce n'est qu'un exercice.

............................................exercice d'abandon...exercice d'abandon...exercice d'abandon

Nous retrouvons Jean-Alain et lui expliquons que l'annonce de l'exercice d'abandon, ce matin dans l'effervescence du départ, avait été zappée... d'où ce joyeux capharnaüm.
Tout le monde s'entraide à vérifier l'attache correcte des brassières, les récidivistes en resanglent quelques-unes sur les novices.
Voilà nous sommes fins prêts pour écouter les consignes sur l'utilisation des brassières, du plan d'évacuation et des canots de secours (bombards).

18 h 20 - Les moteurs sont envoyés.
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19 h 05 - Nous avons droit ce soir à un magnifique coucher de soleil incendiaire sur les reliefs côtiers, alors que nous venons nous-mêmes de nous faire doucher par quelques gouttes de pluie. La météo changeant me convient ! C'est aux petits oignons pour faire de belles photos.

Alain nous sollicite pour reprendre un peu sur la grand-voile d'étai.

20 h 00 - Vent d'Est - Sud Est de force 3-4. Mer peu agitée. Pression atmosphérique de 1015. Cap au 105°.
Les moteurs sont stoppés. Le ciel est toujours nuageux mais la visibilité reste bonne.

Ensuite je file aux cuisines, car ce soir je suis de service. J'ai mené ma petite enquête et j'ai trouvé un de mes compagnons de service le n°14 : Paul, mais il nous manque le n°16 : Frédéric.
Le mot passe entre les stagiaires pour retrouver le numéro manquant et notre fine équipe se retrouve rapidement au complet pour dresser les 26 couverts dans la batterie. Frédéric, en fait, n'est pas vraiment dans son assiette, les effets du mal de mer qui se font ressentir. C'est vrai que depuis le départ nous avons été quelque peu chahutés.

Frédéric essaie cependant par tous les moyens de ne pas penser à son mal de mer, il commence le service des entrées avec nous et fait même de l'humour à table. Lors de la présentation de l'équipage ce matin, il a cru impressionné que tout l'équipage faisait partie de la même famille ! "Alain, gabier. José, gabier. Dom, gabier. Gaël, gabier..." Et ben Monsieur et Madame Gabier n'ont pas chômé !

Nous l'épargnons autant faire ce peut et nous lui évitons les allées et venues dans les coursives avec les plats. Nous lui conseillons même de monter sur le pont au grand air. Du coup j'ai l'impression de prendre mon repas en faisant un cours de gym, beaucoup plus d'aller-retour... et quand on arrive au niveau du surbau en haut de l'échelle de coursive, comme il fait nuit noire, on n'y voit plus rien... mais bon les plats sont généralement vides, pas de catastrophe sur le pont... bref pour dire que nous nous en sortons comme des chefs avec Paul.

Nous avons ce soir au menu : plateaux de charcuterie - calamars en sauce et riz - salade et plateau de fromages - de nouveau du tiramisu (Lionnel et Jérôme en ont fait pour un régiment !) et fruits.
Pendant le repas des manœuvres s'opèrent : La misaine, la grand voile sont envoyées. Les moteurs sont débrayés.
De toute façon, le second service est toujours plus cool que le premier. Ce n'est pas le stress à l'approche de la fournée suivante d'affamés (si tant est, qu'il y ait stress...). Néanmoins, nous gardons un rythme soutenu pour monter la vaisselle en cuisine et ne pas retarder les cuisiniers.

21 h 10 - Le grand perroquet est serré.

21 h 50 - Je prends ma douche ce soir pour gagner du temps et éviter la cohue demain matin. C'est fou comme on prend ses marques lors qu'on est récidiviste... on connaît toutes les petites subtilités de la vie à bord.

22 h 20 - Bien emmitouflée dans mon sac de couchage, je griffonne quelques notes sur mon carnet avant d'éteindre ma veilleuse. Je réalise avant de trouver le sommeil que cette bannette est exposée à plein de courants d'air !
A ma gauche, j'ai une grille ajourée qui donne de l'autre côté de la cloison directement dans la batterie, à droite une bouche d'aération climatisée qui me souffle un air frais sur le visage et au-dessus de ma tête une claire-voie qui donne sur le pont inférieur tribord. Je me saucissonne encore plus dans mon sac de couchage et trouve somme toute rapidement le sommeil, un peu exténuée par cette première journée.

24 h 00 - Vent d'Est - Sud Est de force 3-4. Mer peu agitée. Pression atmosphérique de 1015.
Cap au 70°.

 
Mardi 4 octobre 2005
 


03 h 30 -
Je suis déjà réveillée en prévision de mon quart...une vraie horloge suisse !! Je m'habille à l'horizontal dans ma bannette, pas hyper pratique, mais je ne vais pas descendre et prendre le risque de réveiller Pauline en dessous qui a encore le droit de dormir un bon quart d'heure, avant l'appel du matelot de quart. Le sommeil et le respect des autres à bord d'un bateau est Ô combien précieux !

03 h 45 - C'est José qui s'y colle pour réveiller le premier tiers..
Cette fois, ni une ni deux, je saute à terre et finis de m'habiller. J'amène mes bottes, mon pantalon ciré et ma veste de quart dans la batterie pour avoir plus d'espace pour tout enfiler. J'avale une gorgée de café chaud touillé avec un sucre et je monte sur le pont.

04 h 00 - Vent d'Est de force 1 - 2. Mer belle. Pression atmosphérique de 1016. Cap au 350°.
Ciel nuageux, grains et averses, bonne visibilité, réduite sous averses - orages.

C'est donc une charmante humidité qui nous accueille sur le pont. Une pluie ininterrompue qui a vite fait de vous tremper. Enfin, nous avons tous suivi les conseils des stagiaires du quart précédent, croisés tout dégoulinant dans les coursives : "De préférence, soyez étanches cette nuit !"
C'est en ciré, pantalon ciré et bottes que nous marchons à tâtons sur le pont, éclairé furtivement par des éclairs... et oui il fait de l'orage en plus.
Je dois être une des rares à trouver la situation drôle... oui enfin en soi, ce n'est pas drôle, c'est même plutôt désagréable que de se voir réveiller en pleine nuit pour passer trois heures sous une pluie battante... Enfin moi, primo j'étais déjà réveillée impatiente de prendre mon quart, et secondo c'est le fait de naviguer pour la première fois en Méditerranée sous un temps de chien, alors que sur l'ensemble de mes navigations précédentes, que ce soit en Manche ou en Bretagne, je n'ai jamais eu de pluie, tout au plus trois gouttelettes et encore.
Bon, ne nous plaignons pas, il fait plutôt doux.

Gwen effectue la répartition des stagiaires par n° de bannettes.
Première heure à disposition de l'équipage sur le pont, heure qui s'annonce très active avec des manoeuvres. Nous brassons la grand-voile et la misaine à deux reprises.

05 h 00 - Nous venons d'effectuer un virement Lof pour Lof.
Deuxième heure, sur la dunette au poste de barreur..., mais je laisse la priorité aux novices...
Nous discutons entre stagiaires, de tout, de rien, de nos vies de terriens, de nos métiers, de nos régions, de nos expériences maritimes, de notre passion pour le Belem... Les quarts de nuits à bord sont toujours des moments d'échanges enrichissants et intéressants humainement, où toutes les barrières hiérarchiques de la société tombent où le tutoiement et la convivialité sont de rigueur. Mais il est parfois bien difficile au cours de la journée suivante de reconnaître avec qui la conversation s'est engagée la nuit précédente... surtout lorsque la nuit est noire et pluvieuse et que les visages sont dissimulés sous des capuches bien capelées.

05 h 30 - Pauline vient à ma hauteur pour me dire de lui rappeler de l'empêcher de s'inscrire à un prochain stage !! Elle me dit même de le consigner dans mon carnet pour ne pas oublier. Je n'ouvre pas les paris, je sais bien qu'elle remontera à bord sans tarder, je suis sûre de gagner ... mais Pauline à ce moment précis s'obstine : "ce stage est le dernier un point c'est tout ! Marre de la pluie et marre du froid !"
Rico lui a prêté un pantalon ciré et des bottes, le tout trois fois trop grand pour elle...Lorsque les éclairs illuminent le pont, on dirait un petit lutin qui se promène sur la dunette. Je trouve ça très drôle.


Bon cette pluie ne cesse ...Je vais me mettre un peu au sec dans la timonerie, et j'écoute les explications que délivre Jean-Alain à Bénédicte sur les radars, la barométrie, le système AIS.


06 h 00
- Troisième heure à la veille sur le gaillard d'avant. Plus que jamais bien capelée dans ma veste de quart, exposée à tout vent et toujours sous cette pluie battante que j'entends crépiter sur ma capuche ; je commence à avoir froid, alors pour me réchauffer j'entreprends de faire le tour du navire avec une escale dans le grand roof pour griffonner quelques mots dans mon carnet sur ce quart de nuit plus qu'humide ... Mon carnet a pris l'eau et la forme de ma poche, mais comme j'écris toujours par précaution avec un stylo bille, les mots ne se sont heureusement pas dilués sur les pages.. La faible lueur de la signalisation "sortie" au dessus de la porte du grand roof me suffit tout juste pour voir ce que je gribouille.

Gwen remonte de la cambuse par l'escalier à double rotation, les bras chargés de pain en prévision du petit déjeuner.

06 h 35 - L'aube pointe sont nez au travers du couvert nuageux. La pluie cesse enfin... ça devenait inespéré ! J'essore pour la seconde fois mes gants complètement détrempés.

06 h 45 - Pauline rejoint les cuisines, elle est de service pour le petit déjeuner.

07 h 00 - Position au sud de l'île de Saint Honorat (îles de Lérins au large de Cannes) à 13 milles environ.
Nous descendons dans le faux pont pour prendre un chaud et réconfortant petit déjeuner - lait chaud et tartines de confiture. Mais il faut au préalable se débarrasser de nos effets trempés... retrouver cette impression de sec après 3 heures d'humidité n'est pas chose aisée.

07 h 45 - Petit tour sur la dunette. Alain est à la barre avec Rico.
Le ciel se dégage sur l'horizon. On aperçoit même les montagnes enneigées sur la côte.

08 h 00 - Vent d'Est - Nord Est de force 3. Mer belle. Pression atmosphérique de 1016. Cap à 145°.
C'est l'heure d'entretien du navire. Nous sommes affectés au nettoyage de la batterie et des sanitaires.
Je passe un coup de balai dans la batterie en compagnie de Paul ; chacun bataillant énergiquement pour faire remonter ses miettes en premier au bout de la table. c'est marrant comme l'affectation des services de table créée des affinités et des complicités ensuite. Je rejoins ensuite Pauline et Bénédicte dans les sanitaires pour les aider. C'est le ballet des chiffons, éponges et produits d'entretien. Une demi-heure après tout brille ! De vraies fées du logis !
Rico vient nous réparer la porte battante du placard porte-serviettes qui fermait mal.

09 h 24 - Tous à la manoeuvre sur le pont pour effectuer un virement Lof pour Lof.

09 h 35 - 2ème étage de voiles d'étai envoyé.
09 h 40 - Petit perroquet envoyé.
Je suis sollicitée pour toutes les manoeuvres sur les drisses. Chut, faut pas le dire ! j'aime ça ! Je me positionne au bout du pont et je stoppe la drisse sur un cabillot, pendant que les stagiaires sur le pont retournent sur leur pas et ramènent à nouveau quelques longueurs de drisse tout en marchant.

09 h 55 - Le Commandant nous convie au briefing matinal dans le grand roof et nous annonce amusé : "On a reviré pour que vous puissiez téléphoner." Ah moi de tout façon, à bord, mon téléphone est éteint ! A terre, ma famille et mes amis sont prévenus : je suis injoignable ! On ne me dérange pas quand je suis quelques jours par an en tête à tête avec le Belem ... c'est un principe :o)

Petit point météorologique du jour, sur la circulation générale des vents sur le globe, avant d'aborder les virements de bord à l'aide de la petite maquette du Belem (construite par Sébastien).

Jean-Pierre Boin nous raconte ensuite une petite anecdote. Son prédécesseur lui a un jour remis une clef en or avec un petit coffre. Cette clef était sensée représenter la "clef du savoir" que tout bon capitaine se doit de connaître. Poussé évidemment par la curiosité, le coffre fût ouvert avec la dite clef... et à l'intérieur juste un tout petit papier soigneusement plié comportait l'inscription suivante :

...................................................................... .............bâbord = gauche
...................................................................... ..............tribord = droite
Cette petite anecdote met le sourire sur tous les visages.
Nous aurions aimé être là à l'ouverture du coffre !
10 h 30 - Fin du cours

11 h 00 - Brigantine envoyée.
Repas au premier service. Nous avons au menu : terrine de poisson - veau sauce champignons et frites - plateau de fromages et feuilleté aux abricots. Le grand cacatois et grand perroquet envoyés pendant que nous mangeons.

12 h 00 - Vent de Nord Est de force 5. Mer belle. Pression atmosphérique de 1018. Cap à 340°.
Ciel nuageux. Bonne visibilité. Position au large du Dramont (Esterel) à environ 6,2 milles.

12 h 15 - Les cacatois sont serrés.

...................................................................cours de matelotage...cours de matelotage...cours de matelotage

12 h 25 - Marko convie les stagiaires volontaires à un cours de matelotage sur l'avant du spardeck, à bâbord pour profiter de la chaleur des rayons de ce soleil d'octobre.
Chut !! Avec Migou et Pauline, nous sèchons le cours au profit d'une petite séance photos.

...................................................................Migou...Pauline...Ma pomme

12 h 40 - Virement vent devant.
Le ciel est peu nuageux et la visibilité est bonne.La lumière excellent pour les photos.

........................................................................

13 h 40 - Entre les différentes manoeuvres, je récupère mon appareil photos posé dans le grand roof, et part en quête de nouveaux clichés.
La lumière me semble tellement différente en Méditerranée... que les moindres petits détails m'interpellent. Et hop, un petit sujet sur l'accastillage.

...........................................Accastillage..Accastillage...Accastillage...Accastillage
....................................................................................
14 h 40 - Second cours du Commandant.
Avec Pauline, nous reprenons nos places sur les placards au fond du grand roof, en somme au fond de la classe. Mais en élève assidue, je prends toujours quelques notes sur mon fidèle carnet.
Le cours est à peine commencé que le Lieutenant Franck se fait remarquer. Même s'il remonte l'escalier à double rotation et traverse le grand roof discrètement pour ne pas interrompre le cours... le Commandant ne manque pas de le chambrer:"ça c'est John Travolta"... John, pardon Franck, s'esquive avec un large sourire.

Nous passons ensuite en revue les différentes façons de gréer les grands voiliers à l'aide d'un diaporama illustré de nombreuses photos... c'est un peu comme si on faisait un flash back sur la tall ships du mois de juillet.

A la projection d'une photo illustrant une goélette carrée à huniers qui n'est autre que la Belle Poule de la Marine nationale...le Commandant annonce :"Merci de ne pas traduire par Beautiful Chicken en anglais !"...

De temps à autre, je jette un coup d'oeil par les vitres du grand roof... nous longeons à quelques milles les roches rouges de l'Esterel. Au loin, on devine les voiles colorées des régates de Saint Tropez... mais nous sommes un peu loin pour profiter pleinement du spectacle. Dommage.

Jean-Pierre Boin nous retrace ensuite l'histoire de l'île de Pitcairn :

En 1787, le Bounty sous les ordres du Commandant Bligh quitte l'Angleterre pour Tahiti. Il va chercher des plants d'arbres à pain pour les ramener dans les Indes Occidentales touchées par la famine.
Après un doux séjour tahitien, les marins ne veulent plus quitter Tahiti et des affrontements éclatent. Sur le chemin du retour c'est la mutinerie. Fletch
er Christian, le lieutenant adjoint en second, s'empare du navire et les mutinés laissent le Commandant William Bligh et 18 des membres de l'équipage à bord d'une chaloupe dans l'archipel des îles Tonga. Au terme d'un terrible et long voyage de 42 jours sur 3500 miles ils arrivèrent sains et saufs à Coupang dans l'île de Timor.
Les mutinés, eux, s'établissent en 1790 avec quelques Tahitiennes sur l'île de Pitcairn, près de Tahiti. Après avoir vidé le Bounty de ses provisions, ils l'incendièrent.
Les descendants de Fletcher Christian et de ses compagnons vivent encore aujourd'hui sur cette Ile. Les autres mutins qui avaient choisi de rester à Tahiti furent capturés par le capitaine Bligh et réembarqués vers l'Angleterre à bord du H.M.S. Pandora, Ils furent traduits en cour Martiale.


15 h 35 - Fin du cours
.
Un petit avion nous survole à plusieurs reprises. Nous pensons qu'il s'agit de passages en vue de prises photographiques, mais en fait l'avion est là nous nous prévenir que nous voguons à l'approche d'une zone de tirs. Ah ben, ils sont accueillants dans le coin !

16 h 00 - Vent d'Est de force 2. Mer peu agitée. Pression atmosphérique de 1019. Cap à 170°.

16 h 25 - Les moteurs sont lancés. Nous manoeuvrons pour réduire la toile.
La grand voile semble réssister sous les efforts d'un groupe de stagiaires positionnés en grappe sur les cargues. Pépé les chambre gentiment "On va mettre Myriam, vous allez voir, à elle seule..."
La grand voile, la misaine et la brigantine sont carguées. Nous rangeons ensuite le pont.

16 h 50 - Les moteurs sont embrayés.

..................................................................José...Marko...Dom

17 h 10
- L'équipage s'affaire sur l'outillage pour entretenir le navire. Chaque éclaircie est accueilli comme le messie pour permettrent les travaux d'entretien. José s'affaire à poncer le vieux vernis de la claire-voie de la machinerie. Marko quant à lui pose une couche de vernis sur la claire-voie sur le spardeck. Et Dom travaille dans les enfléchures.

........................................................................

17 h 25 - Je scrute l'horizon qui nous entoure. S'il est des plus photogéniques sous l'objectif, il n'en reste pas moins annonciateur de passages de grains au-dessus de nos têtes. Le soleil semble batailler pour jeter à terre ses rayons au travers d'un épais couvert nuageux.
Lionnel me sollicite pour la préparation du punch vers 18 h 00. Ok pas de soucis, c'est maintenant pour moi une routine à bord ...

17 h 45 - Les perroquets sont cargués.

18 h 00 - J'ai recruté Pauline et Delphine pour me donner un coup de main pour l'installation du punch. L'équipage a mis en place une table à cet effet sur le spardeck - pourvu que la pluie ne vienne pas s'en mêler !
Delphine et moi, assises au pied du grand mât, remplissons les gobelets en plastique d'un breuvage parfumé à la cannelle (entre autre).
Nous tendons ensuite les verres pleins à Pauline, qui les aligne sur la table de fortune.

............................... Punch à bord...Punch à bord...Punch à bord...Punch à bord...Punch à bord..

18 h 30 -
ça y est le punch est dans les verres ! prêt à être consommé.
Dom arbore fièrement le t-shirt que Pauline lui a offert. Gaël voyant que Dom pose pour une photo, fait le pitre derrière lui.
Dominique, une des stagiaires est invitée à chanter. Petit moment des plus convivial à bord que tout le monde apprécie.

.................................................... ..Punch à bord

Quels rayons de soleil rasants viennent teinter le pont du Belem de douces couleurs roses-orangées. Instants privilégiés à savourer.

19 h 00 -
Repas au premier service.
Au menu : tomates et surimi - boeuf accompagné de carottes / épinards / courgettes - plateau de fromages et yaourt.
Je mange entre Pauline et José qui finit son assiette avec un lance-pierres... la place ne reste pas vacante longtemps et je récupère le lieutenant Franck à ma droite.
Alain vient nous annoncer qu'en raison du mouillage, tous les quarts de nuits sont annulés. Ce n'est pas un scoop pour les récidivistes qui s'y attendaient déjà mais qui avaient gardé le secret ...

19 h 40 -
Toute la toile est carguée.

20 h 00 - Vent de Nord Est de force 2. Mer belle. Pression atmosphérique de 1019.
Routes et allures diverses pour l'arrivée au mouillage en rade de Saint Raphaël.

20 h 10 - Mouillage maillon tribord en rade de Saint Raphaël à environ 0,45 mille.
20 h 25 - Les moteurs sont stoppés. Ciel nuageux - bonne visibilité.

Nous discutons un bon moment, Pauline, Gaël, Jérémy, Lionnel et moi sur le pont inférieur tribord. Puis avec Franck sur la dunette. Il fait déjà nuit, frais et humide. La rade de Saint Raphaël semble endormie, le navire aussi. Les projecteurs n'éclairent pas la mâture. On se croirait au beau milieu de la nuit alors qu'il n'est que 21 h 00.

21 h 40 - Nous rejoignons nos bannettes après un rapide passage dans les sanitaires... L'eau des douches n'est pas des plus chaudes. Je dois être vraiment fatiguée pour me coucher comme les poules ! Une bonne nuit réparatrice pour attaquer le dernier jour en grande forme.
Je m'emmitoufle dans mon sac de couchage, fermeture jusqu'en haut, type momie égyptienne dans son sarcophage, tout en gardant en plus, sur moi ma veste polaire. Décidément cette bannette n° 18 est en plein courant d'air ! Je sens l'air frais balayer mon visage, j'ai le but du nez tout froid ... brrzzzzzzzzzz. La lumière diffuse par la claire-voie au-dessus de ma tête ne m'empêche cependant pas de m'endormir.

24 h 00 - Vent de Nord Ouest. Mer belle. Pression atmosphérique de 1019.
Ciel peu nuageux. Bonne visibilité. Bonne tenue au mouillage.

 
Mercredi 5 octobre 2005
 


04 h 00 -
Vent d'Est de force 1-2. Mer belle. Pression atmosphérique de 1019.
Bonne visibilité. Bonne tenue au mouillage.

06 h 00 - Je suis réveillée dans ma bannette et impossible de me rendormir... J'allume ma veilleuse pour compléter mes notes sur mon petit carnet...

07 h 00 - Petit déjeuner.
07 h 30 - Les moteurs sont lancés.

................................................................Baie de Saint Raphaël...Baie de Saint Raphaël

07 h 45 - Je suis déjà sur le pont, appareil photo en main. Nous sommes entourés, ce matin, de véritables paysages d'aquarelles. Je suis subjuguée par cette baie de Saint Raphaël encastrée dans ces roches ocres.

08 h 00 - Vent d'Est - Nord Ouest de force 2. Mer belle. Pression atmosphérique de 1019.
Bonne visibilité. Ciel nuageux. Bonne tenue au mouillage.
On commence à virer.
08 h 12 - Ancre haute et claire.

.........................................................Sur le gaillard avant...

La journée s'annonce ensoleillée. Déjà les premiers rayons de soleil viennent lècher le pont, projetant des ombres démesurées à nos pieds.
Les voiles carguées captent la lumière du petit matin et attendent impatiemment d'être établies.
Nous ajustons nos gants à l'annonce des manoeuvres par le Bosco.

09 h 00 - Moteurs débrayés.
Les huniers fixes et volants, la grand voile et la misaine sont envoyés.

09 h 02 - Les moteurs sont stoppés.
09 h 05 - Les perroquets sont envoyés.
...........................................................
Ce matin l'humeur de l'équipage est joueuse et bonne enfant, une convivialité égale à elle-même dans le quotidien du navire… mais ce matin plus précisément encore. Peut-être plus perceptible parce que Pauline et moi sommes dans la confidence de la petite blague du jour qui se prépare…

En fait, une opération commando de sauvetage SNSM s'organise discrètement sous le gaillard d'avant parmi les membres d'équipage... gros gag en perspective pour piéger le Commandant en personne et bien sur amuser toute la galerie.
Le but est de créer une petite diversion pendant le cours du Commandant ... cours qui se tiendra dans le grand roof… et qui facilitera bien évidemment les opérations à l'abri des tous les regards indiscrets. Le plan ne peut que fonctionner, même s'il faut rester vigilant pour qu'il n'y ai pas de fuite… difficile de faire discret sur un bateau avec plus 60 personnes à son bord.

Je commence donc le reportage photos dans l'atelier sous le gaillard d'avant où Gwen est entrain de se préparer, aidé de quelques gabiers...

Mais plantons le décor pour mieux comprendre le déroulement de l'action :

Scénario : gag - une opération commando de sauvetage SNSM burlesque
Personne piégée : le Commandant
Public visé : les stagiaires
Personnes complices : les gabiers, Jean-Alain (le Second Capitaine), Pauline et moi
Premier rôle et cascadeur (sans doublure) : Gwen
Costume : heu… ben en fait un peu tout ce qui traîne dans l'atelier sous le gaillard d'avant
Habilleurs : Gwen lui-même aidé de quelques gabiers
Agent de surveillance et de sécurité en chef : Gaël
Lieu du tournage : ben à bord du Belem (c'est une évidence) - plus précisément le grand roof.
Heure de frappe : action prévue pendant le cours du Commandant
...............................................................................

Bref, voyez pas besoin de Bruce Willis pour faire une opération digne des grandes productions hollywoodiennes ....... ça le fait grave !
Une drisse pour " hélitreuiller " Gwen est soigneusement installée au-dessus de la claire-voie sur le spardeck, claire-voie qui donne directement dans le grand roof au-dessus de l'escalier à double rotation.
Pour cela, la claire-voie sur le spardeck est ouverte évidemment (on va tout de même pas défenestrer ce pauvre Gwen !) - comme prétexte l'aération du grand roof ... Jusque là rien de bizarre, même si le grand roof est constamment aéré avec l'ouverture des deux portes latérales d'accès ... enfin le niveau de crédibilité reste de 100 %.
Revenons au scénario... il est donc prévu de faire descendre Gwen harnaché au bout d'une drisse par l'ouverture de la claire-voie et de le laisser suspendu au-dessus de l'escalier à double rotation... Que d'imagination !

Voilà, tout est prêt … soigneusement répété dans les esprits pour la bonne marche des opérations.
Je fais une petite ronde sur le pont et le gaillard d'avant pour rassembler les derniers stagiaires qui flânent au soleil et les convier à rejoindre le grand roof en vu du briefing du Commandant.

..................................................................Voir la série de photos....Voir la série de photos...Voir la série de photos

Gwen attend bien sagement dans l'atelier, affublé de toutes sortes d'objets au-dessus de sa combinaison cirée jaune hauturière (à noter qu'il fait quand même un soleil éclatant ce matin !) … En guise de couvre chef, il arbore un magnifique entonnoir orange. Il a aussi revêtu une brassière orange fluo de sécurité, des lunettes de protection style skieur des cimes à rendre jaloux Jean-Claude Killy … bref quelques décorations supplémentaires écharpes et pavillons apportent la dernière petite touche de crédibilité hautement loufoque.

09 h 50 : C'est l'heure du cours. Les stagiaires s'installent dans le grand roof, derrière le comptoir, sur les bancs latéraux et à même le sol… Je me suis gardée au chaud une petite place aux premières loges et je peaufine donc les réglages de mon appareil photo. Difficile d'ailleurs : le grand roof est sombre et l'ouverture de la claire-voie en contre-plongée au-dessus est un puits de lumière éblouissante.

.......................................................................Voir la série de photos. .Voir la série de photos

Le Commandant arrive et prend son poste à côté du matériel de projection … Oops il jette un regard sur la claire-voie ouverte… c'est clair, à son attitude, il va demander à ce que l'ouverture soit fermée ! Immanquablement ça ne loupe pas !

Alain, un des gabiers passe dans le grand roof (en fait exprès pour voir si tout est en place pour donner le coup d'envoi)... Le Commandant en profite donc pour lui demander de fermer la claire-voie !!! Alain ressort faisant signe de faire le nécessaire..
Le cours commence....
Les stagiaires sont attentifs devant l'écran de projection ...eux oui, moi non… aucune concentration, l'appareil photo entre les mains prête à shooter.
Le Commandant ne se doute toujours de rien … la claire-voie tarde toujours à se refermer … et le cours commence donc par une projection diaporama…
....................................................Voir la série de photos...Voir la série de photos...Voir la série de photos

09 h 55 : Gwen apparaît d'un coup d'un seul, un peu avec fracas il faut bien l'avouer... suspendu en rappel au bout de sa drisse... une fois stabilisé et un peu surpris par la retenue de la drisse peu souple, il nous lance un guttural "Intervention de sauvetage de la SNSM ! "
Effet de surprise garanti !!!
C'est le moins que l'on puisse dire le Commandant ne s'y attendait pas ! La scène se passe tellement rapidement, qu'il me semble même qu'après coup il esquisse le geste de rattraper Gwen.
La surprise laisse bien vite place aux éclats de rire...
Gwen lui-même est mort de rire harnaché au bout de sa drisse. Quelle diversion !

Bon le cours reprend ensuite son bon déroulement, avec quelques histoires maritimes célèbres :la Bataille de Trafalgar… des anecdotes sur le Commandant Nelson…et l'histoire de la montre marine.
10 h 30 - Nous devons libérer le grand roof car comme le dit le Commandant :
"Place au Lieutenant Boutique ou Lieutenant Cravate"
Franck, doit effectivement installé la boutique.

11 h 00 - Repas au premier service. Nous nous installons Pauline, Alain, Marko et moi sur la petite table de la batterie de l'autre côté du grand mât qui traverse la pièce.
Nous avons au menu : chiffonnade de jambon cru - aile de raie aux câpres & pommes de terre vapeur - plateau de fromages et charlotte au chocolat.

12 h 00 - Vent nul. Mer calme. Pression atmosphérique de 1021.
Cap 172° - Cap du Dramont à 4 milles.

L'équipage me réclame pour sonner l'annonce du second service. Lionnel me propose de prendre mon appareil photo pour faire quelques clichés pendant que j'actionne la corde de la cloche. Il y a beaucoup de gabiers dans les parages… Hmmmm… je pressens une action de leur part, mais sans trop y faire attention, je mets le casque sur mes oreilles et...

...........................Comment prendre une douche ?...Comment prendre une douche ?...Comment prendre une douche ?...Comment prendre une douche ?...Comment prendre une douche ?

...Splaaaaaaaaaaaaaaaaschhhhhhhhhhhhhhhh ! ! !
Je me prends deux seaux d'eau froide sur la tête … Effet de surprise réussi : je suis trempée ! J'éclate de rire comme tout mon entourage. Le coup était bien monté j'avoue... j'avais bien quelques suspicions pourtant.
Alain et Marko sont les investigateurs de cette petite farce. Alain vient se faire pardonner en m'annonçant que pour moi ils ont pris de l'eau douce qu'ils ont laissé chauffée au soleil et non des seaux d'eau de mer ....wouahhhhhhh trop aimables ! :o)))

Il était sûrement écrit dans les tablettes que cette journée serait placée sous l'égide de joyeux farceurs.

12 h 15 - Les moteurs sont lancés.
12 h 30 - Les moteurs sont embrayés.

Je décide de monter dans la mâture pour ferler la grand voile avec Marko. Mais à mi-enfléchûres, je redescends. Encore trempée (évidemment), j'ai un peu froid, l'appareil photo que j'ai gardé en bandoulière me gène dans mon ascension ... bref je ne suis pas au mieux, je préfère redescendre et rester sur le spardeck à lézarder pour sécher.

José embauche les stagiaires présents sur le pont pour carguer la toile qui reste sur les deux mâts.
Nous ne sommes pas nombreux vu que la moitié des stagiaires déjeune dans la batterie et près de la moitié de notre moitié ferle la grand voile et dans la foulée la misaine. Bref la moitié de la moitié, nous sommes donc un quart de l'effectif à faire toutes les manoeuvres pour carguer les voiles. Un bon exercice physique idéal pour faciliter la digestion.

13 h 15 - Toute la toile est carguée et halée.

13 h 30 - Je décide de prendre un peu la barre pour la première fois sur le stage. Il serait temps ! Dans une heure le Belem sera à quai dans le port ! … En fait, j'ai surtout envie de me faire un peu plaisir avant la mise en pilote automatique du navire.
C'est pour moi un peu emblématique de revenir sur la Côte d'Azur. Revenir à Cannes au bout de 8 ans, là où j'ai habité pendant 9 ans et qui plus est arrivée à la barre du Belem ! Un beau cadeau que je m'offre.

.........................................................................................Myriam à la barre

L'émotion est grande, j'ai du mal à la surmonter en découvrant les côtes des Iles de Lérins se dessiner à tribord. Du coup, je mets un certain temps à stabiliser le cap à 25° et effacer dans le sillage quelques jolis lacets. Ce qui amuse Paul à mes côtés.
Une demi-heure à la barre... c'est trop peu, mais c'est mieux que rien. Je suis la derrière stagiaire à barrer avant le pilotage automatique.

................................................Timonerie...Gaby...Jean-Alain et Jean-Pierre Boin...Franck

14 h 00 - Il est temps de passer sous pilotage automatique. Je tiens les battants de la tortue pour que Gaby puisse bloquer la barre. Nous la stabilisons ensuite avec un bout de chaque côté.

14 h 30 - La pilotine arrive et le pilote monte à bord.
................. ..............Sainte Marguerite...Le Suquet...Le Carlton...Le port

Le paysage se dessine plus en plus précisément ... La Croisette nous détaille tous ces palaces de luxe à la façade blanche : Majestic, Carlton, Martinez... J'ai l'impression d'avoir quitté Cannes hier ! Rien ne semble avoir changé.

A 15 h 00, nous nous présentons devant le quai, ponctuels comme à l'accoutumée.
Le ballet des sacs dans les coursives commence... poignées de mains, embrassades, les stagiaires quittent le navire par l'échelle de coupée installée sur le pont inférieur tribord.
Nous tardons sur le pont avec Pauline... il doit encore être écrit que nous serons les derrières à passer la coupée... pour ne pas changer.
Nous faisons le tour des différents ponts du Belem pour dire au revoir à tout l'équipage, mais comme nous restons jusqu'à samedi matin sur Cannes, nous promettons de venir les voir avant de partir bien évidemment.

..................................................................Doriana...Doriana

Du pont bâbord, nous voyons une superbe goélette aurique arriver dans le port de Cannes et effectuer ses manoeuvres d'amarrage sous nos yeux. Nous cherchons le nom de cet très beau voilier de tradition : il s'agit du Doriana.
La pluie commence à tomber ! Flûte ! Cette fois, avant de se prendre l'orage sur la tête, nous descendons à quai, direction notre hôtel.

..................................................................Vision de la Croisette...Vision de la Croisette

La soirée est toute aussi humide que la fin d'après-midi, mais il nous est impossible de rester confirnées dans notre chambre d'hôtel.
Nous partons arpenter la Croisette, alors que la nuit tombe. Je retrouve le Cannes que je connais, la rue d'Antibes qui me semble si familière... ô quelques boutiques ont bien changé évidemment, mais il y a huit ans les cessations d'activités étaient déjà fréquentes dans cette ville du paraître où seules les agences immobilières tiennent le devant de la scène.

 
Jeudi 6 octobre 2005
 


Ce matin au programme : la visite du Suquet pour admirer toute la Baie de Cannes et surplomber le port qui accueille le Belem.
Profitons en ! Le soleil est ce matin généreux !

Le Suquet, c'est un peu le Cannes "légendes et traditions". Couronné par les remparts de la Tour Sarrasine, l'endroit domine le vieux port et livre un passé intact : la Chapelle Sainte-Anne (XIIe siècle), le Musée de la Castre et l'église Notre-Dame d'Espérance construite au XVIIe siècle, dans laquelle nous faisons une petite escale et quelques photos :

.................................................Clocher de l'église du Suquet..Eglise du Suquet..Eglise du Suquet

Pour monter en haut de la Tour médivale, nous sommes obligées de visiter le Musée de la Castre installé dans l'ancien Château de Cannes, ce dont nous ne sommes de prime abord peu enclin... mais puisque nous n'avons pas d'autre choix : va pour le musée !
En fin de compte, la visite s'avère plutôt sympathique, éblouissante pour les yeux et riche au niveau culturel... comme quoi, pas de préjugés hâtifs !

Un petit cours historique en passant :
Le château, classé monument historique, abrite depuis 1952 les collections du Musée de Cannes.
A l'origine de ces collections, deux hommes du XIXe siècle, voyageurs érudits et passionnés : Ginoux de La Coche, fasciné par les atolls océaniens, les îles marquises et l'Amérique précolombienne et le baron Lycklama, curieux des civilisations du Moyen-Orient, amateur d'antiquités égyptiennes et méditerranéennes. Le baron hollandais légua à la ville les deux collections réunies par ses soins pour fonder le premier musée de Cannes.
Dès sa création (1877), le musée affirmait ainsi une thématique et une personnalité orientées vers l'ethnologie de mondes et de cultures "exotiques". Les acquisitions, les dons et legs ultérieurs ont depuis enrichi et élargi le premier fonds vers d'autres continents : Asie, Afrique et Amérique du Nord.
Perpétuant cette tradition de mécénat, la totalité de la donation Damien est exposée en permanence.
La réunion de ce fond d'ethnologie et d'art primitif avec celui du Musée des Beaux Arts (1982) ont donné au Musée de la Castre son visage actuel (collection d'oeuvres de peintres provençaux et cannois des XIX et XXe siècles).
La chapelle Sainte-Anne du XIIe siècle accueille l'exposition "Musiques du Monde", 200 instruments d'Asie, d'Océanie, d'Amérique Centrale et d'Afrique (exposition sonorisée et salle vidéo).


Cette fois, nous prenons d'assaut les nombreuses marches de la tour médiévale... je n'ai pas pensé à les compter, trop impatiente de découvrir le panorama à 360° sur la Baie de Cannes et l'Esterel.
12 h 00 : Les cloches de l'Eglise du Suquet sonnent les douze coups lorsque nous sommes au sommet ! mais c'est la cloche du Belem qui sonne le repas qui nous fait sourire ! Et oui nous l'entendons depuis le point culminant du Suquet !

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... Qu'allons nous faire cette après-midi ??? Pauline, ça te tente une visite de l'Île de Saint Honorat ? ... Nous partons en quête des horaires d'embarquement... L'embarquadère se situe sur le même quai que le Belem à quelques dizaines de mètres.


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La
goélette aurique Doriana est toujours amarrée devant le Belem, dur de ne pas se laisser séduire par quelques prises photos : je cède à la tentation.36 mètres hors tout, deux mâts, c'est un superbe voilier de tradition qui laisse rêveur.


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....................................................................Oiseau de Feu..........................................Varuna

Le long des quais qui nous ramènent au centre ville, d'autres superbes voiliers sont amarrés entre quelques gros yachts motorisés.
L'un d'eux, à l'allure de "boîte à pain" avec salon de jardin sur le pont arrière, invite les regards curieux à plonger dans son intérieur... un grand cadre en bois suspendu fait face aux quais... et devinez de quelle photo il s'agit ? ... De la célèbre photo du Belem de P.Plisson sortant d'une vague au large de Belle-Île !!! Au moins, le propriétaire a bon goût pour la décoration, tout n'est pas perdu !

A 15 h 00, nous sommes installées dans une des vedettes maritimes... à quelques mètres du Belem. Nous allons passer juste devant le trois mâts !
Génial ! Je prépare mes objectifs :o)

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Nous passons le long du trois mâts, sa silhouette à contre jour lui confère des allures de vaisseau pirate d'un autre temps.
La traversée dure à peine un quart d'heure. Partir pour une île, c'est toujours un peu une fête. Du soleil plein les yeux et qui vous réchauffe même en octobre, le vent qui décoiffe, un peu d'eau salée dans les cheveux et les yeux perdus dans les bleus de la Méditerranée... on profite à fond des derniers jours de vacances.

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Nous débarquons sur Saint Honorat, véritable havre de paix où seule la Nature semble nous accueillir... la saison touristique est passée, quel calme... l'île est à nous. De peur de n'avoir le temps d'en faire le tour par la côte, nous coupons par un chemin de traverse qui nous mène directement côté sud. Nous nous extasions devant une allée d'oliviers bordant des vignes. Notre sentier nous conduit directement à l'abbaye qui apparaît, magnifique, entre des massifs de palmiers bordés de bougainvillées fleuris.
Actuellement l’île St Honorat est la propriété d’une communauté de moines cisterciens, qui prolongent cette longue tradition monastique, de prières, de vie fraternelle, de travail et d’accueil. Il s'agit d'un des monastères les plus anciens d’occident. Nous visitons la partie réservée aux prières et recueillement, qui à notre grand étonnement est complètement dépouillée de toute décoration hormis un grand Christ.
.. pas de quoi laisser son esprit se dispercer !
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........................................................................................même série que ci-dessus

Sur Saint Honorat, l'on s'éparpille vers le vert, le calme, la solitude... Je retrouve là, l'île comme je l'ai laissée il y a 8 ans... tous mes souvenirs sont là présents, réels, palpables... ce fort carré où j'ai failli passé une nuit prisonnière, ayant oublié l'heure de fermeture, et malheureusement libérée par le gardien. Oui je crois, que j'aurai vraiment voulu y passer une nuit à la belle étoile !

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........................................................................................même série que ci-dessus

De son sommet, la vue y est imprenable sur tout l'ensemble monastique, la chaîne de l'esterel et la Baie de Cannes. Les moines s'affairent dans les champs, la récolte du vignoble bât son plein. Sur sur caillou paisible posé sur la Méditerranée, la vie semble suivre un autre cours du temps.
Mais la montre nous rappelle qu'hors saison la dernière navette est à 17 h 00 ! Nous quittons ces lieux emprunts de beauté et d'histoire à grands regrets pour rejoindre l'embarcadère.

 
Vendredi 7 octobre 2005
 


Pas de contrainte horaire ce matin,
nous récupérons un peu de notre fatigue des jours précédents.
Nous trouvons un café pour prendre notre petit déjeuner... ensuite shopping dans la rue Meynadier... rue piétonne qui déborde de vie et de pittoresque. On y trouve de nombreux commerces de bouche... et des boutiques d'artisanat local.
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Nous avons rendez-vous avec Alain à 12 h 30 devant le Belem. La pluie commence à tomber aux abords du port ! Quelle poisse ! Heureusement, nous avons emporté nos vestes de quart. Lionnel nous fait monter à bord pour que nous soyons un peu plus au sec, l'occasion de saluer pratiquement tout l'équipage.
Allez nous embarquons Alain avec nous, le temps presse nous avons un train à prendre pour aller visiter le Marineland d'Antibes.

13 h 13 - Un battement de 5 minutes à peine pour prendre les billets... ouf nous sommes à temps dans le train omnibus qui fait toute la côte jusqu'à Nice...Encore des souvenirs qui se rappellent à moi subitement. Je prenais ce train tous les jours il y a douze ans, pour aller suivre les cours de ma dernière année de BTS sur Nice... je connais encore tous les arrêts par coeur : Cannes / Golfe Juan / Juans les Pins / Antibes / Biot.... Biot c'est notre arrêt pour aller au Marineland.

Le Parc s'est agrandi depuis ma dernière visite... Les gradins me semblent plus vertigineux... Nous prenons place, le premier spectacle va commencer.
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Nous nous régalons comme des mômes devant la prestations des dauphins et des orques ...
En terme général, je n'aime pas tout ce qui confine les animaux dans des parcs d'activités pour touristes en mal de nature ... zoo, parcs d'attractions , etc... Mais là, je sais pour y être déjà venue plusieurs fois que les animaux sont dans les mains des meilleurs soigneurs du monde marin... Le Marineland d'Antibes est réellement reconnu pour la qualité des soins apportés à ses pensionnaires.

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........................................................................................même série que ci-dessus

Nous déambulons ensuite dans les méandres des lieux : bassins d'entrainement des dauphins, bassin tactile où l'on peut carresser des raies. Je suis la seule à m'y coller d'ailleurs... arrff l'eau est glacée, je manque de peu d'y tremper une manche entière tant c'est profond mais j'arrive tout de même à caresser une des bestiole... Je culpabilise un peu en pensant que c'est ce que nous avions l'avant veille dans nos assiettes, à bord du Belem ! Oops !.......................................................................
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........................................................................................même série que ci-dessus

Nous terminons notre visite du Marineland par le Musée de la Marine. Celui-ci présente une collection commencée au XVIIème siècle par l'ancêtre du fondateur de Marineland, l'Amiral de la Poype de Vertrieux. Il comprend plusieurs milliers d'objets relatifs à la mer : maquettes de bateaux, instruments de marine, objets d'art etc. Une véritable traversée de la conquête des océans à travers le temps.
Nous avons du mal à quitter ces lieux magiques... Alain laisse un petit mot sur le livre d'or du musée qu'il signe pour "l'équipage du Belem".

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........................................................................................même série que ci-dessus

Avant de reprendre le train, Alain ne résiste pas (nous le supplions un peu aussi) à monter sur un galion qui trône sur le parking du Marineland.
Il est pour un instant le seul commandant à bord à dompter Neptune !

Nous revenons sur Cannes vers les 19 h 30 passées... Il fait pratiquement déjà nuit et la Croisette illuminée nous invite à flâner... Idéal pour faire visiter la ville à Alain et se mettre en appétit. Nous décidons ensuite d'aller manger une pizza avant de raccompagner Alain au Belem.

Nous arrivons au trois mâts vers 22 h 00. Au moment de souhaiter bonne nuit à l'équipage présent, des pétards retentissent à proximité ! On attaque le Belem ?? Non en fait c'est un feu d'artifice tiré d'un ponton tout proche ... Nous grimpons sur le gaillard d'avant et nous campons à l'aplomb du beaupré : Franck, Lionnel, Jérôme, Alain, Pauline et moi. Nous sommes aux premières loges. Apparemment l'instigateur du feu d'artifice ne lésine pas sur les moyens ! vrai que nous sommes à Cannes. Visiblement il s'agit d'un anniversaire fêté sur la plage du Carlton. Le bouquet final est somptueux.
Nous avons eu la chance d'être là au bon moment ! Un feu d'artifice en cadeau pour notre dernier soir à Cannes et admiré depuis le plus beau balcon qui soit !

Franck du coup semble plus réveillé que jamais et entreprend d'arpenter la Croisette by night et nous invite à le suivre... comme c'est sur notre chemin nous ne nous faisons pas prier. Chemin faisant tout en discutant, nous nous retrouvons tout de même à l'autre bout de la Croisette à l'entrée du Port Canto. Il se fait tard, Franck nous raccompagne devant notre hôtel et prend congé. Il est minuit passé.

Et voilà encore une journée bien remplie, avec des images et des souvenirs plein la tête. Demain c'est le départ pour tout le monde... On met nos réveils pour ne pas être en retard sur le quai et voir le trois mâts partir, nos sacs sont bouclés... extinctions des feux.

 
Samedi 8 octobre 2005
 


07 h 00 : Lever des troupes ! Ce matin pas le temps d'une petite grasse matinée … nous avons rendez vous sur le port pour voir une dernière fois le Belem. L'appareillage est prévu pour 09 h 00. Cannes et sa Croisette vont perdre la vision du grand trois mâts qui a embellit le port depuis 3 jours. Cap sur la cité toulonnaise pour le navire plus que centenaire.

08 h 00 : Nous décalons de l'hôtel, les sacs prêts pour les attraper au vol au retour et sauter dans le train pour ma part ! 10 h 06 pour le retour sur Paris ! Ce matin le planning va se calquer sur les aiguilles de ma montre !
Pauline dispose d'un peu plus de temps, son avion à Nice est en début d'après-midi.

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08 h 20 : Nous arrivons aux abords du port… des grands mâts nous intriguent… 1, 2 , 3… non 4 mâts supplémentaires… Il s'agit d'un grand quatre mâts goélette : le Star Clipper, au mouillage de l'autre côté de la jetée. Derrière lui, se trouve une boîte de conserve flottante : l' Océan Village. Y a pas à dire : c'est d'un moche ce truc ! Nous descendons sur le quai devant le Belem. Un attroupement de gens discutent ça et là par petits groupes et sur tous les visages, on peut voir des regards admiratifs et un contentement non dissimulé à l'idée d'embarquer. Tout le groupe fait partie d'un comité d'entreprise d'Auvergne, ils vont être à bord pendant 2 jours et débarquer à Toulon.

L'équipage s'affaire sur le pont… et entre deux occupations chacun descend nous saluer et discuter quelques instants… nous avons même droit à la poignée de main du Commandant.

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...........................................................................Cliquez ici pour visionner la série de 20 photos

09 h 00 - L'heure fatidique approche…ça y est tout le monde gagne le bord. Les amarres sont lâchées une à une… L'équipage posté sur la dunette semble chercher quelque chose par dessus des balustres arrières tribord… Le départ est retardé … il se passe quelque chose d'anormal. Un petit incident sans réelle grande conséquence, mais plutôt fâcheux pour l'esthétique du bateau : une lettre sur le soubassement de la poupe s'est détachée avec le frottement d'une aussière et a plongé dans l'eau ! C'est la lettre E du port d'attache du Belem ! Zut !
Maintenant on lit BELEM NANT S !

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......................................................................................................Idem ci-dessus

Un contre-temps qui semble perturber l'équipage ... Difficile de trouver les mêmes matériaux sur le champ pour refaire une lettre. Non, pas d'autre solution que de repêcher la cinquième lettre de l'alphabet perdue. Fort heureusement, la Capitainerie du port prévenue, envoie assez rapidement un zodiac avec un plongeur pour retrouver le fameux E manquant... Une plongée expresse et la lettre est remontée et remise au pilote du zodiac... qui la tend ensuite au Lieutenant Gabriel sur le quai. J'immortalise en photo le E sauvé des eaux dans les mains de Gaby qui pose pour l'occasion.

L'équipage s'active ensuite pour appareiller, le bateau accuse un retard de 20 bonnes minutes… et je stresse à l'idée que je n'aurai peut être pas le temps de les voir partir, qu'il faudra à contre cœur m'arracher du quai pour courir à la gare ... Gwen et Jérémy rentrent l'échelle de coupée à bord… Voilà, ça y est le Belem s'écarte lentement du quai...

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........................................................................................même série que ci-dessus

Derniers au revoir ... Rico, Marko et Pépé sur le gaillard d'avant nous font de grands signes de la main que nous leur rendons en retour… La pilotine du port arrive pour escorter le trois mâts... ... et en quelques minutes à peine, le Belem, paré d'une chaude lumière ensoleillée, sort du port. Ah que le moment est pénible et douloureux… dernière vision du Belem avant la saison prochaine… c'est dur, très dur … et voilà j'ai les yeux embués de larmes… c'est plus fort que moi.

Avec Pauline, nous montons les escaliers quatre à quatre pour passer sur la jetée, et se rapprocher le plus possible du phare, du Belem qui s'éloigne … au diable l'horaire … on se rendra à la gare au pas de course… on profite à fond des derniers instants… 09 h 30 ! plus d'échappatoire il faut absolument partir cette fois… Heureusement l'hôtel est à deux minutes de la gare… j'ai un battement de 6 minutes sur le quai avant l'arrivée du train… dur de quitter Pauline ! …
Après la Tall Ships à Cherbourg et ce stage commun prolongé par un Séjour à Nice et Cannes… difficile de séparer des amitiés par la distance …

Le train part… je sais que pendant un bon moment je vais longer la côte… Mandelieu-La-Napoule - Saint Raphaël et encore voir la Grande Bleue… et le Belem ! ! ! Pendant 10 petites minutes trop rapides, il est encore visible, tout petit … suffisamment pour voir que juste les voiles dans l'axe sont établies… une toute petite maquette d'à peine 2 cm à la louche que je ne quitte pas des yeux… puis c'est les roches rouges de l'Esterel qui nous séparent définitivement… jusqu'à la saison prochaine.


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Récit mis en ligne le 13 novembre 2005

 
.....................................................................Toutes les photographies du stage

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