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STAGE 12 - CHERBOURG / LE HAVRE

Tall Ships Cherbourg

Cliquez sur les photos dans le récit pour les visionner en grand format.
Les mots soulignés ont des liens directs sur le lexique où des pages photos du site.
Bonne lecture ! J'espère que vous n'aurez pas le mal de mer ;o)))


Vous trouverez en première lecture, le récit des trois journées passées sur les quais de la Tall Ships, 3 jours
précédants mon embarquement à bord du Belem le 16 juillet en fin d'après midi.

NB : VOUS RETROUVEREZ L'INTEGRALITE DES QUELQUES PHOTOGRAPHIES PRESENTES
DANS CE CARNET DE BORD SOUS LES RUBRIQUES
TALL SHIPS & BELEM - STAGE N°12

Fondation Belem
 
Mercredi 13 juillet 2005
 

13 h 55 - Je retrouve Pauline à la gare Saint Lazare de Paris. C'est le jour du grand départ pour l'escale de quatre jours de la Tall Ships'Race à Cherbourg ! Un moment que nous attendons impatiemment depuis de longs longs mois… d'autant que nous allons y retrouver le Belem et pour moi, profiter de cette occasion pour embarquer à la fin des festivités maritimes.
Avec Pauline, nous avons fait un stage commun à bord en mai 2004 - Saint Malo / Saint Malo sous le commandement d'Eric Saint-Plancat... nous avons fait une escale dans le petit paradis des îles Chausey en terre normande. Nous en gardons de merveilleux souvenirs.
Depuis cette date, nous correspondons régulièrement, pour ne pas dire presque quotidiennement par mails, par l'intermédiaire du Forum ou via MSN pour parler du Belem et de bien d'autres sujets maritimes. Alors se retrouver à nouveau pour ce grand évènement nautique de l'année, nous ravit.

Première grande nouvelle, Pauline m'annonce le nom du bateau sur lequel elle sera Officier de Liaison... je vous le donne en mille !!!
LE BELEM !!!!

Nous arrivons en gare de Cherbourg à 18 h 00, après trois heures de train et deux pipelettes dans la voiture qui n'ont eu cesse de parler d'un trois mâts barque dont on taira le nom ;o) tellement c'est facile de deviner l'identité du dit navire.
André-Gilles, affecté lui aussi en tant qu'Officier de Liaison à bord du Belem, vient nous accueillir, déjà paré aux couleurs de la Tall Ships : il arbore un t-shirt jaune canari et une casquette bleue. Pauline remporte haut la main son pari sur la couleur de la tenue vestimentaire de rigueur.

Nous passons au PC course pour récupérer ses effets (tenue + UHF) avant de nous faire royalement transporter à notre hôtel dans une voiture officielle de la TSR - Mégane grise métallisée / petits fanions TSR et logo sérigraphié... et tout et tout…Waouhhh ça le fait ! Un grand merci à l'organisation d'être aux petits soins pour nous ! Belle entrée en la matière. Nous ne nous éternisons pas à l'hôtel… dépôt de nos sacs et direction le port ! Pas une minute à perdre… nous sommes là pour voir les grands voiliers avant tout ! Que la Tall Ships commence !

Première escale sur le Quai de l'Entrepôt où se trouve amarré le Marité. Premières photos de circonstance du Terre Neuvier français, puis direction Quai Lawton Collins où seule la présence des Pen-duick et du Eye Of The Wind est pour le moment à signaler. Le ponton accédant à la Brigantine anglaise de 1911 est déjà assailli par la foule et visiblement l'équipage chaleureux ne manque pas d'humour : deux panonceaux de fortune arborent les inscriptions suivantes en français et en Anglais :
" SVP - Ne pas donner à manger aux marins - Merci ! "
/ " Please - Do not feed the sailors - thank you ! ".
Quant à moi, je reste dubitative sur le choix de la figure de proue que je trouve peu esthétique, desservant même un peu cette jolie brigantine.

.........................................Marité ..Eye Of The Wind...
Eye Of The Wind

Nous nous dirigeons ensuite vers la Darse Transatlantique où les plus grands voiliers sont prévus à quai. Le gros de la flotte doit arriver demain dans la journée... Peu de navires sont actuellement amarrés et la brume de mer épaisse qui commence à napper les quais, ne facilite en rien leur reconnaissance. A l'écoute des clameurs musicales provenant de nulle part à travers la purée de pois qui s'est installée, nous supposons que d'autres navires sont déjà arrivés.

Les Capitan Miranda - Christian Radich - Roald Amundsen - Tenacious - Shabab Oman - Pogoria et Mercedes font déjà acte de présence…
Quoi de plus normal pour le trois mâts norvégien Christian Radich qui n'est autre que le bateau détenteur de la première étape de la Tall Ships' Race : Waterford - Cherbourg.

Le Mercedes ne manque pas de nous surprendre par son aspect " boîte de conserve " (désolée pour eux mais je ne trouve guère mieux pour le définir !) - Un bien drôle de navire aux couleurs surprenantes de jaune / noir et gris. Faute de goût ?
Le Mercedes est en fait un brick néerlandais qui connaît une seconde jeunesse. Construit en 1958, il ne reste aujourd'hui que la coque et les superstructures. Réaménagement total de l'intérieur du navire de manière luxueuse pour des cocktails et réceptions à bord. Il n'a reprit la mer qu'en avril dernier... c'est donc le benjamin de la Tall Ships.

Heureusement que le plus beau des vieux gréements est prévu à quai à ses côtés ;o) … L'emplacement est réservé au Belem bien évidemment ! Le plus ancien et le plus récent à couple. Fait exprès ? En tout cas bien pensé.

........................................Shabab Oman...Shabab Oman...Roald Amundsen...Roald Amundsen..

Le magnifique Shabab Oman noyé dans la brume, fait figure de bateau fantôme sur les quais. Le marnage est bas et le bateau semble à moitié englouti. La figure de proue, très élégante, veille à la quiétude du navire.
L'équipage du Roald Admunsen, très occupé, est en plein travail de soudure sous le beaupré pendant que des jeunes cadets ferlent soigneusement les focs dans une atmosphère des plus cotonneuses.

Sur le coup des 21 h 00, nous partons en quête d'un petit restaurant pour combler une faim ardente... Nous jetons notre dévolu sur une pizza au feu de bois dans une petite rue animée, après le pont tournant du Quai Lawton Collins. Pour digérer, nous retournons en direction de la Darse Transatlantique bien décidées à nous aventurer les quais où nous avons aperçu le Capitan Miranda et le Christian Radich. Chemin faisant, nous tombons sur l'équipage du Marité et de la Recouvrance, attablé en terrasse. Pauline reconnaît Olivier dont elle avait fait la connaissance lors du passage du Terre Neuvier à Ajaccio, dans le cadre du périple Thalassa.
Un petit bonjour de circonstance avant de poursuivre notre route.


L'accès au site face au Quai de France, ne semble pas encore accessible aux badauds... Nous nous aventurons en bordure de voie express avant de revenir sur nos pas un peu déconcertées. Il est déjà 23 h 00 ... le plus sage est de retourner à l'hôtel pour ne pas accumuler la fatigue... Demain c'est l'ouverture officielle des festivités de la Tall Ships et je sais déjà que les heures de sommeil ne seront pas légion pendant ces 4 journées intenses. Je ne voudrais pas non plus embarquer sur le Belem avec un crédit d'heure de sommeil pointant dans le rouge.
.................................................................Eye Of The Wind...Eye Of The Wind

Nous repassons par les bords du quai Lawton Collins ... et là un spectacle assez féerique se projette sous nos yeux. La brigantine Eye Of The Wind, qui nous avait déjà émerveillé lors du coucher de soleil, se détache en ombre chinoise sur les lumières des quais roses-bleutées fondues dans la brume. Une atmosphère onirique sans pareil qui semble annoncer un départ vers des contrées extraordinaires. Des visiteurs de l'ombre sur le ponton rajoutent un aspect quelque peu fantastique à la scène digne d'une production cinématographique.
La magie de la nuit opère sous nos yeux émerveillés.

Retour à l'hôtel, où je ne trouve pas le sommeil avant trois heures du matin... Les premières images du jour se bousculent dans ma tête... l'attente fébrile du Belem, l'embarquement le 16... ces 4 jours de festivités à venir...
Réveillée dès 06 h 00... première nuit très courte. Ma fois, il faudra faire avec.

 
Jeudi 14 juillet 2005
 

08 h 00 - J'accompagne Pauline au PC course.
En chemin, je me procure le hors série de la Presse de la Manche car je sais que la rédaction en a été faite par Frédéric Patard qui était lui aussi à bord du Belem sur le Saint-Malo / Saint Nazaire. De larges encarts sont réservés au Belem ! Frédéric y retrace son carnet de bord !!! Super !

André-Gilles arrive à vélo. Je les laisse pendant 45 minutes à leur briefing quotidien.
Je vais me balader sur les Quais Alexandre III en les attendant.
Les bateaux sont de plus petite envergure. Il y a quand même la goélette Belle Poule à l'extrémité nord du quai.

...........................................................................Rupel...

Je prends quelques photos... mais ma moisson est maigre... le soleil n'est pas à son meilleur rendement et c'est plutôt l'éblouissement total. Un test sur le beaupré de la goélette Rupel (Allemagne)... on verra bien le résultat.

La journée s'annonce prometteuse du côté de la météo ... pas un seul nuage, un ciel déjà azur... je tombe la polaire.
Une très légère brise fait gracieusement onduler les pavois fixés sur les bateaux.
Il n'y a pour l'instant que très peu de badauds qui flânent sur les quais. Les boutiques, sous leurs stands champignons, se mettent doucement en place avant l'afflux des visiteurs.
Aujourd'hui c'est le grand jour ! L'ouverture officielle des festivités de la 49ème édition de « THE TALL SHIPS RACE », course qui se déroule entre quatre grandes villes : Waterford, Cherbourg-Octeville, Newcastle-Gateshead et Fredrikstad.
Et c'est la ville de Cherbourg, cité maritime par excellence, qui accueille de jeudi à dimanche une flotte unique et internationale de cent voiliers parmi les plus beaux du monde à l'occasion de l'unique étape française de la course.
Près de 3600 marins et 500 000 visiteurs sont attendus. Au programme : un florilège de manifestations gratuites : accès aux quais et aux voiliers de rêve, concerts, spectacles de rues, cinéma de plein air, animations sportives, feux d’artifices… Mais aussi et surtout le défilé des équipages dans les rues de la ville et la grande parade des voiliers avant leur départ.

08 h 45 - Pauline et André Gilles sortent de leur briefing. Ils semblent un peu désabusés car ce sont les seuls Officiers de Liaison à qui on a pas donné de nouvelles de leur bateau ! Et leur bateau en l'occurrence, et bien c'est quand même le Belem !
En rapport surement avec le fait que le Belem a finalement suivi l'étape Waterford - Cherbourg sans prendre place parmi les participants, du fait d'un équipage ne correspondant pas aux critères d'âge en vigueur.
Aucun horaire indicatif de prévision d'arrivée... On sait seulement qu'il ne faut pas compter pour ce matin, voire même en tout début d'après-midi. Donc c'est un peu quartier libre pour eux en attendant l'arrivée du trois mâts barque.

09 h 15 - André-Gilles a la bonne idée de nous faire passer au Centre Internet des Equipages. Une vingtaine d'ordinateurs fournis par la mairie est connectée à Internet. Pauline entreprend de laisser un message sur le forum - bonne idée tient ! Pendant ce temps, je montre Gréements.com à André-Gilles... qui s'amuse ensuite à l'installer en fond d'écran sur plusieurs PC.
L'Officier Technique du Centre nous offre gentiment un café.

10 h 15 - Nous gagnons ensuite la Darse Transatlantique. La foule commence à se densifier. On annonce environ 150 000 visiteurs par jour.
La physionomie du port a littéralement changé en quelques jours... Une forêt de mâts habille bien joliment les quais.

A 11 h 00 - Nous remontons jusqu'à l'hôtel pour nous délester des polaires et vestes nous encombrant.
Il nous faut bien 20 bonnes minutes de marche rapide du site jusqu'à l'hôtel. Toujours aucune info sur le Belem par UHF. Le PC Course est toujours dans l'inconnu ... le Belem semble avoir disparu et personne ne l'a localisé. Tous les autres navires ont un horaire prévu d'arrivée et les OL en ont connaissance.
J'ai les numéros de téléphone de Ségolène, Maurice et Pierre à bord. Je laisse un petit message sur le répondeur de Ségolène en leur souhaitant une bonne arrivée et qu'on les attend avec impatience.
Dans la foulée Ségolène m'appelle...Incroyable ! Nous sommes en liaison téléphonique avec le Belem ... trop drôle alors que l'organisation Course de son côté semble perdue... comique de situation. Tout va bien : le Belem, toutes voiles, dehors arrive en vue du port de Cherbourg... il restera un peu au large en attendant la rentrée de tous les autres bateaux. Vers 14 h 00 on devrait pourvoir commencer à l' apercevoir.
Merci Ségolène ! Et bonnes manoeuvres avant l'arrivée ! (Elle était entrain de lover sur le pont).
Pauline, très investie dans son rôle, du coup, relaie l'information sur sa UHF : "Pauline du Belem à PC Course - nous avons des nouvelles du Belem - je répète nous avons des nouvelles du Belem... nous avons des contacts à bord....".

11 h 45 - Pauline doit passer récupérer des documents à la Cité de la Mer... j'en profite pour aller jeter un oeil du côté de l'accès au Port de Plaisance de Chantereyne. La Recouvrance et le Lys Noir, entre autres, y sont amarrés.
Des yoles de Bantry croisent dans le port. Des petits optimists sont de sortis... c'est l'effervescence multicolore sur le plan d'eau.

..............................................................................Mir

Le trois mâts carré Mir,
dont le nom signifie "Paix" en français arrive de face. Il est imposant et majestueux, normal c'est le plus grand voilier de la course (109 mètres). Dire qu'il peut avoir jusqu'à 200 personnes à son bord ! Une vraie usine !

12 h 00 - Pauline me rejoint, nous faisons le tour de la Cité de la Mer en passant à côté du sous-marin Le Redoutable.
(pfff même pas peur ! ;o)
Nous nous retrouvons au bout du Quai de France, vers le trois mâts goélette Pogoria (Pologne) et le trois mâts barque Eagle de l'US Coast Guard. Des officiers en uniforme du bateau école de la marine indonésienne Dewaruci se baladent sur les quais à la rencontre des autres équipages.
Nous ne résistons pas avec Pauline à les solliciter pour une petite séance photos. Ils se plient au protocole avec des grands sourires.

...................Pauline...Dewaruci..Dewaruci...Myriam

12 h 20 - Arrivée du trois mâts barque roumain Mircea. Un bateau de lamanage l'aide dans ses manoeuvres.
Ce magnifique navire superbement entretenu tire son nom du Prince Roumain Mircea Staria (1383 - 1418) qui a libéré son pays.
C'est un bateau sister-ships avec l'Eagle, le Sagrès II.

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Pauline et André-Gilles vont ensuite déjeuner à la cantine self avec les autres Officiers de Liaison. J'avale un sandwich rapidement à proximité du Marité en les attendant.

A 13 h 40, nous sommes de retour à l'emplacement du Belem, occupé provisoirement par le Mercedes. Se pose alors la question de savoir si le Mercedes cédera sa place au trois mâts français ? Ou s'il l'invitera à se mettre à couple. L'Organisation Officielle laisse sous-entendre que la décision peut dépendre du Commandant du brick néerlandais étant arrivé le premier et le Belem 'étant hors course.
Aïe ! il se pourrait donc que ... ah non !!! ...Pauline prend les devants et va à la rencontre du dit Commandant pour négocier ... André-Gilles et moi sommes impatients et quelque peu inquiets sur l'aboutissement des négociations.
Pauline ressort quelques minutes après tout sourire : "le Belem sera comme initialement prévu à quai ! Nous devons juste tenir informé le Mercedes de l'arrivée du Belem pour qu'il effectue les manoeuvres d'appareillage à temps. L'équipage du Mercedes est charmant et compréhensif ! pas de problème !" ... Nous lâchons un grand Oufff ! de soulagement, je dois bien l'avouer.

Les derniers grands voiliers arrivent un par un dans la Darse Transatlantique devant une foule impressionnante amassée sur les quais.
Cherbourg connaît en ce moment l'enthousiasme et l'effervescence de dizaines de milliers de visiteurs.
La Tall Ships est l'occasion pour les passionnés de déambuler sur les quais et ce rassemblement de toutes ces légendes de la mer est un réel événement. Le temps de la marine à voile est de retour à Cherbourg !

C'est au tour du trois mâts barque du bout du monde de venir s'amarrer à couple du Shabab Oman. L'Europa battant pavillon néerlandais était en effet l'hiver dernier dans les eaux antarctiques et il a passé le mythique Cap Horn !.

........................................................Europa...Europa .Europa

14 h 05 - Le brick anglais Prince William, tous les cadets juchés sur les vergues, fait une entrée tonitruante dans la Darse Transatlantique, nous offrant un beau spectacle.

.....................................................................Prince William...Prince William

14 h 30 - Le Belem ne devrait plus tôt tarder à pointer le bout de son beaupré... Le plus sage est d'aller surveiller les horizons en bout de quai... Pauline m'emboîte le pas. Difficile de se frayer un chemin parmi la cohue. Il faut parfois jouer des coudes.On arrive à se faufiler tout au bord ... super !
Tiens une connaissance sous voiles, fait quelques virements de bord : la Granvillaise, assure le spectacle entre deux arrivées de grands voiliers. Quelle est belle cette bisquine ! J'ai bien fait d'adhérer à l'AVGG, je recompte bien renaviguer à son bord de temps en temps.
C'était un régal cette navigation en plein Douarnenez 2004 !

............................................................................Granvillaise....

14 h 40 - Quelques personnes de la foule croient voir le Belem arriver. C'est en fait, le trois mâts goélette Eendracht qui fait son apparition. Ce bateau amiral de l'association néerlandaise d'entraînement à la voile a une ligne moderne superbe. D'après Ségolène que j'ai eu au téléphone entre temps, c'est le voilier qui précèderait le Belem.

.............................................................................Eendracht

Comme ça les gens sont mis au courant, ... et une discussion s'engage autour du trois mâts français... Il n'y a pas à dire c'est le bateau le plus attendu ici à Cherbourg... où alors c'est que nous sommes tombées avec Pauline au beau milieu d'un attroupement de supporters !!
Nous en profitons pour leur dispenser un petit cours d'histoire et de vie à bord... c'est marrant de les voir nous poser moultes questions et de nous écouter tous ébahis... A vrai dire, c'est une réelle partie de plaisir pour nous de faire une quasi "promo" de "notre" Belem ... Voilà maintenant ils sont imbattables sur le trois mâts, de ses caractéristiques jusqu'à l'adresse de la Fondation Belem !

14 h 55 - Le Belem s'annonce ! La bisquine de Granville met le cap au large et établit ses rikikis... La Mouette Blanche aurait-elle dans l'idée d'aller tutoyer son trois mâts préféré ? ;o) Le Mercedes sort de la Darse Transatlantique comme prévu pour laisser le champ libre au trois mâts français..

..........................................................Mercedes & Belem.. .Belem

La corne de brume du Belem retentit... j'en ai la chair de poule et le coeur qui bât à cent à l'heure... Cet "effet Belem" qui ne me quitte pas ... c'est une histoire d'amour avec ce bateau ! ça ne s'explique pas :o)
Il est temps de s'éclipser de notre petit groupe sympathique de badauds pour aller rejoindre le quai pour l'amarrage. Dernier petit briefing pour lancer des applaudissements nourris au passage du Belem... "Ohh ! Ne vous inquiétez pas pour ça et merci !!" nous répondent nos compagnons d'attente.

Je crois que je n'ai jamais tracé aussi vite à travers la foule... j'en ai même semé le canari jaune (Pauline !) à quelques mètres derrière... Le Belem progresse aussi vite que moi, je l'ai juste à ma hauteur sur ma gauche ... je rejoins André-Gilles sur le quai devant l'emplacement vacant... il affiche un large sourire de contentement ! ça y est son bateau est là ! Nos deux Officiers de Liaison ne sont plus abandonnés !
Salve d'applaudissements lancée à notre initiative, la foule timide, émue, subjuguée, du coup nous relaie ... j'en ai mal à la paume des mains tant j'y mets de l'ardeur. Marie nous a rejoint. Stagiaire du 5A elle aussi, elle est venue saluer le Belem et profiter des festivités pendant 3 jours.

Il est 16 h 00 voilà le Belem est sagement à quai avec un accostage maîtrisé tout en douceur.

Je reconnais une bonne partie de l'équipage à bord : Sébastien, Gildas, Quentin, Cyril, José, Bernard... ainsi que le quattuor de forumistes assidus : Maurice, Ségolène, Pierre et Anne ! Quel plaisir de les voir tous !

.............................................................Amarrage...les stagiaires

Premiers bonjours échangés avec Sébastien et Quentin qui installent la coupée sur le spardeck.
L'anniversaire de Maurice est fêté sur la dunette sous le crépitement des appareils photos des stagiaires du 11B ! Maurice est une vraie star ! Pauline et André-Gilles montent à bord pour le protocole d'accueil et remettent tous les documents de circonstance au Commandant Michel Pery.
Surprise ! J'aperçois Sophie sur le pont inférieur, elle me fait un petit coucou de la main ! Elle embarque elle aussi ! Génial nous allons avoir de nouveaux de superbes illustrations du bord et aussi de la Tall Ships !

Privilège d'être récidiviste... je me retrouve à bord peu de temps après ... La bise aux membres d'équipage que je connais et les accolades amicales d'usage avec les stagiaires ... qu'il est bon de fouler le pont du Belem sous ce chaud soleil normand !
Je vais saluer Lionnel et Jérôme aux cuisines. Jérôme a terminé et c'est Lionel qui reprend du service. Tout comme Quentin qui débarque remplacé par Charles.

Avec la quasi totalité des stagiaires, nous descendons à quai pour aller consommer un petit raffraichissement sous des parasols. L'ocassion avec Marie d'écouter les narrations animées des stages 11 et 11 B par Maurice, Pierre et Ségolène. A leur mine bronzée et leur visage rayonnant, ils ne sont pas près d'oublier de si tôt l'aventure à bord.

Bientôt 19 h 00... avec Marie nous prenons congé des stagiaires pour les laisser à leurs services de repas du soir... et nous allons en quête d'une petite crêperie en terrasse en ville.
Le service est plutôt long au Ty Billic, mais la galette salée et la crêpe sucrée nous font oubliées de ce petit désagrément... et puis nous avons de quoi alimenter cette attente avec les souvenirs du stage 5A que nous avons fait en mai dernier.

Pauline, en chemin, nous croise et nous la raccompagnons au Belem (ben oui des fois qu'elle se perde en route !).
Lionnel, nous apercevant sur le quai, nous invite à monter à bord. Nous ne nous faisons pas prier. Nous discutons un bon moment sur le spardeck en la compagnie de Quentin et Antoine venus nous rejoindre.
Pauline nous retrace son épopée de quelques jours l'été dernier à bord du trois mâts norvégien Sorlandet. Comparaison inévitable entre les deux grands voiliers aussi bien sur la vie à bord que sur les qualités gustatives de la cuisine. Le Belem sort plébiscité de la conversation.

23 h 00 - Les premières fusées du feu d'artifice pétaradent fébrilement.Comme se plait à le dire Lionnel, c'est les vieilles caisses de pétards de l'année passée qui servent d'entracte. Quentin trouve une place de tout premier choix en montant sur le mât de misaine. Nous prenons congé du Belem pour nous aussi y assister d'un peu plus près. Le bouquet se finit en apothéose. Superbe spectacle pyrotechnique. Cherbourg a gâté ses visiteurs de la nuit..

.................................................................................Feu d'artifice du 14 juillet

23 h 30 - Il se fait tard, et nous sommes fourbues de notre journée à piétiner sur les quais.
Nous regagnons notre hôtel en nous frayant péniblement un chemin à travers la marée humaine. La foule est impressionnante... c'est clair il ne faut pas être agoraphobe ! Marie nous accompagne, son hôtel est encore un peu plus loin que le nôtre.

 
Vendredi 15 juillet 2005
 

07 h 45 - Pauline part au pas de course pour regagner le briefing matinal des Officiers de Liaison.
J'ai un peu plus de temps... Marie me récupère au pied de l'hôtel qu'à 08 h 40.
Nous passons au PC Course pour intercepter Pauline et André-Gilles mais ils ont déjà filé sur le quai de France.
C'est ballot ! on les a râtés de peu.

09 h 00 - Nous gagnons donc le quai de France tranquillement, en flânant sur le quai Lawton Collins.

10 h 15 - Une brume de mer arrive sur les quais telle la marée montant au galop. Nous décidons quand même de tenter une expédition sur le Quai de Normandie qui nous fait face... du moins parce qu'on le sait ... car à l'instant présent la visibilité est nulle... tout est dans le coton ! Nous partons à 6 : Ségolène, Anne, Maurice, Pierre - tous du stage 11B - Marie et moi.

................................Figure de proue du Christian Radich.. Mir fantôme....Sagres II...Sagres II & Mircea

Nous visitons ensemble le Sagrès II, le Mircea et le Dewaruci avec toujours cette brume qui apporte une atmosphère fantômatique et mystérieuse à souhait. La convivialité des équipages n'est plus à démontrer, ... quelle ambiance de fête sur le Dewaruci ! Quel ordre sur le Sagres II ! Le Mircea est un ensemble des deux...


........................................................... Dewaruci ..Sagres II ..Mircea

11 h 50 - Les stagiaires du 11B doivent regagner le Belem car ils ont une invitation au restaurant à 12 h 30, prévue par la Fondation Belem et ensuite ils enchaînent sur la visite de la Cité de la Mer.

12 h 15 - Je prends quelques photos d'ensemble de la Darse Transatlantique. Une légère brume de chaleur persiste toujours..

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Nous récupérons Christophe qui arrive de Strasbourg, au pied de la grande roue vers 12 h 30.
Christophe va embarquer lui aussi sur le stage n°12. C'est son premier stage à bord... il enchaîne d'ailleurs dans la foulée sur le stage n°14 en faisant un break sur le n°13... original ;o)

Nous partons en quête de sandwichs et de fruits et nous nous installons à l'ombre sur les bords du quai de l'entrepôt pour déjeuner, pas très loin du Marité.


14 h 15
- Nous nous arrêtons pour visiter le stand-chapiteau consacré à une exposition photographique sur le périple hivernal 2004 du trois mâts Europa. Les quelques 150 clichés de Philippe Le Barillier sont à couper le souffle.On peut notamment découvrir l'Europa défiant le cap Horn, allant au devant de colonies de manchots peu farouches et à la rencontre des baleines.

14 h 45 - Nous visitons le Jeanie Johnston. Tout comme le Belem la coque du navire est noire avec de faux sabords peints lui donnant beaucoup d'élégance et de raffinement.
Sur le bateau à couple, la mascotte du Jean de La Lune veille au bon déroulement de la visite. Cette énorme peluche ne manque pas de faire sourire ... une bien drôle d'intrusion sur un vieux gréement ! Heu... ça rongerait pas les bouts un lion ? ;o)

..........................................Jeanie Johnston...Jean de La Lune..Jeanie Johnston

Retour devant le Belem... en attendant le défilé des équipages prévu pour 15 h 30.
La température est caniculaire en cet après-midi...le bitume des quais est brûlant. Nous nous rendons quai Lawton Collins pour le départ du défilé. On frise l'insolation... le moindre carré d'ombre est pris d'assaut. En voyant arriver un groupe musical écossais en costume traditionnel ... je compatis avec le calvaire qu'ils doivent endurer !
J'abandonne le projet de photographier le défilé. Trop de monde agglutiné, aucune discipline des touristes qui déambulent dans tous les sens... et trop fatiguée sûrement... tout juste quelques photos volés aux chouchous du défilé en me faufilant dans la foule : les Indonésiens du Dewaruci qui remportent haut la main les applaudissements de la foule pour leur prestation costumée et musicale impeccable.


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18 h 25 - Nous faisons une pause sur le pont inférieur tribord du Belem. José nous prévient que le Renard sous voiles fait des ronds dans l'eau à quelques dizaines de mètres. En deux temps trois mouvements nos objectifs sont prêts sur le gaillard avant. Merci José !

..........................................................Le Renard...Le Renard

Ce soir un cocktail "entreprise" est organisé à bord ... les stagiaires ont donc carte blanche pour leur dernière soirée.
Nous partons avec notre petit comité composé de Pierre / Maurice / Christophe / Ségolène / Marie / et moi dans les ruelles animées de Cherbourg et conquis déjà par le Ty Billic la veille nous "récidivons à bord" vers 21 h 30 après un petit pot en terrasse.


............................ .........Pierre...Ségolène...Maurice...Marie

Après notre savoureux repas de crêpes, de nombreux fous rires et quelques bolées de cidre, nous raccompagnons les stagiaires du 11B à leur "hôtel flottant".

Je fais quelques photos nocturnes des poupes du Shabab Oman et de l'Europa à quai juste devant.

..............................................................Shabab Oman & Europa ...Europa

Nous organisons notre planning du lendemain en fonction du débarquement des stagiaires du 11B et prenons congé. Retour à l'hôtel après une journée bien remplie, de nombreux kilomètres dans les pattes et de nouveaux coups de soleil... La Tall Ships ! je peux vous en parler ce n'est pas de tout repos ;o)

 
Samedi 16 juillet 2005
 
J'arrive devant le Belem à 09 h 15 comme prévu pour voir les stagiaires débarquer et retrouver Ségolène, Anne, Maurice, Pierre et quelques autres stagiaires.
Le Commandant Michel Pery descend à quai saluer les stagiaires du 11B qui débarquent et les quelques nouveaux venus déjà présents. Je vais devoir engager Maurice comme agent promoteur pour le forum car tout le monde à bord en a entendu parler à maintes et maintes reprises et c'est même remonté aux oreilles du Commandant. Sacré Maurice ! Il paraît même que je lui ai "sauvé la vie" en insistant sur le contenu du paquetage à embarquer - notre Maurice avait initialement prévu que des shorts et des chemisettes ! ;o)
Pourtant comme chacun le sait, la météo de la mer d'Iroise et des terres Irlandaises n'a rien de comparable au micro climat la charmante cité de Martigues dans le sud de la France.

10 h 15 - Nous partons visiter les grands voiliers sur le quai opposé de la Darse Transatlantique avec Marie, Aurélie (stagiaire mutli récidiviste comptant 23 stages à son actif !), Maurice et Christophe.

Ségolène et Pierre nous rejoignent lors de notre visite sur le Christian Radich (pavillon norvégien). La bisquine de Granville sous voiles (rikikis non envoyés) vient tutoyer les bateaux à quai en faisant quelques virements de bord. Beau spectacle que nous ne manquons pas de saisir dans nos objectifs...

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Granvillaise....Granvillaise......Granvillaise..

Puis nous faisons des photos souvenirs de notre petit groupe à bord du Christian Radich.

.........................................A bord du Christian Radich..A bord du Christian Radich..A bord du Christian Radich

Nous visitons ensuite le Capitan Miranda en suivant un parcours fléché " pour touristes " ! Nous trouvons un peu dommage la sono avec une musique digne du top 50 dont le volume est exaspéremment élevé ! Pour un navire battant pavillon uruguayen - je crois que nous aurions plutôt préféré des mélopées de flûtes de pan d'Amérique du Sud ! Enfin bon... à l'avant un musicien essaie tant bien que mal ses percussions dans cette cacophonie.
Le Capitan Miranda vu du quai est superbe notamment avec sa voile triangulaire peinte. C'est un célèbre artiste uruguayen Carlos Paez Vilaro qui a eu l'idée de choisir comme motif : le soleil, l'emblème du pays.

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Capitan Miranda .. Capitan Miranda

11 h 50 - Nous devons nous rendre à la gare pour accueillir les nouveaux stagiaires comme nous en avions convenu sur le forum : Patricia, Catherine, Frédéric (stagiaire des stages 8 et 9 en 2004 comme moi) et Bernard.
Nous en profitons pour déjeuner tous ensemble à la brasserie en face de la gare avant d'accompagner Pierre et quelques stagiaires à leur train. Départ douloureux pour tous sur un quai de gare… on ne quitte pas le Belem et l'ambiance des manifestations maritimes dans l'indifférence. Mais promis ce n'est qu'un au revoir ! A très bientôt !!!

14 h 00 - Nous revenons sur les lieux des festivités et Marie à son tour prend congé à regret de notre petit groupe.
Direction le Belem, pour aller récupérer les sacs de Ségolène et de Maurice laissés à bord et les porter à notre hôtel. De là, échange standard avec mon paquetage car j'embarque cet après-midi. L'embarquement est prévu à partir de 15 h 00 mais de toute évidence il sera difficile d'y être pour cet horaire.
Alexia nous accompagne.

15 h 30 - C'est justement l'heure à laquelle nous arrivons à l'hôtel... sitôt franchie, le pas de la porte, Pauline au téléphone m'avertit que j'ai la possibilité d'embarquer au niveau du pont tournant à bord d'un zodiac du PC course pour m'écourter le trajet avec mon sac.
Le pont tournant est équidistant entre l'hôtel et le quai de France où le Belem est amarré. Waouhhhh sympa Pauline ! Elle me donne le n° de téléphone de Karl (le pilote) pour que je le contacte une fois sur place.
Alexia ayant un briefing à 16 h 00 à bord du Pride Of Baltimore sur lequel elle doit embarquer, nous ne nous attardons pas... Nous portons mon sac à deux avec Alexia pour marcher d'un pas plus rapide... le chrono tourne... Karl m'appelle et me confirme que le zodiac aura du retard.
Du coup Ségolène et Alexia partent au devant et Maurice reste avec moi pour embarquer.

16 h 25 - Nous voilà confortablement assis dans un zodiac couleur jaune canari, près à passer au ras de l'eau sous l'étrave des plus beaux navires de la Tall Ships ! C'est excellent ! Quels veinards nous sommes Maurice et moi, tous les deux bien évidemment armés de notre appareil photo !
Je ne remercierai jamais assez Pauline et Karl de cette gentille attention et de leur serviabilité. Le Christian Radich, Le Mir, le Sagrès et le Mircéa nous impressionnent plus encore... Nous profitons d'une contre plongée sur toutes les étraves et les figures de proue. Grandiose !!

.....................................Karl...Mir....Christian Radich....Dar Mlodziezy

Karl nous débarque sur le Quai de Normandie et cette fois nous regagnons le Belem sans passer par des sentiers de traverse. Maurice, galant m'aide à porter mon sac.

17 h 00 - Je suis enfin "officiellement" à bord avec deux heures de retard sur le meilleur horaire. Visiblement c'est moi là dernière à embarquer... cela ne me ressemble guère d'habitude ;o)
C'est le Lieutenant Hélène qui valide ma venue à bord. Je lui remets mon contrat de stage et de mon carnet de navigation déjà bien rempli et j'obtiens le petit carton en échange stipulant que je suis du 3ème tiers ayant la bannette n°68.
Je descends ensuite ranger mes affaires dans le faux pont. Quelle chance, je dispose d'un petit renfoncement grâce au hublot... je peux disposer tout mon matériel photo - très pratique la bannette n°68 !
Je fais connaissance de mes collègues de module qui tentent tant bien que mal pour certaines de tout faire rentrer dans leur caisson.
J'adopte ma méthode habituelle, très pratique et très rapide... Il faut dire que c'est déjà travaillé au préalable dans mon sac ! Expérience oblige, il faut tout optimiser à bord. Les bottes restent dans le sac avec deux / trois vêtements chauds encombrants, le tout calé sous les bannettes en faisant attention de ne rien poser sur les brassières de sécurité (très important !)... le reste est déjà compartimenté dans des sacs plastiques que j'ai juste à empiler dans le caisson. Sac de couchage / trousse de toilette / polaire sur la bannette et voilà le tour est joué : chrono 5 minutes à peine ! De retour sur le pont ...

18 h 00 - Nous décidons avec Christophe d'aller visiter le navire de l’US Coast Guard Academy : l'Eagle.
Cet imposant navire de 90 mètres de long, est sous haute surveillance. Barrières de protection le long du quai, fouille des sacs avant d'embarquer et présentation d'une pièce d'identité... hoùlà ! ça rigole pas avec les Américains... psychose ou parano ?... en tout cas vigilance accrue.
La moitié de l'équipage à bord ressemble plus à des paras en rangers qu'à des matelots à proprement parlé !
L’Eagle peut embarquer 240 personnes : 150 trainees et 90 marins : impressionnant !

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Tout à bord est fait pour satisfaire le public avide de curiosité : explications diverses sur la confection d'une choucane, sur l'action des différents types de poulies, etc...
On vous remet même un mini poster A4 et une simili pièce en argent avec les armoiries et l'effigie du navire ... les gamins sont ravis ! pis nous aussi :o) on reste de grands enfants !

Nous visitons ensuite le Pride Of Baltimore II (USA) qui est à couple. Un navire tout en bois des plus séduisants. Vision vertigineuse au pied du mât de misaine.

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A l'approche de 19 h 00, nous regagnons le Belem. André-Gilles doit conduire l'ensemble des stagiaires au bout du quai de France, à la hauteur du Pogoria afin que nous embarquions par zodiac pour nous rendre au dîner organisé pour nous au Yacht Club du Port de Chantereyne. Une invitation de la Fondation Belem. Sympa !!!
Nous sommes attendus pour 19 h 30.
Nous pouvons remercier notre Officier de Liaison, qui a négocié cette petite promenade sur l'eau pour nous éviter de traverser la ville.
Rotation des navettes où je retrouve Karl comme pilote...
André-Gilles, consciencieux, nous recompte comme un professeur qui vérifierait si sa classe est au complet.
A l'intérieur, trois grandes tablées nous sont réservées. C'est vrai qu'à 48 nous prenons un peu de place.
La salle de restaurant domine le Port de Chantereyne en terrasse panoramique. Le cadre est vraiment charmant et le personnel très accueillant.
...................................................................Yacht Club ..Yacht Club
Nous dînons comme des rois :
.........- Kir de bienvenue,
.........- Assiette de charcuterie,
.........- Pavé de cabillaud accompagné de riz et de légumes,
.........- Tarte normande accompagnée de glace à la cannelle,
.........- Café

C'est aussi une excellente occasion de faire plus ample connaissance avec la plupart de nos futurs compagnons de bordée.
Sans le faire exprès je suis entourée de pas mal de récidivistes :
Gigi et Michel qui viennent de faire Brest - Waterford - Cherbourg en deux stages, Sylvianne et Jean-Luc qui comme moi en sont à leur 6ème embarquement, Frédéric en compagnie duquel j'avais fait mes 2 premiers stages l'an dernier...
Christophe en face de moi embarque pour la première fois, mais à notre écoute c'est clair qu'il est de plus en plus impatient d'appareiller.

Retour à pied pour digérer... Nous passons le long de la Plage Verte d'où sont tirés les feux d'artifice... pas possible de couper au plus court ... on risquerait de partir avec une fusée pour une autre destination que celle qui nous attend dès demain... la pelouse est minée d'artifices en tout genre pour un spectacle pyrotechnique prévu à 23 h.
La foule s'amoncèle de plus en plus à l'approche des quais. Nous entendons les sonos du concert de David Hallyday qui bat son plein jusqu'à 22 h 30 sur le quai Lawton-Collins.
Petit arrêt en terrasse au Yalta pour saluer une bonne partie de l'équipage du Belem qui nous invite à rester mais nous avons dans l'idée d'aller faire une dernière soirée nocture sur les quais côté Sagres II et Dewaruci. Nous petit groupe s'étiole au fur et à mesure que nous progressons. Certains sont semés sur place trop fatigués peut être. Dommage pour eux. Le Sagrès II tout paré de lumière nous accueille à son bord. Une occasion inespérée de faire quelques belles photos de nuit... il n'y a pas trop de monde à bord et la luminosité est excellente pour jouer avec les focales sans utiliser le flash.

...................................................Sagres II...Sagres II...Sagres II

23 h 30 - Un chanteur indonésien s'époumone sur le pont du Dewaruci pour une foule amassée devant sur le quai.
Il est temps de regagner tranquillement l'autre rive.
Le cocktail dinatoire prévu sur le Belem se termine... les traiteurs débarrassent... nous montons sur le gaillard avant avec Christophe pour discuter avec d'autres stagiaires et quelques membres d'équipage : José, Charles et Sébastien notamment.
Pauline s'affaire encore sur le pont...

00 h 00 - Tout le monde regagne ses pénates. Première nuit dans ma bannette n°68.

 
Dimanche 17 juillet 2005
 

07 h 00 - Petit déjeuner rapide dans la batterie permettant de lier connaissance avec celles et ceux avec qui nous n'avons pas eu encore l'occasion de discuter lors du dîner au Yacht Club la veille au soir.

08 h 00 - Les nouveaux stagiaires prennent possession du spardeck et se familiarisent avec le Belem. José s'active sur le fourbissage des cuivres, je lui prête main forte et quelques stagiaires volontaires emboîtent le pas sur le pont. Autant s'occuper avant le départ et donner un coup de main à l'équipage.

08 h 45 - Le pilote monte à bord.

08 h 50 - Le Mercedes, à couple avec nous, appareille pour nous permettre de quitter le quai … Le brick à 2 mâts effectue une manœuvre poussive et en deux temps trois mouvements nous sommes littéralement enfumés comme des harengs ! Un bol d'air terrible dès le petit matin à vous filer la nausée, et au point même de déclencher une alerte incendie à bord de notre machinerie ! Faut le faire !

09 h 05 - L'avitaillement en eau arrive enfin grâce aux efforts soutenus de Pauline qui se débat depuis un bon moment avec sa UHF pour booster l'organisation en charge des navires.

A la même heure, le Commandant Michel Pery nous rassemble tous dans le grand roof pour la présentation de l'équipage, j'en connais déjà une bonne partie grâce à mes 5 stages précédents…

Voici la composition de l'équipage pour ce stage n°12, nous conduisant de Cherbourg au Havre :

Le Commandant : Michel Pery
Le Second capitaine : Bernard
Les Lieutenants : Hélène et Jean mais aussi Aude en " apprentissage "
Le Chef Mécanicien : Henri
Le Bosco : Guy dit " Pépé "
Les Matelots Gabiers Instructeurs : Sébastien / Cyril / Gildas / José / Charles / Damien / Antoine / Manu
Les Cuisiniers : Lionnel et Lionel

" On ne prend que des Lionnels pour simplifier en cuisine… mais attention ils ont des moyens de rétorsion extraordinaires " commente le Commandant en plaisantant.

Il enchaîne ensuite sur le problème de communication qui a plané sur le Belem durant la Tall Ships'Race.
En fait, le Belem n'a jamais pas été disqualifié comme les rumeurs le laissent entendre, mais il a suivi l'étape comme navire invité, étant donné que l'équipage embarqué ne remplissait pas les critères d'âge en vigueur pour la course. L'info était connue de tous dès la veille du départ à Waterford donc aucune ambiguïté. De toute façon faute de vent, la course a été stoppée deux jours avant l'arrivée et les bateaux ont rallié Cherbourg au moteur.

Le programme de la journée est exposé : nous allons appareiller à 09 h 30 et nous positionner à environ 1 mile pour mouiller dans la passe de l'Ouest, ainsi nous serons aux premières loges pour voir défiler les navires puisque nous n'assistons pas à la parade proprement dite.

Bernard, Le Second Capitaine, prend ensuite le relai pour nous présenter les consignes de logistique à bord et notamment celles établies pour des repas.Tous les stagiaires sont au minimum de service une fois, voire 2 sur l'ensemble du stage.
" Si vous faites 17 fois le service, c'est que je me suis trompé " poursuit Bernard tout sourire.

On nous rappelle qu'il n'y a pas de médecin à bord et le Commandant d'ajouter en faisant rire toute l'assemblée " J'ai fait Médecine en huit jours " ... on va tâcher de pas se casser quelque chose alors :o)

Le premier briefing convivial d'accueil terminé, nous nous apprêtons donc à appareiller. Tous les stagiaires se regroupent sur le spardeck pour ne pas gêner les manœuvres de l'équipage qui s'affaire sur la dunette et le gaillard avant.
Les aussières s'avèrent être un véritable danger, si l'une d'entre elles venaient à lâcher malencontreusement.
La coupée est retirée du quai. Les défenses sont relevées.

.................................................................Taïaut !...Pauline, Ségolène, Aurélie et André-Gilles

Pauline, André-Gilles, Maurice, Ségolène, Aurélie accompagné de son fidèle Taïaut ! à quatre pattes sont à quai pour les au revoir. A leur mine un peu triste, on sent bien qu'ils échangeraient tout l'or du monde pour être à notre place.
Cette fois-ci nous partons pour de bon, en faisant retentir la corne de brume… moment intense qui vous donne la chair de poule même sous un chaud soleil matinal. Un des mutiples effets Belem !

09 h 50 - Avec Gigi, nous aidons Manu à enrouler l'aussière bâbord.

10 h 10 - Le pilote quitte le navire pour rejoindre la pilotine à tribord.
10 h 23 - Nous jetons l'ancre pour le mouillage.
Nous voyons passer l'Eagle au large. A priori son emploi du temps doit le conduire à Lisbonne et il ne peut attendre l'après-parade.

10 h 30 - Bernard nous rassemble au pied du grand mât sur le spardeck pour l'exercice d'abandon du navire. Si un bateau venait à passer à notre hauteur, pour sur, il risquerait de nous prendre pour un club de hooligans Hollandais dans nos seyantes brassières orange fluo.

....................................................Vergue de grand voile...Dunette ...Dunette

11 h 40
- Une ascension dans la mâture s'organise pour les stagiaires qui souhaitent prendre un peu de hauteur. J'enfile un harnais …Gildas fait monter quelques stagiaires, mais le passage de la hune sur le grand mât ne fait pas encore partie de mes loisirs favoris … bon ce sera pour la prochaine fois, je suis déjà montée sur la première vergue, il n'y a pas de raison pour que je ne progresse pas plus encore.
Je reste néanmoins quelques instants perchée à la hauteur de la hune pour prendre quelques photos plongeantes sur la dunette avant de redescendre juste au bon moment pour attraper dans l'objectif la Recouvrance, tout dessus, qui croise à notre hauteur à tribord.
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12 h 10 - Repas second service.
Comme à l'accoutumée rendons hommage au talent de nos deux supers cuisiniers et faisons part des menus du bord.
Ce midi, nous avons donc pour le plus grand plaisir de nos papilles des gambasses grillées sauce curry, suivi d'un steak sauce au poivre accompagné de frites. Plateau de fromages et pour finir un fondant au chocolat avec une crème anglaise. Cuisine quatre étoiles ! ! ! Amis lecteurs, désolée de vous faire saliver ! Mais après tout rien ne vous empêche d'embarquer !

Donc dès 13 h 00, une petite digestion photographique sur le gaillard avant s'impose. Le Marité fait des ronds dans l'eau, plan de voile établi. Le Cisne Branco et la Granvillaise ne sont pas en reste non plus. Les stagiaires farnientent au soleil en attendant le début de la parade prévu à 15 h 30. C'est sur, nous sommes beaucoup mieux en mer comparé aux bateaux qui attendent amarrés sur les quais brûlants et inondés de soleil.

.........................................Marité...Le Marité et le Cisne Branco...Le Marité & la Granvillaise

13 h 20 - Un des matelots, Charles, semble trouver néanmoins que le faible vent ne rafraîchit pas assez et complote un stratagème pour hmmm… comment dire …" humidifier " l'ambiance. C'est ainsi que le Marité, tout confiant, fait l'erreur de se porter à notre hauteur d'un peu trop près. L'équipage normand sur le pont se fait doucher par la lance à incendie habilement maniée par Charles. Le Terre Neuva est notre première victime !

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Marité ..Le Renard..Le Renard ..Le Renard

14 h 15 - Nous n'attendons pas bien longtemps pour faire mouche une seconde fois… notre cible à présent le cotre malouin : le Renard. Pas méfiant pour deux sous, l 'équipage sur le pont bâbord se reçoit une copieuse rasade d'eau.
Mais cette fois nous avons à faire à des corsaires intrépides et la joute aquatique est engagée. Nous avons l'avantage d'être beaucoup plus haut sur l'eau … mais semble t-il pas assez pour Charles, notre vaillant défenseur, qui monte se jucher au bout de la vergue de grand voile avec sa lance à incendie qui ne le quitte plus. Seconde douche pour le Renard sous les applaudissement et les encouragements des stagiaires, ben oui nous sommes quand même totalement solidaires de notre équipage, voire même nous les encourageons fortement. Les Corsaires Malouins sont vaincus par KO, 2 rounds à zéro. Pour tenter de nous impressionner, ils nous tirent un coup de semonce amicale, mais bien loin de nous effrayer.
Début d'après-midi donc très joueur et dans une ambiance de franche rigolade. Nous dirons donc que c'est encore les vacances en attendant les premières manœuvres d'après Parade.

15 h 30 - Le début de la parade approche, nous avons sortis les appareils photos, carrément les objectifs zoom pour jouer les paparazzi. Paris-Match n'a qu'à bien se tenir ! Equipage comme stagiaires nous sommes tous armés, près à dérouler des kilomètres de rouleaux de pellicules et à remplir des cartes numériques à tout va ! La grande offensive va commencer !
Mais avant cela une petite manœuvre au moteur s'opère pour nous rapprocher de la trajectoire des navires et nous voilà fin près pour le défilé des grands voiliers. Attention au top départ !

La dunette se transforme en une estrade de premier choix, et tout le monde se prête de bon cœur au jeu de l'identification des navires dès que des mâts ou quelques voiles apparaissent sur l'horizon.
L'ordre de passage des navires est établi scrupuleusement par le PC Course , mais nous de notre bateau nous ne trichons pas ! nous jouons au quizz de la reconnaissance suivant nos intuitions... mais heu... quand même parfois aidés d'une bonne paire de jumelle pour lire les noms sur les coques des navires.

La goélette française Belle Poule, prend le large à l'Est sans même venir nous saluer ! Ah ben ! ça commence bien ! Nous sommes un peu déçus de cette attitude envers le trois mâts français... boycott parce que nous ne faisons pas partie de la parade ? En plus notre Commandant avait passé l'info auprès des autres Commandants pour qu'ils viennent nous saluer. Tant pis , les autres grands voiliers prennent eux bien notre cap et répondre à l'invitation faite avant de bifurquer à l'Est ...

............................................Kaliakra
..Mircéa ..Pogoria

Le Kaliakra se présente le premier sous nos objectifs, suivi du trois mâts roumain Mircéa.Tous les cadets sont juchés sur les vergues, tels des flopées d'oiseaux à la Hitchcock, suspendus sur des fils électriques... quel beau spectacle nous offrent les Roumains ! Le Pogoria glisse sur l'eau devant nous... suivi de Marie-Galante.

...................................................................Eendracht
...Eye Of The Wind

La silhouette profilée de l'Eendracht se distingue ensuite. Ce trois mâts à une allure moderne des plus remarquables. Je reconnais ensuite l'Eye Of The Wind... un peu un de mes chouchous de cette Tall Ships... ce bateau je l'ai photographié un peu sous toutes les conditions possibles : brume, coucher de soleil, de nuit... Je crois pouvoir dire que j'ai fait parmi mes plus beaux clichés avec lui. .. mais chut, il ne faudrait pas faire des jaloux !

.......................................... Mir...Dewaruci...Prince William

L'imposant Mir reconnaissable entre tous avec la ligne bleue le long de sa coque, met cap sur nous , toutes voiles d'étai établies. Arrive dans son sillage le Dewaruci en fanfare... un des trois mâts largement plébiscités par la foule sur les quais de Cherbourg. Côté convivialité et ambiance ils remportent haut la main le premier prix pour l'animation ... Acclamation générale lors du défilé des équipages, ascension dans la mâture possibles pour les visiteurs, fanfare et costumes soignés... ils ont su amplement gagner le coeur des Français par leur gentillesse et leur disponibilité et ce toujours avec une extrême politesse et un large sourire. Le Prince William fait figure ensuite de navire plus discret ... moins bruyant forcément du coup.

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Sagres II ...Europa

Puis c'est au tour du superbe Sagres II de nous approcher de près... le superlatif n'est pas de trop tant ce grand trois mâts barque est rigoureusement entretenu. Huniers fixes et volants, brigantine et voiles d'étai établis, il impose le respect dans soleil de fin d'après midi. Mais il n'est pas toujours aisé de prendre les photos que nous souhaitons... une nuée d'embarcations gravite autour de la coque de ces vaisseaux flottants. Beaucoup de plaisanciers sur leur "tuperware" jouent les rémoras collés littéralement le long des grands voiliers ... parfois j'avoue à notre plus grande exaspération... On ne compte plus les belles prises ratées à cause d'un malencontreux mât pile en plein objectif, où d'un zodiac gâchant l'harmonie d'un cadrage ! ... c'est agaçant mais il faut bien se faire une raison la mer est à tout le monde ! Le trois mâts barque Europa emboîte le sillage du Sagrès.

Le spectacle se poursuit ensuite à tribord... certains grands voiliers mettent route à l'Est en passant devant notre beaupré... nous sommes pour ainsi dire on ne peu plus au coeur de la Parade, pour ne pas avouer franchement les mieux lotis ! La luminosité est de plus bien meilleure, nous n'avons plus les bateaux en contre jour et toutes les couleurs sont mises en valeurs.

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Jeanie Johnston...Jeanie Johnston .. Jeanie Johnston

Le Jeanie Johnston nous fait un festival à quelques mètres seulement avec en fond sur l'horizon les silhouettes du Cisne Branco et du Sagrès, côte à côte , et qui parfois se superposent donnant ainsi l'impression d'un immense voilier avec un plan de voiles extraordinairement démesuré à faire pâlir d'envie même un "petit" Mir de 109 mètres !

......Royalist...Kapitan Glowacki...Artemis...Alexander Von Humboldt ..Shabab Oman

17 h 56 - Le Royalist nous surprend par tribord et nous salue allègrement à la corne de brume. Nous décidons de lui rendre sa politesse amicale . J'aide le Commandant à hisser trois fois le pavillon français en guise de protocole.
Le Kapitan Glowacki, l'Artémis et l'Alexander Von Humboldt prennent eux aussi le sillage du Royalist et nous croisent à tribord. Ce dernier surprenant par ses voiles vertes , apporte une note de couleur sur le plan d'eau ma foi pas désagréable du tout... Il n'échappe cependant pas aux sobriquets affectifs ni aux plaisanteries du bord bien évidemment : "bateau canette de bière", "sponsor Heineken" ...
Le Shabab Oman passe un peu plus au large, plus discret... c'est là que j'apprécie pleinement d'avoir un zoom 70-300 ... le bel oiseau blanc est capturé dans l'appareil. Il a beaucoup de grâce sur l'eau, des haubans bien dessinés et son plan de voiles est magnifique.
Le Tarangini nous croise à bâbord... avec une partie de ses gabiers dans la mâture.

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Parade...Le Renard & La Recouvrance...La Recouvrance

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...........................(Nb : vous retrouverez toutes les photos de la Parade sur la rubrique consacrée à la Tall Ships.)


La parade touche à sa fin ... quelques navires reviennent du large comme l'Europa que nous retrouvons tout proche de nous ... La Recouvrance, le Marité et le Renard nous rejoignent à nouveau. Nous sommes encore tout abasourdi et émerveillé par le spectacle grandiose qui s'est déroulé sous nos yeux... peut être aussi un peu "cuits" par ce chaud soleil estival dont nous ne nous sommes pas méfiés pendant tout l'après-midi. Si la majorité des voiles qui glissent à présent sur l'horizon ressemblent à un essaim d'albatros blancs, nous nous sommes mûrs à point comme des fruits rouges !

Une fois la parade terminée et les derniers navires à bonne distance. Nous établissons la voilure pour prendre le large avec l'aide des moteurs qu'il faut bien les solliciter étant donné qu ' Eole semble plutôt bouder dans son coin. Le Commandant a dans l'idée de prendre le sillage de l'Europa et de remonter à la hauteur de l' Alexander Von Humboldt… ce que nous parvenons sans peine à faire , tous frais que nous sommes après une belle après-midi à nous prélasser comme des rois.
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Les stagiaires sous les consignes de l'équipage se positionnent par petits groupes pour les manœuvres. Sous les instructions du Lieutenant Hélène et de José nous établissons les huniers fixes… José qui ne rate pas une occasion de me chambrer fait une mine dépitée en clamant " Quant on a Myriam sur un stage, on a jamais de vent ! " mais oui mais oui José ! ! ;o)
Le temps devient un peu plus frais et humide, un peu brumeux sur l'horizon.

20 h 00 - La cloche du second service retentit.
Au menu : melon - bœuf et légumes verts - salade et plateau de fromages - cerises

21 h 15 - Je monte sur le pont et je passe à la timonerie voir notre position actuelle.
Le Lieutenant Jean est entrain de tracer notre position sur la carte marine.

...............................................................Lieuteant Jean...Carte marine

21 h 30 - Je fais quelques photos du coucher de soleil sur le spardeck et sur le gaillard avant.
Des manœuvres s'opèrent avec les stagiaires du quart 20 h / 24 h. Toute la toile est envoyée sauf la brigantine et le flèche.
Le ciel est un peu nuageux mais la visibilité reste bonne.

22 h 00 - Je descends prendre une douche avant de gagner ma bannette. Du temps de gagné pour demain matin. Cette nuit je suis de quart de 00 h / 04 h, il faut donc que je me repose un peu avant le réveil à 23 h 45.

23 h 45 - Comme prévu, Pépé vient réveiller les stagiaires en vue de leur quart " Debout, il est l'heure ".
J'enfile en vitesse mes vêtements préparés au fond de ma bannette. Je passe avaler un café avant de monter sur le pont.

 
Lundi 18 juillet 2005
 
00 h 00 - 01 h 00 Première heure sur la dunette avec Sébastien. Hélène est Officier de quart à la timonerie.

01 h 00 - 02 h 00 Deuxième heure à la veille sur le gaillard avant avec Sébastien toujours.

Les deux premières heures passent assez rapidement, lancées sur des sujets de discussion aussi divers et variés, comme les différents animaux embarqués au fil des siècles sur les navires et les conséquences à bord (bien entendu le mot interdit n'est en aucun cas prononcé, cela va de soi), nous parlons même de Taïaut !, le petit chien d'Aurélie que certains membres de l'équipage traitaient de choucane ! Pauvre p'tite bête ! ;o). Ensuite, nous tournons une page astronomie avec le positionnement des étoiles, puis on passe en revue le répertoire des phares en mer et côtiers. On ne s'ennuie jamais à bord du Belem de jour comme de nuit.

Des éclairs de chaleur illuminent de temps à autre le ciel à l'horizon.

02 h 00 - 03 h 00 Troisième heure dans le petit roof pendant l'heure à dispo sur le pont.
Sébastien ne trouvant plus la vidéo sur le quatre mâts Peking, nous propose de regarder le DVD sur la Traversée du Siècle retraçant tout l'historique du Belem. Je l'ai déjà dans ma " Belemthèque " mais la visionner à bord du dit Belem à 03 h du matin pendant un quart de veille, je trouve que cela prend une toute autre dimension bien plus mythique, qu'affalée chez soi dans un canapé ! Un privilège qui ne se refuse pas.

Hélène interrompt le film au bout d'une quarantaine de minutes pour nous annoncer une manœuvre. Nous carguons la grand voile avec Cyril à 02 h 40, puis nous retournons voir la fin du DVD. Ah au fait je précise en passant que les fauteuils du petit roof sont très confortables.
A la fin du DVD, les manœuvres reprennent. Durant la dernière heure, nous brassons sur le grand mât et le mât de misaine.

Au moment de la relève du quart, nous progressons à 2,4 nœuds - Cap à 360'.
Pas mal de feux sont visibles dont un paquebot qui regagne Cherbourg sur tribord arrière. Le 04h / 08 h va demander beaucoup de vigilance à la veille. Bernard et José viennent relayer Hélène et Cyril à la timonerie.

Je regagne ma bannette et je griffonne quelques notes jusqu'à 04 h 25 avant d'éteindre ma veilleuse et de m'endormir.

06 h 45 - Concerto retentissant des petites cuillères sur la table de la batterie … le petit déjeuner se prépare énergiquement par les stagiaires de service.
La nuit et le repos sont de courte durée avec le 00 h / 04 h … Je suis de toute façon déjà quasiment réveillée… c'est plutôt la manœuvre sur les vergues de brasseyage qui m'a extirpée subitement de mon profond sommeil. Ma bannette n°68 juxtapose la coque tribord et tous les bruits semblent s'amplifier et raisonner. Autant le clapotis des vagues sur la coque berce agréablement, autant les manœuvres pour brasser sur le pont sont brusquement ressenties.
Donc nuit courte et morcelée assez éprouvante pour les organismes, à mon avis le quart le plus dur pour des terriens peu expérimentés comme nous.

07 h 00 - Petit déjeuner en la compagnie de Gigi à ma droite. C'est la valse et le troc des pôts de confiture à table.

..................................................................Lever de soleil..Lever de soleil

07 h 20 - Quelques photos sur le spardeck pour finir de me réveiller avec un lever de soleil fort sympathique à tribord.

07 h 30 - Manu est à la barre. Cap à 350'.

08 h 00 - 09 h 00 Heure d'entretien du navire. Le 3ème tiers est affecté au nettoyage du grand roof ce matin. Je passe un coup de raclette avec du produit sur les vitres extérieures… J'aide ensuite André, notre stagiaire au charmant accent suisse à fourbir le charnier et nous terminons tous les deux par un coup de serpillière au sol et sur les marches du double escalier à rotation.

09 h 30 - Le Commandant nous convie au briefing matinal dans le grand roof… à 48 stagiaires les places sont prisées sur les bancs, les retardataires se retrouvent à même le sol… hors ce matin nous avons bien lessivé avec André et le sol n'est pas tout à fait sec… Heureusement nous passons l'info à temps…

.........................................................Commandant Michel Pery...Cours...

Michel Pery commence par nous donner quelques conseils pour le bon déroulement du stage :

- Il faut avant tout que nous bénéficions au maximum de manœuvres pédagogiques pour nous familiariser rapidement avec le navire.
- C'est aussi à nous d'être curieux et d'aller au devant de l'équipage pour demander des explications et les réponses à nos interrogations.
.. " Faîtes poser vos questions bêtes par un autre stagiaire " nous conseille le Commandant amusé.
..D'ailleurs le challenge du jour est de trouver une question originale.
- Et puis évidemment se connaître entre nous pour renforcer la cohésion de groupe et être plus efficaces mais aussi et surtout créer une ambiance harmonieuse et conviviale à bord.

Nous passons ensuite en revue les différentes façons de gréer un trois mâts :

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Les évolutions conduisant à différentes façons de gréer un navire ont toutes pour but principal le souci de productivité donc de réduire les équipages embarqués.
Sur le Belem, les bas mâts datent de 1914. Le gui (appelé baume sur d'autres navires) est d'une taille disproportionnée depuis l'époque Westminster. La première motorisation du navire porte aussi sur cette période.

Point sur notre positionnement : nous sommes environ au milieu de la Manche et nous faisons cap sur Brigthon distant approximativement de 90 miles.

Le briefing se poursuit ensuite par des questions ouvertes ce qui permet d'avoir un cours tout à la fois pédagogique, animé, ponctué d'anecdotes et d'humour et donc forcément suivi avec assiduité par les stagiaires.

Petite définition délivrée par le Commandant avec l'accent corse pour définir les NGV (navires à grande vitesse) pour les gens du continent mais qui pour les Corses se définit par " Navires gênés par les vagues ", nous partons tous d'un même éclat de rire général.

Nous apprenons aussi que les mâtures blanches sont en fait un trait caractéristique des navires français et que la couleur habituelle est plutôt " chamois ".

Nous entamons ensuite un sujet fort intéressant sur les effluents et les rejets en mer.
Un sujet semble t-il jamais encore abordé lors d'un stage.

Voici la liste des divers effluents énumérés :

....- les eaux noires (eaux sales, toilettes...)
......elles sont traitées chimiquement mais pas d'obligation universelle établie.....
....- les eaux grises (eaux de vaisselle, lessives...)
......des produits spécifiques sont employés et reconnus suffisamment biodégradables
....- les eaux contaminées (concernent les produits dits "infirmiers")
....- les eaux huileuses (égoutures, hydrocarbures...)
......traitement de décantation et une pompe récupère ensuite l'eau mazouteuse
....- les gaz
....- les macro-déchets (poubelle / garbage)
......le tri sélectif s'effectue à bord des navires, la législation est très stricte à ce sujet, néanmoins à quai c'est encore bien souvent
..... une seule benne qui collecte les déchets !

....- les résidus d'exploitations (citerne alimentaire / chimie / hydrocarbures...)
....- les résidus d'entretien des navires (rouille / vase...)
....- les résidus de séparation (caisse à boues)

A l'occasion je ferai un petit topo reprenant les notes prises au long du cours pour le traiter en rubrique comme je l'ai précédemment fait sur les macro-déchets... sinon le lecteur risque de s'endormir si ce n'est déjà fait :o) z'avez tort ! le sujet est passionnant !

11 h 00 - Repas au premier service.
C'est notre ami Suisse André qui est de service. Un stagiaire lance un tonitruant " Cooooool ! on aura plus de temps pour manger alors ! " avec une imitation de l'accent helvétique ! Toute la tablée rit de bon cœur.

Au menu nous avons : des tomates- mozzarella / une escalope de veau sauce champignons et des tagliatelles / plateau de fromages et un feuilleté aux abricots et à la crème.

12 h 00 - Nous progressons à 3,2 nœuds - Vent de force 3 - Mer belle - Barométrie 1010 - Cap à 40'
Le ciel est très nuageux mais la visibilité est bonne.

Je suis de quart de 12 h 00 à 15 h 00.
A 12 h 20 et jusqu'à 13 h 05, je prends la barre et je maintiens le cap à 40', pendant que les stagiaires établissent la brigantine.
Nous apercevons les côtes de l'Ile de Wight droit devant nous.

13 h 30 - Manœuvres. Nous brassons sur les mâts.
La côte anglaise est en vue derrière l'Ile de Wight avec ses falaises blanches éclatantes.
Les nuages se sont dissipés pour laisser place au soleil et à quelques stratus.
Nous faisons du 4,8 nœuds.

13 h 50 - Un hélicoptère de l'armée anglaise vient nous survoler en rase motte. Visiblement il se fait plaisir... avec une rotation à 360° au-dessus de nos têtes.

.................................................................................Contre jour

14 h 00 - Veille à l'avant avec Damien. Je vais m'installer tout à l'aplomb du beaupré, place de choix pour la veille. Je reste un bon moment solitaire, en osmose avec le Belem, à contempler l'horizon - instant magique. Le beaupré tutoie les falaises blanches de la côte anglaise. La mer est d'un beau bleu soutenu, et les voiles gonflées nous portent sur l'eau prodiguant un petit vent frais revigorant.
J'ai trouvé mon paradis !

14 h 45 - Apparemment nous semblons laisser l'Ile de Wight sur tribord.

Nous effectuons un virement de bord.
Le ciel s'est rapidement couvert à nouveau et le vent fraîchit. Décidement, la météo anglaise est des plus indécises.

Lors de la manœuvre Sébastien me demande de laisser filer les focs et de surtout ne pas rester sur le gaillard avant. J'attends son signal seule à l'avant sur le gaillard. Effectivement, une fois les écoutes tribord lâchées, les focs commencent à fasseyer violemment et bruyamment, les écoutes sortent même du ratelier et le ballet des (poulies) veuves devient très vite dangereux.

Malheureusement, le faux foc bien sollicité et d'ailleurs déjà reprisé par les navigations précédentes, se déchire.
Le grand cacatois lui claque au vent. Charles et Cyril se précipitent dans la mâture pour ferler la voile.
Les écoutes des focs sont récupérées non sans peine.
Ce virement de bord aura donné quelques frayeurs et demandé beaucoup d'énergie à l'équipage et aux stagiaires.

16 h 30 - Reprise dans le grand roof du cours interrompu ce matin sur les effluents.
Nous abordons la partie législative et les peines encourues pour les contrevenants.
Puis nous poursuivons sur des questions ouvertes.

18 h 30 - Fin du cours. Nous sommes étonnés de voir à quelle vitesse sont passées ces deux heures ! Le Commandant sait captiver son assemblée. Nous sommes restés sagement sur nos "bancs d'écoles" et en plus on réclame des heures sup ! C'est quoi c'est élèves pas normaux ! ;o)

La gîte et le fait d'être confinée dans le grand roof, ajoutés à cela la fatigue accumulée depuis le 13 juillet à arpenter les quais de la Tall Ships en long et en large (j'ai dormi en moyenne pas plus de 3 à 4 heures par nuit) et le quart de 00 h 00 / 04 h 00 dans les pattes… je me sens d'un seul coup vidée de toute énergie. Un véritable coup de pompe pourtant prévisible à la limite des premiers effets d'un mal de mer. Une seule solution se présente à mon esprit… gagner ma bannette au plus vite et essayer de récupérer un peu avant le service de table de 19 h 00.

19 h 00 - J'entends mes compagnons de tiers se mettre à table… mais je me sens trop épuisée pour me sortir de ma bannette, et puis de toute façon je n'ai pas faim...alors...à quoi bon...
Je vais tâcher de dormir l'heure qu'il me reste avant mon quart de 20 h / 24 h, je me rendors aussitôt pas du tout gênée par le brouhaha du repas à côté.

Oops je me réveille tout pile à 20 h 00. Je me dépêche de sortir avant de croiser les affamés du second service. Je commence doucement par une heure à dispo sur l'aussière bâbord à côté de Jean-Max et de Michel avec qui j'échange une conversation tout en somnolant à moitié... Je suis complètement au radar.

En plus la houle est forte et fait largement gîter le navire. Je ne suis pas vraiment au mieux de ma forme… je dirais même en dessous des 15 % de mes capacités physiques. Le petit fils de Jean-Max passe devant nous tout blême, livide… il vient de donner à manger aux poissons… c'est super réconfortant.
Les trois stagiaires de service de table bataillent avec les plats dans les coursives.Toutes les postures académiques pour passer le surbau en haut de l'échelle menant aux coursives sont passées en revue. C'est pas l'école du cirque mais presque.
En temps normal je trouverai ça hyper comique ... mais là tous ces mouvements contribuent de plus en plus à me motiver pour regagner ma bannette dès le second repas terminé. Je sens bien que je serai incapable d'assurer mon quart ce soir. Dommage j'adore le 20 h / 24 h et en plus c'est le quart le moins dur et qui permet de faire une nuit complète.

21 h 00 - Je retrouve ma bannette salvatrice. Je m'endors comme un loir. Quelques réveils nocturnes lors de manœuvres sur les vergues de brasseyages m'extirpent cependant de mon sommeil... mais je n'ai aucune peine à replonger dans les bras de Morphée ou de Neptune puisque nous sommes en mer :o)

 
Mardi 19 juillet 2005
 
Je me réveille à 07 h 00. J'ai pratiquement fait le tour du cadran si je décompte l'heure à dispo sur le pont de 20 h à 21 h. Bien reposée, je me sens en pleine forme ce matin. Sommeil réparateur et bienfaiteur.
Petit déjeuner… un demi bol de lait accompagné d'un demi petit pain avec de la confiture de fraises, histoire de me remplir un peu l'estomac, vide depuis la veille midi.

07 h 55 - Je monte prendre l'air sur le pont. Le temps est variable ce matin, voire maussade et très nuageux. La mer s'est un peu calmée, la houle forme des creux de 2 à 3 mètres tout au plus.
Notre cap est de 340'.

08 h 00 - 09 h 00 - Nous faisons l'entretien du pont avec le Bosco, tous armés de balai brosse et de seaux remplis de produit savonneux. On fait mousser énergiquement le pont inférieur puis celui de la dunette dans la bonne humeur, puis Pépé passe dernière nous pour rincer avec un tuyau d'arrosage pompant l'eau de mer. Le pont est maintenant tout beau comme s'il venait de pleuvoir ...

..................................................................................Pont tribord

Une délicieuse odeur chatouille mes narines… Un coup d'œil à la cuisine, Lionnel est entrain de préparer des éclairs au chocolat pour ce midi… hmmmmm ! Un vrai suplice que d'attendre le service de midi ! Mieux vaut ne pas rester dans les parages ;o) c'est beaucoup trop tentant !

J'apprends que cette nuit visiblement, beaucoup d'organismes ont donné à manger aux poissons.
Nous avons eu un vent de force 5 et une mer houleuse.

09 h 40 - Briefing matinal du Commandant dans le grand roof.

Tiens ça tombe dans l'actualité du moment, on parle des facteurs déclenchant du mal de mer.
Michel Pery en annonce 6 : les fameux 6 " F ".
Tiens mais je n'en connais que quatre !. Il m'invite à les énumérer…et complète ma liste :
........- la Fatigue
........- le Froid
........- la Faim
........- la Foif
Il me manque donc les deux suivants :
........- la Frousse
........- la Fierté

Le mal de mer provient du fait que le corps et les sens (la vision et l'oreille interne) doivent s'adapter à un nouveau rythme (celui de la mer) qui traditionnellement n'est pas le leur; du moins pour une très grosse majorité de gens. Donc, les symptômes apparaissent généralement dès le premier jour et ce n'est qu'au fil du temps que l'organisme va s'habituer au rythme du navire : on parle alors du terme amariner. Pas de panique, la plupart des individus, même amarinés, sont atteints à partir d’un certain seuil... c'est donc un symptôme tout à fait normal.

Après le mal de mer, logique, nous abordons le mal de terre dont certains sont sujets en débarquant après plusieurs jours en mer.
C'est vrai que parfois le retour à terre s'accompagne d'une sensation moyennement agréable de tangage, le sol semble se dérober sous vos pas... rien de douleureux mais c'est parfois handicapant. J'en ai fait l'expérience en mai dernier sur mon précédent stage et je dois dire qu'il m'était difficile pendant 3 jours de rester arrimé à mon ordinateur au bureau. Mon cerveau continuait à anticiper les mouvements de la mer.
ça passe d'un seul coup ... comme le mal de mer du reste. Enfin si chez vous, vous avez une déco 100 % avec des tableaux de Vazarelli ... je pense qu'en débarquant vous risquez fortement d'être sujet à ce fameux mal de terre ;o)

Notre position du jour : nous rentrons dans les eaux anglaises, les courants vont s'inverser car les vents vont mollir et nous allons revenir au cap à 340'

10 h 35 - Je descends dans le faux pont prendre ma douche.

10 h 50 - Pépé en compagnie d'Hélène et d'Antoine, s'est installé sur le pont tribord à la hauteur des cuisines. Il répare le faux foc déchiré lors de la manoeuvre de la veille.
..................................................................Pépé, Hélène et Antoine...Réparation du faux foc

11 h 20 - Des manoeuvres s'opèrent sur le pont.

11 h 40 - En attendant l'annonce du second service de table, nous discutons en petit comité avec le Commandant et Antoine sur la dunette. Le sujet abordé à l'approche des côtes anglaises n'est autre que la mode vestimentaire locale. La conversation n'est pas des plus tristes et les caricatures vont bon train sur l'accoutrement de ces dames d'Outre-Manche... oui m'enfin faut dire qu'elles font pas beaucoup d'efforts non plus ;o)

Sébastien est à la barre - Cap sur 110' - Vent de force 4 - mer peu agitée.

12 h 00 - Nous ne nous faisons pas prier pour descendre dans la batterie dès les premiers décibels énergiques de la cloche.
Nous avons droit ce midi à : des crevettes-mayonnaise / du jambon braisé sauce moutarde et des frites / le plateau de fromages accompagné de salade et ce fameux éclair au chocolat exquis dont l'odeur m'avait mise en appétit très tôt ce matin !.
La gourmandise n'est pas un défaut mais une marque de savoir vivre !! ;o)

13 h 20 - Une ronde des cabillots est organisée spontanément. Sébastien et Damien se partagent l'ensemble des stagiaires, Séb sur le spardeck au pied du grand mât et Damien au pied du mât de misaine. Les points de tournage sont passés en revue. Pour les révisions au fait, c'est page 26 & 27 du Manuel du Gabier Manoeuvrier qui nous est remis au cours du stage... ça peut servir si vous ré-embarquer ;o)
(nb : je vous le souhaite !!).

..............................................Damien...Damien..

14 h 00 - Farniente au soleil sur la claire voie de la dunette tout en discutant avec Lionel.

15 h 20 - Stephano prend la barre - Cap à 65'.
Nous avons la chance de compter parmi nous à bord ce stagiaire quelque peu atypique. Stefano est Italien mais son français avec sa petite pointe d'accent chantant est excellent. C'est son grand retour à bord du trois mâts. En effet, il a eu le privilège de naviguer par déjà à son bord en 1958, lorsque le Belem appartenait à un armateur italien et qu'il était rebaptisé Giorgio Cini... toute une page d'histoire !
Nous ne manquerons pas de solliciter Stephano pour nous narrer ses souvenirs.

15 h 40 - Nous progressions à 7 noeuds - Cap 55'

15 h 50 - Le vent fraîchit, nous passons à 8 noeuds de vitesse. Le soleil commence à jouer à cache cache avec les nuages qui se font plus nombreux.

16 h 00 - Je relaie Stephano à la barre, ...barre qui devient de plus en plus physique. Christophe ne tarde pas à me venir à la rescousse. Hélène vient même nous prêter main forte en nous guidant à la manoeuvre et en nous conseillant méticuleusement pour maintenir le cap.
Les voiles sont carguées par les stagiaires.
Une heure très physique donc pour amener le Belem au mouillage en rade de Brighton... sous un vent de force 6 à 7 et une mer agitée à forte.
................................................................ Arrivée à Brighton...Barre au mouillage

16 h 56 - Le mouillage est opérationnel.

18 h 00 - Toutes les voiles sont ferlées. Quelques stagiaires aguérris sont même montés dans la mâture pour aider les matelots à rabanter les voiles. Le soleil qui finalement ne nous a pas quitté d'un pouce permet aux apprentis photographes de faire de beaux clichés des manoeuvres dans la mâture.

.........................................................Gabiers....Cyril....Gabiers

Nous voilà positionnés face à Brighton, ville balnéaire implantée au Sud de l'Angleterre dans le Sussex, à peine distante de 100 Km de Londres, à priori une destination dominicale favorite pour les Londoniens.
Nous apercevons le Palace Pier suspendu sur pilotis au-dessus des vagues et face à nous d'interminables promenables en front de mer, des hôtels et résidences à la façade bien blanche. La Croisette anglaise sûrement... mais sans les palmiers !.

Par contre, pas question de faire escale par cette houle qui n'en finit pas de nous ballotter. Adieu la Guiness tant attendue par les stagiaires ! Promis au repas, la Sainte Alix étanchera leur soif à volonté.
Bah, j'aime pas la bière de toute façon alors cela ne change rien pour moi ;o).

Un plaisancier Belge semble galèrer pour regagner le port... (nb : heu... je précise : je ne sous entends pas que parce qu'il était Belge, il n'arrivait pas à regagner le port... je ne voudrais pas qu'il y ait de confusion possible oops ! ;o)

............................................Plaisancier ..Plaisancier...Brighton


19 h 50 - Jean-Pierre, Dominique et moi sommes de service pour le second repas du soir. Nous descendons dans la batterie pour dresser le couvert.Ce qui est bien à 48 stagiaires, c'est que nous sommes trois à faire le service... tout est donc exécuté rapidement.
Nous mettons une nappe en papier que nous humidifions comme nous l'a conseillé Lionel... ça évitera de manger dans l'assiette du voisin d'en face tout en aillant la nôtre sur les genoux.

20 h 00 - Nous apportons les plats successifs à "nos convives" : avocat en entrée / magret de canard accompagné d'une sauce parfumée à la framboise, le tout sur un lit d'aubergines et de poivrons / plateau de fromages / fruits divers en dessert.
Record battu ! 20 h 35 le service est terminé ... j'ai comme l'impression que nous avons fait dîner nos convives avec un lance-pierre ;o)
Mais out le monde semble satisfait donc tout va bien !
Nous débarrasons la table et Jean-Pierre m'aide à porter la caisse de vaisselle dans les coursives jusqu'en haut de l'échelle. Je commence la vaisselle avec Lionel pendant que Dominique et Jean-Pierre finissent de nettoyer la batterie... Ils me rejoignent ensuite pour finir d'essuyer les couverts et les assiettes.

Nous plaisantons un bon moment sur le pont tribord face aux plages de Brighton avec Erwan, Morgan, Christophe et Lionel.
De la lumière dans le grand roof attire au bout d'un petit moment notre attention. Un petit groupe encercle Stephano, le Commandant est là aussi.
Nous nous immisçons nous aussi à l'assemblée pour écouter Stephano nous parler du Giorgo Cini. Quelques documents de l'époque sont laissés à notre consultation sur le comptoir - photos et articles. J'ai du mal à imaginer ce que doit ressentir Stephano aujourd'hui ... 47 ans après, se retrouver de nouveau à bord... des retrouvailles quelques peu insolites qui doivent raviver de nombreux souvenirs !

"Je n'ai pas navigué sur le Giogio Cini en 1958/59 par hasard.
A l'époque, le G. C. fonctionnait comme bateau-école non seulement pour la Fondation Cini à Venise, mais il accueillait aussi à son bord des élèves "méritants" des écoles navales italiennes de la marine marchande, pour des croisières de formation durant les vacances d'été.
J'ai fréquenté le "Istituto Tecnico Nautico, Tomaso di Savoia Duca di Genova" de Trieste, une des plus anciennes écoles navales, fondée en 1754 par Marie Thérèse d'Autriche, durant la période habsbourgeoise de la ville (le 250ème anniversaire a été fêté l'année dernière).
En 1960, j'ai terminé mes études et obtenu le diplôme de capitaine, section machines navales.
Depuis, je n'ai pas poursuivi une carrière professionnelle dans la marine, mais après avoir émigré en Suisse Romande, j'ai travaillé dans l'industrie pétrolière et participé à la construction et au démarrage de la première raffinerie suisse. Après y avoir pratiqué effectivement toutes le fonctions de la branche, j'ai terminé ma carrière en 2003 en qualité de responsable de la production et directeur adjoint.
Toutefois, la mer a toujours exercé sur moi un attrait particulier et j'ai navigué très souvent avec ma famille sur des bateaux de croisière.
Le jour où j'ai redécouvert le Giorgio Cini, redevenu Belem, au pied de la tour Eiffel en 1984, je me suis promis de remonter à bord un jour, ce qui s'est finalement réalisé cette année."
Précisions apportées par Stefano par email le 14/08/05 - Encore merci Stefano !!

Le Commandant nous propose ensuite de visionner la Traversée du Siècle... A tiens encore !!! Je l'aurai pas déjà vu il y a même pas 2 jours :o) ... bah je suis le mouvement...

................................................ ..........séance vidéo...Petit roof

Direction le petit roof où tout notre petit groupe prend place. Stephano semble avide de revoir en images l'historique du trois mâts barque. Bien calée sur la banquette... je tarde pas à m'endormir bercée par les commentaires du documentaire... oops... Je me réveille au générique de fin ce qui fait sourire Patricia à mes côtés...

Il doit être pas loin de 24 h 00... mon projet de photos sur le spardeck sous les projecteurs tombe à l'eau au profit de ma bannette.
Cette nuit pas de quart en raison du mouillage... La perspective de sept heures de sommeil devant nous en réjouit plus d'un.

 
Mercredi 20 juillet 2005
 
00 h / 04 h - Pas de quart en raison du mouillage. La mer a été agitée / vent de force 5.
04 h / 08 h - Vent de force 4 / Hydrométrie : 1020 / bonne tenue au mouillage / bonne visibilité.

07 h 00 - Douche / Petit déjeuner.

07 h 25 - Je monte sur le pont. La mer est encore agitée. Nous subissons un vent de force 4, et le ciel est très nuageux. Avec Lionnel, nous discutons sur l'architecture de Brighton qui s'étale sous nos yeux.

08 h 00 - 09 h 00 Comme nous étions normalement de quart de 04 h / 08 h… l'heure d'entretien ce matin est prévue dans la batterie et les sanitaires pour le 3ème tiers. Avec Christophe, nous passons le balai et la serpillière dans le coin repas de la batterie.

08 h 50 - Briefing quotidien et matinal du Commandant.
Pour commencer, exposé de notre position et des prévisions de navigation pour la journée.
Le courant va nous porter vers l'Est jusqu'à 11 heures… donc nous ne sommes pas pressés de quitter notre mouillage en rade de Brighton. Autant attendre un peu et faire un départ sous voiles, c'est mieux que de partir aux moteurs.
Nous partirons donc comme nous sommes arrivés dans les mêmes conditions… cependant avec les moteurs parés au cas où nous devrions éviter de justesse la bouée.

Michel Pery nous explique ensuite la manœuvre d'appareillage.

La note d'humour du jour : il s'agit de l'anecdote de la bouée postale MP254 …MP ? Maritime Poste ? Mais ouiiiiii bien sur !!!
Une excellente blague faite à bord lors de l'Odyssée Atlantique du Belem en 2002.
Les rires fusent dans le grand roof à l'audition du résumé du Commandant.
Pour sur ! la promo MP254 restera dans les annales de l'histoire du Belem !

09 h 25 - Les huniers fixes sont envoyés. Nous commençons à virer.
09 h 33 - Les huniers volants sont envoyés.
09 h 48 - L'ancre est levée et ne touche plus l'eau … l'expression utilisée sur le carnet de bord est " haute et claire " (merci Jean pour l'explication).
09 h 50 - Les perroquets sont envoyés.
09 h 55 - Les cacatois sont envoyés ainsi que le 1er étage de voiles d'étai.

10 h 00 - Toute la toile est établie. Nous faisons comme prévu un départ sous voiles.
Puis nous rangeons " les spaghettis " sur le pont comme le dit Sébastien.

10 h 25 - Pause fruits à bâbord - José me passe une poignée de prunes. Les manœuvres creusent les estomacs et un petit encas vitaminé nous fait le plus grand bien !

11 h 00 - Nous maintenons un cap à 225'

11 h 30 - 12 h 00 - Je prends la barre. Le cap à suivre passe de 210' à 220'.
Le temps se couvre de plus en plus. Le vent est de force 3 / 4 - la mer est peu agitée à agitée.

12 h 00 - Repas second service.
Nous avons au menu : taboulé / cabillaud en sauce accompagné de riz aux légumes / plateau de fromages / génoise crème caramel avec crème anglaise (hmmmmmmmm !!!)

12 h 55 - Nous faisons du 4,2 nœuds.

13 h 00 - Une légère ondée mouille le pont pendant que nous carguons les cacatois.

Un stagiaire se penche par dessus la coque à bâbord et se fait cueillir par une boutade de Lionnel " Oooooh ? ! T'as perdu quelqu'un ? !"
ce qui fait évidemment rire tout le monde.

Le soleil perce à nouveau le couvert nuageux et la visibilité est bonne.
Nos deux charmantes sœurs suisses : Antoinette et Lucianne émergent au même moment des coursives revêtues comme des pêcheurs hauturiers surpris par la tempête. Pantalons cirés et vestes bien capelées. Le léger grain a du visiblement leur faire peur. Nous profitons du comique de situation pour faire avec elles une séance photos sur la dunette avec beaucoup d'humour.

............................................................Cours sur le spardeck...Le "petit" Belem

13 h 45
- Sébastien nous propose un cours sur le gréement à l'aide d'un tableau.
Nous nous installons sur le spardeck au pied du grand mât. Seb redescend chercher sa maquette dans le grand roof pour nous faire son cours. C'est beaucoup plus visuel que le petit bateau en plastique d'œuf Kinder dont il se servait l'année dernière.
Sa maquette est superbe. Faite entièrement avec des matériaux du Belem : un morceau de pont pour la coque et des bouts de vraie voile pour toute la toile. Une belle maquette dont il peut être fier. Sébastien est un passionné, cela se voit.
Le cours terminé, je l'aide à redescendre le matériel dans le grand roof… il prend le tableau et les feutres et je porte la maquette. Vigilance accrue - mission délicate - surtout la tenir précautionneusement lors de la descente de l'échelle de pont. Ouf ! elle retourne dans sa caisse sans encombre.

14 h 40 - Nous nous rassemblons dans le grand roof pour le cours du Commandant.
Nous reprenons la suite de l'explication des virements de bord. Nous en étions au " vent devant ".
15 h 30 - fin du cours.

Le navire Daniga Green vient à notre rencontre sans se dérouter si bien que nous sommes obligés de mettre les moteurs pour prendre un peu de large… il nous croise de près bâbord arrière. Manque de vigilance de leur équipage ? pas de message radio … rien. Sébastien a pris la barre.
............................................................Sébastien...Sébastien

16 h 15 - Hélène et Aude ouvrent la boutique dans le grand roof.
Je fais quelques emplettes : 2 t-shirts marine / un polo manches courtes et une petite maquette qui trônera sur mon PC au boulot… à moins qu'elle finisse sur mon propre PC à la maison…ça me connaissant, il y a de fortes chances !
La boutique ne désemplit pas pendant une bonne heure 1/2 ... Chacun veut son petit souvenir du bord ! Et qu'elle fierté d'arborer ensuite à terre le t-shirt ou la vareuse du Belem :o)

Nous organisons une petite collecte pour remettre à l'équipage, comme le veut la coutume. Initialement nous voulions la remettre le dernier jour du stage mais nous décidons d'un commun accord que le punch de fin d'après midi sera le moment le plus adéquat. Difficile de passer le message à chaque stagiaire (y a toujours un matelot dans les parages) mais chacun joue le jeu et prévient son voisin discrètement. Nous serons près pour 18 h 30 !

17 h 35 - Lionel me sollicite avec Gigi et Sylvianne pour l'aider à préparer l'installation du punch dans le grand roof à 18 h 15. Ok pas de problème ! Il faut aussi dresser le couvert dans la batterie pour gagner du temps … les stagiaires de service ne répondent pas présents. Nous supposons qu'il s'agit des stagiaires non amarinés couchés dans leur bannette... car seul Didier répond à l'appel.
Nous nous chargeons donc de mettre la table aidé donc de Didier
.

18 h 15 - Pendant que Sylvianne et moi remplissons les verres de punch et les alignons sur le comptoir du grand roof.
Gigi complète les verres avec des morceaux de fruits. L'opération est somme toute délicate avec la gîte. Système D, nous avons disposé des torchons humides pour éviter de voir tout notre méticuleux travail partir à vau-l'eau. Je me cale dans l'ouverture de la porte pour me stabiliser lors du remplissage des verres. Nous prenons un bon rythme avec Sylvianne et Gigi et les 66 verres sont remplis dans les temps.

18 h 30 - Le punch peut commencer.
Le Commandant, très galant, sert ces dames et invite le reste des stagiaires à se servir.
Nous remettons notre collecte pour l'équipage de la part de tous les stagiaires à Cyril.
Quelques stagiaires aidés du manuel du gabier entonnent des chants marins pendant que d'autres prennent des photos. Je fais partie plutôt des seconds car je chante comme une batterie de casseroles.

.......................................Pendant le punch...Pendant le punch...Punch

19 h 00 - Je continue mes prises de vue sur la dunette, le spardeck et le gaillard avant pendant le premier service de table.
La luminosité est excellente et les ombres des haubans se projettent sur les voiles... toutes les couleurs semblent décuplées.

.......................................................
Poulie triple ...Bâbord timonerie ..Grand mât

20 h 00 - A table ! ! ! la cloche du second service nous appelle !
Nous avons au menu : une salade de chou blanc composée.
José en face de moi me lance des boulettes de pain.
Ensuite nous avons du porc avec des légumes : carottes / haricots verts et pommes de terre.
Au moment de se servir, José hésite et repose les deux rondelles de carottes qui s'étaient fixées sur la cuillère, en marmonnant " Nan … pas de carottes… ça risquerait de me rendre aimable… ".Je pouffe de rire… c'est tout José ça !
Plateau de fromages et corbeille de fruits pour conclure le repas.

Cette nuit, je suis de nouveau de quart à 00 h / 04 h … mais j'ai envie de prendre un peu l'air avant de gagner ma bannette.

21 h 05 - Je passe sur la dunette : nous faisons cap à 225'

Un virement de bord s'annonce. Au lieu de descendre me reposer en vu de mon quart, je participe aux manœuvres du lof pour lof avec le 2ème tiers jusqu'à 21 h 45
Du coup une douche s'impose avant de plonger dans mon sac de couchage. Quelques notes griffonnées rapidement sur mon fidèle carnet … il est déjà 22 h 30 ! ! ! ouille je sens que le réveil dans 01 h 15 va être difficile ! ! !

 
Jeudi 21 juillet 2005
 

23 h 45 - Pépé annonce le quart. Bien vu ! le réveil est difficile comme je le pressentais, je dormais à poing fermé… dur maintenant de m'extirper de ma bannette, un peu au radar, j'avoue.
La lune presque pleine et scintillante m'accueille sur le pont. Quelle clarté, on y voit presque comme en plein jour. Mais il n'y a pas que la lune qui nous accueille, un second virement lof pour lof est au programme… comme ça, de suite au saut du lit. Re-belote …

00 h 15 - La grand voile, les cacatois et le 2ème étage de voiles d'étai sont envoyés.
Pour réveiller ça réveille ! Je vais picorer quelques prunes et grains de raisin dans la corbeille de fruits à la cuisine pour étancher ma soif.

Une demi-heure à dispo ensuite, assise sur l'aussière bâbord, à discuter avec Christophe.

01 h 00 - Deuxième heure sur la dunette.
Je prends la barre pendant 25 minutes. Cap 190 - 195'.
Lionel fait des photos de nuit sur le pont avec le système laser de son appareil photo (j'ai pas tout compris comment ça marche mais il paraît que c'est efficace). Une photo au flash pendant que je barre m'aveugle … tout le monde à la passerelle lève la tête surpris par l'éclair… c'est malin Lionel ! tsssss ! ! !
Christophe me relaie à la barre. Je discute photo avec Lionel.

02 h 00 - Nous entamons la troisième heure à la veille sur le gaillard avant.
Sébastien vient nous proposer de regarder le film du Peking dans le petit roof. Nous ne nous faisons pas prier. Je m'installe dans l'angle arrondi sur la banquette… emplacement très confortable, je vais tâcher de ne pas m'endormir cette fois ! Je ne me souvenais plus des premiers instants du film en fait. Nous partons tous d'un éclat de rire en voyant l'entraînement du narrateur sur des poteaux électriques, sa chute d'un grand bi … et surtout le chien du commandant dressé à mordre les mollets des matelots ne connaissant pas par cœur les points de tournage sur le Peking ! " Heureusement que Michel Pery n'a pas de chien ! " s'esclaffe Christophe ! et il mime d'être en fauteuil roulant.
Fou rire général !
La suite du film est beaucoup plus sérieuse et impressionnante... nous n'aimerions pas vivre l'expérience du Peking !

A la fin du DVD, nous sommes peu enclins à reprendre du service … la mire : un espèce de logo se promène sur l'écran et change de couleur dès qu'il touche l'un des bords…
Sébastien rentre dans le petit roof et s'amuse de nous voir avachis autour de la table, les yeux rivés sur l'écran à deviner de quelle couleur va devenir le logo ambulant… " Et qu'est ce que je vous sers ? " nous dit-il en souriant.

03 h 00 - Allez, nous prenons notre courage à deux mains pour passer à dispo dans le grand roof à côté… quel effort ! Petit roof - grand roof... allez même pas 5 mètres à faire mais c'est toute une expédition ! Damien passe nous demander si nous n'avons pas vu le stagiaire qu'il a perdu en route… après vérification visiblement celui-ci à regagné sa bannette...
Au bout d'une demi heure, Cyril vient récupérer ses troupes et nous finissons le quart sur la dunette. Il faut un volontaire, mais je laisse la priorité aux stagiaires qui n'ont pas encore eu l'occasion de barrer.

04 h 00 - C'est la relève. Ma bannette ne m'a jamais si bien tendue les bras. Je tombe comme une masse !

07 h 00 - Petit déjeuner. Houlà, le réveil est laborieux. Je n'ai même pas entendu le ballet musical des bols et des petites cuillères sur la table de la batterie.

08 h 00 - Le temps est très ensoleillé et déjà chaud ce matin. Pas un nuage dans le ciel. Pour la première fois pas besoin de vareuse ou de polaire, un t-shirt suffit... remarquez nous ne sommes plus chez les Anglais ... c'est peu être ça ! ;o)

Mer belle peu agitée - vent de force 2.
Nous allons nous approvisionner en Miror sous le gaillard avant pour faire les cuivres sur le pont. Nous devons arriver tout beau au Havre.
Avec Jocelyn, nous choisissons de fourbir les cuivres du compas de route sur l'arrière du spardeck.

09 h 00 - Les moteurs sont parés.
09 h 10 - Les moteurs sont embrayés.

Les stagiaires commencent à préparer leur paquetage. C'est le capharnaüm dans les modules.
Je remonte sur le pont... J'avais fait mon sac rapidement après le petit déjeuner.

Le Commandant nous confirme que nous sommes obligés de passer le sas de l'écluse du Havre avant 11 h 00, pour cause de travaux. ce qui doit malheureusement nous obliger d'écourter notre navigation de 3 bonnes heures.

09 h 25 - Dans la timonerie, le Lieutenant Jean comptabilise les miles parcourus sur le journal de bord pour remplir les livrets des stagiaires. Nous avons parcourus au total 270 miles dont 245 miles uniquement à la voile ! Géant !

Les manoeuvres s'opèrent pour "plier les torchons" ... Toutes les voiles sont à carguer.

C'est une arrivée au Havre comme je me l'imaginais. Je ne connais rien de la ville ni de son environnement portuaire, mais on me l'a tellement dépeinte négativement que je ne me figure pas faire connaissance avec une ville autrement que "grise" où tout rapport avec l'écologie semble inexistant si ce n'est la couleur du sommet du phare à tribord.
La météo peut locace répondant en écho contre toute attente.

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Commandant....Bernard ..Veille

Nos rencontres sont néanmoins surprenantes... nous croisons de très près un porte-conteneurs qui nous semble démesuré... alors que sur le Belem, ce mythique voilier qui a traversé bien des océans et bien des épreuves douloureuses de l'histoire, nous nous sentons en sécurité absolue, nous nous imaginons soudain fragiles comme une frêle libellule au ras de l'eau à côté de ce monstre !

.........................................Porte conteneurs...Le Havre...Port


C'est le moment des dernières photos souvenirs sur le spardeck... Chacun se plie avec sourire et humour mais néanmoins avec le visage déjà empreint de nostalgie, aux sollicitationx de l'objectif. D'autres plus pensifs, ont les yeux noyés dans le lointain et redoutent l'échéance du débarquement.

...........Stephano..
Arrivée au Havre ..Arrivée au Havre ..Gigi...Françoise & Didier

11 h 30 - Repas
Nous avons au menu du saumon fumé sur un lit de salade - steak frites - plateau de fromages - tarte aux poires et amandes.
Nous sommes presque perturbés par le manque de gîte auquel nous nous étions habitués.

Et oui nous voilà à quai... premiers essais sur le plancher des vaches... personne ne semble trop tanguer...Le mal de terre c'est pour plus tard !. Les plus "intrépides" foulent déjà du pas le pavé des quais, armés de leur appareil photos à quelques dizaines de mètres du trois mâts... pendant que d'autres savourent un dernier café accoudés sur la lisse tribord du pont inférieur.


.....................................................................A quai...A quai

13 h 30 - Sur nos pressentes sollicitations, Charles va chercher sa trompette et nous fait une petite démo sur le gaillard avant, de son nouvel instrument de musique qu'il compte bien dompter rapidement.
Le soleil joue des coudes avec les nuages et reprend sa place au-dessus de nos têtes en se faisant ardent.




.............................................Charles....Charles....Charles

13 h 40 - Dernier briefing du Commandant où plutôt debriefing cette fois.
Et oui cela fait tout drôle à tout le monde de se retrouver réunis dans le grand roof une fois à quai.

Les stagiaires commencent pour certains à quitter le navire... pour bien d'autres on recule l'échéance du départ.. Nous les Parisiens nous avons notre train à 19 h 50 donc nous ne sommes pas pressés
.

Michel Pery nous donne les premières infos lues sur les petits questionnaires de la Fondation Belem que nous avons remplis.
J'avais constaté en remplissant le mien que ce n'était pas le même que d'habitude et que les critères d'appréciation étaient cette fois inversés.
Les notes allant de 1 à 5, au lieu de suivre une logique constante attribuant un "très satisfait" en notation 5, ont donné cette mention au 1.

Du coup beaucoup n'ont pas fait attention et forcément c'est un florilège de notes 5 de pleine satisfaction dans les esprits qui se traduit à l'écrit par une mauvaise note ! même pour la cuisine !!! rhôooooo !!!
Le Commandant qui a vu tout de suite l'erreur sur la rédaction du questionnaire nous fait rire en simulant une attaque en portant la main à son coeur et en s'esclaffant " Ahhhhhh ma pile !!!!!!".

Voilà, le ballet des départs sur la coupée se fait de plus en plus fréquent...un peu à contre-coeur nénamoins.

Frédéric, Patricia et Catherine décident d'aller faire un tour dans la "belle" ville du Havre. Pas vraiment emballés avec Christophe, nous préférons rester à bord.

Petite visite des machineries avec Henri et Manu.

Puis nous gagnons la dunette pour ne pas gêner l'excercice de simulation d'incendie entrepris par l'équipage.

18 h 00 - Cette fois l'heure du départ est proche... Nos trois touristes du Havre sont revenus pas vraiment conquis par la ville.
Tour rapide du trois mâts pour dire au revoir à l'équipage présent sur le pont.

Tiens Pierre vient de passer la coupée... il reprend du service à bord... il faisait partie des gabiers en mai dernier.

Voilà la bise à Sébastien, Pierre, Lionnel et Fanny et Bernard qui sont présents... à dans 4 semaines en ce qui me concerne...ici au même endroit d'ailleurs !

Direction la gare cette fois ... je me retourne à plusieurs reprises jusqu'à ne plus apercevoir le Belem.

19 h 00 - Le sandwich de la gare nous semble bien fade à tous les 5.

Puis les deux heures de trajets dans la voiture du TGV sont bercées par nos commentaires enthousiastes sur le stage : le professionnalisme et la convivialité de l'équipage, la bonne entente et l'humour entre les stagiaires... les festivités de la Tall Ships et à notre plus grand bonheur un stage tout à la voile. Oui un super stage qui va laisser de profonds souvenirs et une pointe de nostalgie pour longtemps !

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Récit mis en ligne le 07/08/2005

... et dans 13 jours : de nouveau à bord du Belem !!!

 
.....................................................................Toutes les photographies du stage

................. A bord du Belem .... L'Equipage .... Les Stagiaires .... La Tall Ships 2005 .... Récit de stage
 
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